Sunday, April 30, 2006

Le contrefacteur sonne toujours deux fois



Dans le "Los Angeles Times" du 28 avril, Meghan Daum nous fait un éditorial digne d’une intrigue romanesque, intitulé "La mauvaise fin pour Kavya". Elle nous fait le récit des minutes de la vie mouvementée de Kavya, qui pose des questions bien-ouvertes sur notre époque qui semble marcher sur la tête. En effet, Kavya Viswanathan, est une jeune étudiante post-adolescente qui vient de passer du paradis tout droit vers l’enfer, et dans le monde terrible des médias, ce qui est pire encore.

Elle venait de publier son premier roman, qui allait casser toute la baraque et crever le plafond du septième ciel. Car, elle avait signé, et si près de ses 17 ans, un contrat mirifique et même pharaonique pour deux romans, avec un éditeur du meilleur lieu. Aussi, on parlait déjà d’une option prise par les studios DreamWorks pour la version filmée de son roman "Comment Opal Meetha fut embrassée, devint sauvage et vécut". Et tout ces achèvements de sa jeune vie, parce que ses parents voulurent qu’elle fasse ses études à Harvard. Et, à tel point, qu’ils prirent un consultant en orientation — selon une fashion très nord-américaine — lequel consultant lut son manuscrit, et le confia, sur l’instant, à un agent qui le vendit à un éditeur... bingo.

Si jeune, Kavya avait donc tout réussi : son contrat en or, et la publication du plus doux millefeuille de ses pages pâtissées pour la consommation médiatique et télévisuelle, et en si bon train qu’elle entra directement à Harvard. Mais, quelques jours après la publication des 100000 exemplaires, ce qui n’est pas rien, le "Harvard Crimson" donna les trompettes de l’enfer : car, Kavya avait copié non-moins de 40 passages, prélevés dans deux romans de Megan Mc Cafferty : "Sloopy first" et "Second helping", ce qui est beaucoup trop !

Pour le coup de cette publication : certes, Kavya fit les gorges chaudes à la télé, mais pour être clouée au pilori et en live in "the Today Show" par la féroce Katie Couric. Et si cruellement, que l’éditeur affolé retira le livre de toutes les étagères en têtes-de-gondoles dans les librairies du monde de l’édition paniqué.

Kavya eut beau tenter d’expliquer qu’elle n’avait pas la moindre consience d’avoir plagié Mc Cafferty, d’autant plus qu’elle l’aimait, et donc qu’elle s’en était approprié ses ouvrages presque par coeur : car ils étaient ses livres de chevet de sa jeunesse toute appliquée aux études, et donc à toutes intériorisations électives. Et ce qui semble conforme aux élans de son âge. Et, que tout-naturellement elle devait comme restituer ces passages, sous le feu de sa plume agitée des étincelles de son ivresse littéraire, plus ou moins consciente : ce fut-là son billet d’excuse. Ce qu’on pourrait comprendre, si l’on considère son jeune âge, qu’on sait impressionnable et si propice aux imitations de ceux qu’on admire, et par tous jeux de séduction.

Pourtant, Meghan Daum nous rappelle que ce fut la même explication que l’historienne Doris Kearns Goodwin tenta, il y a quatre ans, pour justifier les plagiats que contenait son livre "Les Fitzgeralds et les Kennedys", pris dans un précédent ouvrage de Lynn Mc Taggart sur Kathleen Kennedy. Ce fut le même aveu en style tout-contourné : quand Doris Kearns Goodwin prétendit avoir bien-citée Mc Taggart dans ses notes en-bas de page. Mais, qu’elle avait, par étourderie, omis de laisser les guillemets dans le corps du texte au-dessus. Ce qui fit certainement glisser les citations de l’auteur vers l’emprunteur, ce qu’elle regrette encore... On s’en doute.

Et c’est toujours le même discours de l’art subtil de la contrefaçon qui souhaite que ses explications glissantes passeront, pour la cause d’une pente bien-savonnée ! Car, le contrefacteur tente toujours de justifier ses emprunts, par une sorte d’appropriation intérieure de l’auteur qu’il admire le plus, comme si le piller était lui rendre hommage. Alors, qu’on voit, à chaque fois, une tentative corollaire d’un transfert ou d’un rapt des droits d’auteur au passage. Et, de grands auteurs ont été accusés de cette forme d’appropriation : par exemple, Alex Haley et Jack London.

En revanche, ce qui est nouveau aujourd’hui aux USA, c’est qu’on s’en prend à des teenagers de 17 ans qui ne sont point des professionnels, mais qui sont des mineurs forcément amateurs et plus libres. Et donc, cette approche dure, de ces questions de contrefaçon, appliquée aux teenagers risque de déraper. Quand on sait les pratiques plus libérées des myriades d’adolescents blogueurs, et qui se moquent de ces règles qu’ils assimilent au vieux monde... des vieux qu’ils voudraient même bousculer un peu par provocation : un signe de grande santé pour une démocratie qui sait encore jouer. Quand la sagesse voudrait qu’on n’en demande pas tant, à des jeunes qui bloguent et qui prennent çà-et-là des emprunts dont ils seraient insouciants de la valeur marchande, comme s’ils cueillaient des fruits dans un verger, tout simplement, parce qu’ils aiment y croquer.

Et finalement, dans cette affaire d’éclat de livre et d’auteur fracassé en live, on vit Mc Cafferty bénéficier d’une grande médiatisation, et ses ventes ont explosé. Aussi, on vit les mentors de Kavya qui misèrent trop et vite sur une jeune outsider surestimée puis surexposée, quand elle n’en demandait pas tant. Finalement, peut-être admiraient-ils, intérieurement et trop, Kavya qu’ils se sont appropriée... pour, à la fin, la lâcher et la livrer à la dévoration publique ?

Demian West

Thursday, April 27, 2006

Gaggle à la Maison Blanche


La salle de Presse de la Maison Blanche devient le théâtre d’un phénomène internet que Ari Fleischer du "Washington Post" nomme un "Gaggle", dans son éditorial, du 27 avril, intitulé "Spectacle à la Maison Blanche". Tony Snow sera le nouveau Porte-parole de la Maison Blanche, et il vient de prendre la mesure du moteur qui alimente les heures les plus chaudes des médias US, dont les citoyens américains sont en recherche incessante : les conférences de Presse de la Présidence Bush.

Car, il s’agit plus de shows à l’américaine que des rendez-vous journaliers et si discrets que l’on vit au temps du Président Bush Senior : quand les caméras étaient encore exclues par Marlin Fitzwater. L’étiquette exigeait de courtes questions impatientes et posées hâtivement par une douzaine de journalistes en privautés, et qui furent aussitôt apaisées par des réponses tranchantes données par les Instances présidentielles. Et ceci, pour alimenter les nouvelles de 6h 30, présentées sur le ton magistral par l’icône télévisuelle Walter Cronkite, et en lien direct avec la pelouse nord de la White House.

Puis, ce cycle journalier s’emballa, sous la Présidence Clinton. Lorsque Mike Mc Curry laissa entrer les caméras. Hélas, le jour même quand l’affaire Lewinsky gicla vers tous les réseaux câblés, si prêts à la recevoir. Et, ce fut une tache sur la carrière politique de Mac Curry, mais non-pas sur son audience médiatique. Et ainsi de tout le reste.

Car, depuis cette conférence — plus intime du tout — les rendez-vous se sont succédés tout du long des journées, et sans cesser. Pour alimenter les flux du câble et, d’ores et déjà, de l’internet. Ces conférences de Presse se succèdent, aujourd’hui, jusqu’aux heures les plus discrètes des alcôves. Et ce ne sont plus douze journalistes qui y sont conviés, mais des millions de spectateurs internautes à ce maître-show.

Et, Ari Fleischer remarque que le bal tourne désormais au tragique ménage people, quand les intervenants ne se soucient plus de la teneur défavorable ou favorable à Bush, pourvu qu’on parle de lui sans cesser. A l’image de ce qu’on nommait la pétaudière de Johnson, ou le château de Camelot très Arturien et people de Kennedy.

Un phénomène qu’on nomme, aujourd’hui à Washington : "le gaggle". C’est-à-dire, cette sorte de Presse qui se gargarise du nom et de l’image du Président Bush à la Maison Blanche, et dont nous trouvons qu’elle bourdonne assez, comme un moteur de la plus active recherche média : qu’il viderait presque la White House de son sens ou de son contenu le plus précieux, par la banalisation du propos et avant l’heure.

Demian West

Wednesday, April 26, 2006

La Cour Suprême US piquerait-elle la peine de mort ?


La "Cour Suprême" des Etats-Unis a entendu, le 26 avril, un cas qui semble aller tout au-rebours des conceptions convenues qui voudraient que la peine de mort, exécutée par des injections de substances chimiques, serait indolore. Et donc, qu’elle en serait plus légitime que la chaise électrique.

C’est l’éditorial de la rédaction du "New York Times" et intitulé "Cruauté Létale" qui prit, le 26 avril, une position très explicite dans ce débat : qui s’ouvre en ses débuts, juste pour juger de la recevabilité de la demande de Clarence Hill. Ce dernier est condamné à mort par l’Etat de Floride, et il considère que l’exécution de sa peine serait non-constitutionnelle, si elle était administrée en des mesures non-conformes, car elles ne lui garantiraient plus une mort sans souffrance inhumaine.

Le "New York Times" est certain de l’issue favorable que rendra la Cour Suprême, en sa probable déclaration de la totale non-constitutionnalité de la peine capitale. Et avec une telle certitude, qu’elle serait appuyée par d’autres courants et formules de Justice, qui étaient jusqu’ici favorables à cette peine. Car, le discours qui prétend que ces exécutions provoqueraient les pires souffrances et les plus terrifiantes, pendant le process d’exécution, s’étend et s’espace dans toute l’opinion américaine et jusqu’à la Cour Suprême.

Pour exécuter le condamné : on lui injecte trois substances chimiques mortelles, dans un ordre croissant à respecter : la première anesthésie ; puis la seconde paralyse les muscles et pour empêcher la respiration ; finalement, la dernière arrête le coeur jusqu’à la mort du condamné. Et, si ces substances étaient mal-administrées, ou injectées en une séquence et dans des mesures non-conformes : il s’ensuivrait immanquablement, que le condamné vivrait sa mort en ressentant d’intolérables souffrances et ajoutées d'angoisses conscientes.

Et pire encore : sans qu’il puisse exprimer, ni par des sons, non-plus que par des gestes, son agonie, rendue encore plus inhumaine devant une assistance de témoins, presque rassurés sinon épargnés, car ils pensent le condamné endormi et inconscient, alors qu’il est paralysé. Et qu’au-dedans de lui, c’est le pire tumulte de la mort, et que nul ne voit, et dont on n’entend aucun de ses cris inhumains.

Des experts évoquent : une hyper-sensibilité due à des "suffocations conscientes de douleurs aveugles si propres à l’arrêt cardiaque" et cependant que les témoins n’y verraient qu’une mort assistée par un sommeil injecté tout-proprement. Or, les "Human Rights Watch" avancent qu’il y aurait de plus en plus de preuves de ces effets, de ce qu’il faudrait enfin nommer : une torture institutionnalisée par la mauvaise application de cette peine de mort. Laquelle est la plus courante aux Etats-Unis, et la plus critiquée aussi.

Ce qui change : il y a peu, un Juge Fédéral, en Caroline du Nord, a suspendu une telle exécution, pour le temps qu’on saurait lui assurer que le condamné serait bien rendu inconscient, et dès la seconde injection : quand les souffrances commencent à monter, si la conscience n’était endormie au préalable. D’autres éminences de Justice évoquent cette "Machine de mort" dans les termes les plus explicites de Justice Harry Blackmun qui dit la peine de mort "non-constitutionnelle totalement", et qu’elle irait à l’encontre du 8è amendement : comme l’appuie la rédaction du "New York Times".

Et, dans une piquante formule en manière d’achèvement : que seule une Justice qui accepte la peine de mort, saurait être un peu troublée par la pensée que celle-ci pourrait être appliquée par des méthodes non-conformes, ou en quelque procédé non-constitutionnel.

Demian West

Tuesday, April 25, 2006

Good Morning Mutins


Le 18 avril 2006, Tony Blankley écrivait, dans son éditorial du "Washington Times" intitulé "Sept Jours en Avril", de singulières hypothèses de prospective politique. En effet, il postulait que si un général de l’armée des Etats-Unis, en mission et en guerre, démissionnait pour s’exprimer et pour s’opposer plus librement contre des ordres qu’il réprouvait : il agirait dans le cadre autorisé par la loi. Ce qui est bien.
En revanche, si des généraux se groupaient, pour une même action hostile aux ordres, mais dans le secret préalable de leur action concertée : ils agiraient contre le "Code de Procédure Militaire" en manière de mutinerie. Et, Tony Blankley alla jusqu’à risquer la question de savoir si cette action mènerait ces généraux devant une cour martiale.

Le lecteur se dira certainement : mais quel éperon aurait-il piqué notre éditorialiste, et en une partie trop sensible de son épiderme, pour qu’il posa de telles questions qui relèveraient, à tout le moins, de la science-fiction ? Si on les posait au coeur du pays même de la liberté et de la démocratie. Même si celle-ci semble souvent consensuelle, comme un seul homme quoi...

Pourtant, c’est Richard Holbrooke qui initia le débat, quand il posa cette problématique cruelle, et le dimanche auparavant dans le "Washington Post". En effet, cet ancien ambassadeur, de la présidence de Clinton auprès des Nations Unies, révéla, dans un article intitulé " Derrière la révolte militaire", et en manière d’annonce : qu’un nombre croissant de généraux à la retraite s’exprimaient, et de plus en plus ouvertement, contre les décisions du Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld. Et, Holbrooke de prédire que, tantôt, d’autres généraux, et ceux-ci "in action" ou en guerre, rejoindraient ce concert qui saurait parvenir aux oreilles du plus haut-siège de l’Etat, et que la Présidence en serait aussitôt la cible vulnérable.

Ce qui provoquerait une crise aussi grave que celle qui fut amenée par les événements autour du limogeage de Douglas Mac Arthur par Truman. Car, Holbrook, abondamment repris puis cité par Blankey dans le "Washington Times", a prédit explicitement des "rebellions métastasées en des groupes vers une révolte". Et toute montée par un dispositif très subtil, de généraux qui démissionneraient en cascade pour s’exprimer contre les instances du plus-haut commandement et donc de la Présidence : et après-coup de leur démission, dans un dispositif qui serait donc légal, car il ne violerait pas la loi...

Cependant, qu’il violerait l’article 94 du "Code de Procédure Militaire" afférent au "Mutineries et séditions", si l’entente préalable ou concertée était bien avérée. Car l’article 94 interdit dans l’armée US : le refus des ordres ; l’atteinte à la hiérarchie ; l’activité groupée vers la désobéissance et le silence quant à ces menées secrètes. Dans le même temps, le fait de parler contre l’autorité est aussi passible de la cour martiale, selon l’article 88 du même Code ; enfin, les menées qui favoriseraient le désordre et le discrédit des forces armées tomberaient sous le coup de l’article 134.

On pourrait penser que Tony Blankley n’en est plus à un scénario de science-fiction près. Mais, il l’avança si près de la réalité, qu’il en fit son éditorial même. Qu’il acheva ainsi, en posant la question des lieux mêmes de la légitimité aux Etats-Unis : soit à la Maison Blanche, soit partout ailleurs dans tous lieux épars des oppositions ? En seraient-ils déjà là !

Certes, il est légitime que nous nous en inquiétons, puisque des suites de ces intrigues de palais naîtra probablement le monde qui vient : soit depuis la Maison Bush légitimée par les élections de 2004, soit par d’autres lieux plus épars où se répandent ceux qui s’opposent à lui, mais, ce qui semblerait assez inquiétant, comme des gardes prétoriennes semblables à celles qui tombèrent d’autres Césars, en leurs temps. Et, à bien les entendre, ces éditoriaux de Washington, nous donneraient certes des nouvelles du front, non depuis l’Irak, mais plutôt du clairon qu’on sonne au coeur même des Etats-Unis.

Demian West

Saturday, April 22, 2006

Portrait du Marsupilami : comentActor alien Gocho de AgoraVox



On le rencontre à tous virages et coins et maisons secrètes dans AgoraVox le journal CityOuane. Où il balance ponctuellement sinon ponc'Duellement ses comentActivities, qu'il met en lien avec d'autres sites culbutés ; pour le coup qu'il s'y est introduit le marsupial jaune à pois noirs : c'est Le commentActeur de tous articles du bazar du souk du Grand Caïro, et qu'il se pseudonyme th'"Marsupilami".

Il est vrai, qu'il tente plus ou moins d'organiser "la panique à Champignac" des vieilles familles des Spirou et consorce. Il y réussit même paraventure. Car, il truffe, du meilleur chien, ses commentaires de liens exquiCucuses ; et qu'ils nous renvoient tous vers l'ailleurs, rimbaldien assez, de temps en temps. Quand il ne pique pas du net'z sur son clavier à cause de son couperosé de Provence de chez rouge qui bouge encore.

Il s'est même un peu décrit récemment, en pull devant son ordi à 100° du fréro Farenheit, mais sans moufles en hiver. Il loge dans une sompteuse maison de retraite, ah ça ! pour lui tout seul, qu'il chauffe à 16° en hiver.
Ce qui est bien, mais qui doit faire fuir ses copinettes, mazettes infirmières de la piquouse d'extrait de puma, et à heure fixe : genre il fait froid qui tue l'amour, chez lui. Mais, retenuement il les déshabille du regard (pas seulement) tout-ailleurs chez son tailleur qui est riche, comme le dit la méthode du Ionesco des vieilles langues, qu'on use sur les boutons des muses ultimettes.




En fait, il est probablement ce der-résistant de la gauche extrême qui s'escache derrière ses murs tout en sacs de sable. Et, surtout pour que nul ne le retrouvât, jamais, dans sa thébaïde de pandectiste des nouvelles formules de loi, qui se mettent en lien sur le net.

Car, à-certes il a compris que la liberté est individuelle. Et, que cette-ci est la plus pretious des valeurs dont nous sommes responsables et selon nos actes. Aussi, faudrait-il la cultiver le plus tôt possible : pour qu'elle éclate quand l'âge est venu et qu'elle y agisse, enfin, comme un instinct au vif, de la plus sûre expression libre, et sur not' net où elle y est comme chez elle : Comme le Marsupilami gîte sur l'AgoraFox des journaux CityOuanes.

Bravo Brava Braverie au Marsupil'Ami, c'était bien mais ne recommencez pas.

Demian West

Friday, April 21, 2006

Portrait de Scipion : comentActor réac' de AgoraVox


Il est souvent assis à sa table, celle qui a sa préference de vieux bois bien veiné des veineuses. Pas trop style rococo, car il aime le Petit-Bourgeois-Style, même un peu kitsch sur la tivi la petite gondole du souvenir vénitien tout en lustre, du vieux couple à qui on ne la fait plus: je veux dire les trucs des alcôves gymNiques gymnAstiquées.

Et en plus outre: il s’habille de platrusques genre néo-colonie des pasVacances. Tout en beige du sable bien-désert il est: et plein de poches partout: sa vareuse elle est fourbie de ses outils malins du latex du célibarNoche qui maraude la nuit aux portes du bois coquin.

Mais: d’un côté sa télé ouverte sur les conneries du monde qui l’aident à vomir pour se faire maigrir, comme Lady Di aimait à se déjeuner, et damozelle dont il est encore un peu amoureux. Ce qui explique sa haine toute sexySexuelle des nations arabiques genre al Fayed: le great Rival-Fayed.
On le déplore : il est un peu réac' à raciste des Français mâtins.



Et il est là Scipion van sous-terrain : son ordi à la page des AgoraVoxiférantes sur sa table, avec sa bolchoï chopinette de baril de bièrette et il se goinfre de tout ce monde là de ses contemporains de Nowadaies qu'il n'aime pas du tout de la vie : et il se dit, comme ça de temps en temps : "je vais me le faire çuila et de la façon cuidante, genre choix des armes: le commentaire".

Lu et approuvé (...soupirs tranchants).

Demian West pinxit.

Wednesday, April 19, 2006

HooligaNet


On ne saurait ignorer que la plupart des utilisateurs communs du net sont comme en presse de s'y jeter dans le trou noir, qu'ils nomment par-devant eux : leur moniteur. On sent bien qu'il est malaisé de débrancher après un temps d'usage : tellement c'est bon quand on s'y sent vivre dans ces flux des circuitions du net. A tel point qu'on doit aussitôt s'y jouer, et vite, de tous coudes pour y faire sa meilleure place au soleil perso-soli-solo. Tel s'irritera vite ; tel autre prendra la mouche, à personne. Et même, y voit-on des nuées de mouches qui vous collent à l'esprit, dès que vous lâchez un mot d'esprit, et surtout de l'esprit de plaire.

On pouvait penser que ce process, d'absorption des milliasses d'internautes par la Grande Araigne, allait prendre quelques décennies pour être un phénomène observable : quand il se précipite maintenant sous nos yeux, au jour la journée. Comme si c'était vraiment un nouvel espace qui s'ouvrait, et qu'il s'étendait en nous espaçant ainsi que nos organes, à ce train-là. Ainsi, sent-on les flux du net comme nos nouvelles prothèses qui constitueraient déjà des sortes d'incarnations ou d'avatars de nous-mêmes, et en des flux qui vont de plus en plus concrètement. Aussi, dans leurs effets que nous ressentons et qui nous émeuvent, soient nous meuvent où nous bougent comme un moteur du sentiment le ferait au-dedans de nous.

Alors et par là-même, y laisse-t-on certainement un peu de notre plus précieux libre-arbitre. Vrai : comme on répugne à débrancher, pour nous fondre et pour nous nourrir, dans le même temps, dans cette extase de l'internet. Et finalement, il semble plus vraisemblable que bientôt : Il nous serait plus ardu de rester en lien avec le réel - si que nous venons à peine de le quitter - plutôt que de nous interroger sur toutes les façons que nous aurions pour nous introduire dans cet espace internet, ainsi que nous serions tels des corps plus subtils ou immatériels.

Et nous y serions déjà dans ces temps de ces transports ! et nous y allons pour nous y tailler des territoires et des espaces, à la faux ou à la serpe des vieux conquérants gothiques. Mais, si raffinés des emprunts qu'ils firent à la Rome syphilisatrice. Car, on se souvient de quelques leçons de not'cultyCulture : Que Rome n'avait plus l'usance ni la besogne des combats, à la fin . Tant il était avantageux de devenir patricien romain quand on était né barbare.
Somme : Les romains n'avaient plus qu'à se montrer tout en arme, et les barbares s'y collaient à eux en tous points et en toutes modes et coutumes : pourvu qu'ils soient faits homme libres et donc patriciens romains, et aussitôt nourris par les dons du pains et des jeux distribués à Rome à ses patrichiens par Marc Aurèle ou d'autres emperiers philosophes.

Et tantôt, quand on plonge dans not' net pas net de Nowadaies, on y voit ces neufs barbares genre "holligaNet" des neuves machines, qui ont tout du net : fors la puissance syphilisatrice du verbe transformateur. Et c'est grand' merveille de les voir s'accointer comme des mouches au pot du miel le plus doux comme le lait. Tant y en a de ces hooligaNet en cherche de la valeur la plus pretious du net : qui serait le Verbe. Ou le mot immatériel qui maîtrise tous les moteurs de recherches, qui maîtrisent à leur tour, et en tous moments apostés, ces hooligaNet qui n'ont plus lu depuis lurette, et depuis les livres en papier.

Donc, après qu'on se soit jeté tous les mots grossiers du manuel du plus cuirassé hooligaNet : autrement dit quand on aura revisité toute l'histoire du prime XXè siècle, et de ses jurons très-germaniques : saura-t-on vraisemblablement s'émanciper vers un espace qui s'étendrait par-delà ce qu'on nomme le "point Godwin". Lequel semble un peu convenu tout-de-même, car il finit par être une injure lui-même et surtout quand tous le hurlent, et singulièrement ces nouveaux barbares que nous nommons des "hooligaNet". Car, ils y voient un topos si sûr que peuplé de trolls. En, des animalcules dont tous les conteurs savent, hormis les interNought : Que ces gnomes malavisés sont des créatures tout ce qu'il y a de plus mythiques, et qu'ils ne correspondent souvent qu'a repaître ou alimenter la fantasmatique personnelle et les frustrations de ceux qui les évoquent à grand cris comme s'ils les invoquaient à apparaître.
Et quand on voit bien que ces invocateurs seraient pris eux-mêmes, comme piégés dans le tourbibouillon en manière de fleuve de béton qui prendrait, dans le grand chaudron du net qui tourne en rond maelstrom.
Et ce qui fait l'heureux paradoxe de ce hooligaNet, c'est que plus il crie et au troll et au point GodWin et plus il vandalise, dans le même temps, et plus il manifeste sa vulnérabilité puisqu'il ne peut plus s'en extraire de ce flux de violence en maelstrom : qui est la part la plus puissante et agissante du net : l'absorption de l'individu.
Demian West

Monday, April 17, 2006

Manhattan Sacrifice



Le Ground 0, dans l'acception pleine des termes, signifie une manière de base pour un nouveau commencement. Par le fait même, puisqu’il s’agit d’une sorte de table rase. Mais, dont on ne pourrait ignorer qu'elle se reconstruit, aujourd'hui, sur le mode du souvenir de ce qu’il faudrait bien nommer : un sacrifice.

Certes, c'était dans la plus ancienne antiquité qu'on sacrifiait volontiers aux dieux, mais surtout on y sacrifiait à ces dieux pour plaire à leurs instances suprêmes ou divines, et par crainte qu'un moindre manque à leurs évocations pourrait déroger ou déranger, quelque peu, l’ordre cosmique. Et, principalement, on craignait que le soleil ne se levât plus.

Ainsi, immolait-on des taureaux aux dieux qui étaient censés se nourrir ou boire aux émanations du sang versé de la bête sacrifiée. Dans l'antiquité babylonienne et proche-orientale, on sacrifiait ainsi : le prêtre était vêtu de blanc et il se tenait dans une fosse, dessous la bête et sous un treillis de bois qui filtrait le sang qui coulait de la bête bicorne, et qu’un autre prêtre sacrifiait sur l'autel à l'étage au-dessus. Dans la fosse, le prêtre taurobole recevait, sur lui et sur sa robe blanche, le sang rouge du taureau qui l’aspergeait abondamment.

C’était le sacrifice majeur et très-antique qu'on nommait : le Taurobole.

Quelles étaient donc les raisons qui menaient ces prêtres à sacrifier, outre qu'on y entend bien la manifestation symbolique d'une maîtrise de l'homme sur la nature animale ? Mircea Eliade, le grand spécialiste des systèmes de croyances, a bien dégagé dans ses ouvrages que, jadis, on supposait, d'abord par crainte des dieux, ensuite par l’habitude et les rites instaurées par les clergés, que si l’on cessait de procéder au sacrifice, le soleil ne se lèverait plus. Ce qui était une peur perpétuelle, comme un stress, dont les effets se sont manifestés dans la structure même de la société. Il était donc le plus vital, de répéter sans cesser ce sacrifice, et à toutes échéances solaires et donc journalières.

En conséquence, et avant qu'on ait su et depuis quelques siècles seulement, que le lever du soleil était forcément assuré et si certain que jamais dépendant d'aucun sacrifice, ce lever homologuait, c'est-à-dire qu'il confirmait, l'utilité ou la magie effective du sacrifice pour ceux qui le pratiquaient. Et donc, le rite effectuait une sorte d'auto-validation, et par un effet d’auto-suggestion il réalisait : une homologation qui instaurait le rite en nécessité ou en obligation sociale. En Egypte, le pharaon était le garant de l’ordre soit de l’harmonie de tout l’univers, et c’est cette raison cosmique, autant que sociale ou politique, qui voulait qu’on perpétuait ces sacrifices, sans jamais en changer le moindre ordre et durant des millénaires, et donc selon des dimensions proches des vastitudes plus universelles.

De la même façon et simultanément, on voyait naturellement ces dieux en des visions conceptuelles ou imaginaires, c'est-à-dire en des eidolon ou des images-conceptuelles qu'on manifestait forcément sous la forme d'idoles pour le culte. Et, dans le "Château de l'or", les artistes et les artisans égyptiens représentaient les dieux stéréotypés ou archétypaux, selon des canons inchangés et répétés dans les représentations artistiques ou cultuelles, par la peinture et la sculpture ou par la littérature. Et, selon des critères ou des canons artistiques rigoureux qui homologuaient ces visions, en les transposant ou en les manifestant dans la réalité, où elles devenaient à leur tour des réalités, désormais, à prendre en compte, même si elle furent crées depuis l'imaginaire conceptuel.

On visualisait un dieu sous une certaine forme récurrente, et on la dessinait, et on la décrivait dans les textes, pour qu’elle soit bien-homologuée comme telle, ce qui devait activer sa charge suggestive en retour. Et donc, tout le culte aux dieux, qui cristallisaient et manifestaient les grandes forces naturelles, était composé de ces suites d'actes si répétés et ritualisés en chaînes d'homologations. Comme on fait de nos jours pour une marque déposée : pour qu'elle soit reconnue et acceptée par le public des croyants. Marques et symboles, dont les effets se perpétuent vite en une vraie dépendance aux rites eux-mêmes et à leur seul pouvoir d'auto-suggestion, et dont la répétition en des images finit par les vider de leur sens premier. Car, on finissait forcément par cultiver le rite pour lui-même, alors qu'il était en son origine, à destination d’entretenir l’ordre cosmique. Et par conséquent, plus on tentait de préserver et de maintenir tout l’ordre dans la société, qui était à l’image du cosmos qui voulait dire "ordre", plus on finissait par préserver le seul sacrifice, et juste pour maintenir le culte et le règne du clergé et donc du Pouvoir.






Et, sous ce lustre-là, on pourrait relire avantageusement les événements du 11-9-2001, car d'une certaine façon, nous nous sommes vus, dans nos salons devant nos téléviseurs, comme le prêtre aspergé de ce sang dessous un grand bicornu, très taurin, on en conviendra aisément. Et, comme si les Twin avait été sacrifiées aux dieux, mais pour des dieux siègeant sur les nues des satellites de la retransmission que le monde entier a vue en live. Aussi, n'est-il pas surprenant, qu'aujourd'hui et au Ground Zero, on commence à fixer ou à planter ouvertement et fermement des croix faites de bouts de poutres d'acier tranché, comme pour mettre en plant ou pour homologuer un nouveau culte.

Comme il convient, il s’agit d’abord de rendre hommage aux disparus que furent les victimes innocentes. Mais, dans le même temps, on ne saurait ignorer que dans l’histoire la plus reculée, les grandes religions sont nées, de la même façon, sur des lieux de sacrifices et surtout des lieux de mort. Et pour enfoncer ce clou, pensons à l’Amérique pré-colombienne des Aztèques, où les autels, qui étaient dans les chambres situées aux sommets des pyramides, étaient plus de véritables centres de boucheries humaines, plutôt que ces autels fussent des sanctuaires élevés à la fraternité humaine. Car, on y immolait des milliers de prisonniers par jour, après la bataille. Chaque victime était d'abord contrainte, à monter les marches de la pyramide en pente raide, puis elle était, l'une à la suite de l'autre, couchée sur l'autel afin que le prêtre lui retirât son coeur à vif de sa poitrine, pour le sacrifier sur l'autel des dieux. Ce qui était considéré comme un acte de nécessité cosmique et politique. A tel point, que des aztèques eux-mêmes voulurent y passer en se joignant à leurs propres prisonniers, ce qui était une manière de suicide.

Ces pratiques ont des origines bien-ancrées dans la fascination ou l'angoisse posée par le mystère fondamental de la mort elle-même : les archéologues ont bien dégagé, dans des tombes les plus anciennes, des restes d'individus la tête orienté vers l’est où le soleil se lève. Et, ces gisants étaient recouverts d’hématite rouge ou d'ocre rouge qui évoque bien le sang obstétrical. Ainsi, comprit-on, par ses signes laissés ou déposés dans ces champs funéraires par les primes civilisations européennes et asiatiques, qu'on marquait les morts des signes ou des symboles obstétricaux et solaires, en guise d'un espoir pour leurs renaissances si précieuses. Et, ce qui signifie, le plus clairement, les liens perpétuels qu'on entretenait dans ces rites, de mort ou de passage, qui instaurent la naissance des cultes, et jusqu'à nos jours.


Les religions abrahamiques ne sont-elles point nées d’un pseudo-sacrifice humain, mais qui finit en un sacrifice animal ? Le patriarche Abraham dut obéir à son dieu, et il dut entreprendre de sacrifier son fils Isaac. Ce qui fut une demande très singulière, mais pour qu'il manifestât bien jusqu’où allait son obéissance à son dieu. La légende dit qu’un animal fut substitué à son fils sur le bûcher et quand le couteau du sacrifice fut déjà sorti. Car, Isaac fut sauvé par un ange qui sortit de la coulisse pour lui substituer un bélier, au dernier moment pour le happy end. Aussi, la religion chrétienne est-elle née sur une colline de mort ou "des Crânes" : le "Golgotha". Et, dans un supplice qui était la plus courante forme du sacrifice humain à Rome. Il suffit de nous souvenir, du sort des esclaves qui suivirent Spartacus dans sa révolte contre Rome (73-72 av.J.C.). Six mille prisonniers ont été crucifiés, par Crassus, en un chemin de croix de presque cent kilomètres de long sur la via Appia si emblématique. Et, afin que chacun soit clairement instruit par la vision de cet exemple le plus funeste, mais banal comme au bord du chemin, de ce qu’il arrivait immanquablement à ceux qui osaient se révolter contre Rome soit : contre l’ordre cosmique et social établi par les dieux eux-mêmes.

Et, que dire de plus après Auschwitz, sinon qu'on a bien saisi, maintenant, comment l'histoire fait ses plus grands lieux de mémoire et de culte.

Il reste, que de nos jours, et depuis deux mille ans, le lieu de culte et du sacrifice le plus explosif ou sensible reste au Proche-Orient, entre Israël et Palestine, et qu'il y siège incommodément sur le baril de la plus vive poudrière. Et paradoxalement, ce lieu est le sanctuaire même de la foi du monde occidental et donc chrétien. Et, c'est la raison pour laquelle les croisades médiévales tentèrent de les investir à reprises.
Aujourd'hui, il nous semble légitime de nous interroger sur les stratégies des forces actives de la scène politique, qui sembleraient tendre à rénover, ou à instaurer un nouveau culte, mais en le déplaçant dans un nouveau lieu en manière de table rase, et comme pour y homologuer un nouveau sanctuaire mondial ? Aussi, les mystères encouragés autour des versions supposées des causes du crash au Ground Zero, ne seraient-ils pas si étrangers à ce mouvement de nouvelle sacralisation d'un sacrifice. Et lequel, dans sa formulation même, semble amener à sa suite une sorte de "new comput" .




Souvenons-nous que les grecs comptaient les années selon les comput instauré par le cycle du temps qui espaçait les jeux olympiques : soit le comput des olympiades. Et, sous l'Empire Romain de Dioclétien (283-305 apr.J.C.), qui donna le dernier sacrifice de leur persécution, les chrétiens instaurèrent leur comput des ans à partir du vague "âge des martyrs". Enfin, vers 500, un moine Dionysius Exiguus, commença le new comput à partir de l'année supposée de la naissance du Christ. Et donc, bien après cet événement, certes fragile mais devenu mythique, puisque nul ne saurait préciser l'heure exacte avec la plus sûre qualité suisse. Alors imaginerait-on que bientôt on pourrait, tout aussi bien, compter selon le "new comput" Ground 0, Ground 1, Ground 2, etc ? Et, ce qui ne paraît pas si invraisemblable, quand on mesure bien combien notre époque semble propice à l'homologation des plus improbables et nouveaux cultes.

Et, ce nouveau sanctuaire que nous voyons se monter, en lieu et à la place des Twin Towers disparues, saurait-il signifier qu'un nouveau culte puisse être en voie d'homologation pour y être établi, dans l'histoire qui est une suite de massacres et de martyrologues ? Comme un phare alexandrin de l'histoire dont témoignent déjà, tous les projets architecturaux, très inventifs et sur le mode assez illuministe ou immatériel, qu'on y propose pour éclairer ce lieu de cette mémoire. Puisque, les plus illustres cabinets d'architectes se pressent, désormais, au concours international du plus beau projet pour marquer le lieu du sanctuaire. Et, nous pourrions y voir comme les nouveaux chantiers des cathédrales de notre temps et donc de notre futur, dont les étages en élévations se compteraient déjà au partir du Ground Zero.

Ces visions architecturales nous disent, d'une certaine façon, le plus invraisemblable miracle en nature : que l’Amérique US serait devenue le sanctuaire même, ou le saint-des-saints du monde. Comme si l'on avait réussi à rapatrier les lieux sacrés du sacrifice, et depuis la Palestine. Et, comme pour faire la plus sûre économie, et par la plus habile politique, de tous les risques conflictuels que l’on sait originés en Palestine, et pour établir enfin une nouvelle géopolitique du culte... enfin rapatrié et pacifié, si l’on peut dire.

Ce qui serait une manière de signifier la fin des croisades. Comme si l'on voulait faire l'économie des conquêtes de ces lieux saints de l'Occident et de la tombe du Christ et de toute la sainte géographie, dont on sait qu'elle peut rendre fous même les plus sages. Et tout ce mouvement paraît comme une nouvelle donne qui nous permettrait de mieux saisir les stratégies subtiles qui tenteraient de contourner cette région explosive du village global. Et, pourquoi-pas, en tentant, tout simplement, de déplacer les lieux saints, chacun chez soi, et à son profit.

Car, ce sacrifice diffusé en mondovision instantanée aura, probablement, réalisé une sorte de parousie, ou apparition dans le ciel et à tous du Christ en superstar mondiale, annoncée par les visions de Saint Jean de Patmos. Car, d'une certaine façon, on aura certes vu le sacrifice, et dans le monde entier et depuis le ciel de nos retransmissions satellitaires, et en tous points comme le scénario ou le synopsis de Jean le précisait . Et, à l'instant que les deux tours s'effondrèrent, ce "Manhattan Sacrifice" aurait déplacé, instantanément, le lieu le plus sacré de l'Occident, depuis l’Orient vers le plus sûr territoire de l’Occident US. Et que ce territoire US serait désormais homologué comme le sanctuaire d'une nouvelle ère et d'un new comput Ground 0, Ground 1, Ground 2, etc.

Un déplacement du culte qui se fit dans l'hyper-médiatisation des flux sur-camescopées en live bien-conformes à la parousie. Et, qu'elle paraît tant coller aux prophéties ou au scénario néo-testamentaires de l’"Apocalypse de Saint-Jean", qu’elle semble venir à point pour relancer ce culte ancien qui paraissait épuisé ou achevé, sinon vidé de tous ses lieux saints. Finalement, en corollaire, les Etats-Unis en seraient du même coup consacrés comme le nouveau centre de la conscience mondiale, en manière d'un départ inattendu pour une nouvelle civilisation. Un sacré gambit en terme de jeu d’échecs !

Demian West

Sunday, April 16, 2006

CiceroNet



Autour des appétits suscités par les nouvelles formules du "journalisme" citoyen, ceux qui encadrent le phénomène insistent sur le mal-fondé des opinations ou opinions personnelles soli-solo qu'on tenterait de mettre en avant, soit dans les articles à publier. Et c'est raison. En conséquence, les articles des néo-journaleux sont-ils modérés par des modérateurs qui ne rateraient rien. Mais, on y modère naturellement selon les moyens dont on dispose, et jamais plus. Ainsi, peut-on lire de nombreux articles, tout ce qu'il y a de plus bien-disants et très genre je n'ai jamais rien dit.

Qu'on nous comprenne bien, même ceux du fond : ce serait là, une plus sûre autoroute pour que des propos soient diffusés même s'ils en disaient le moins. Ce qui pourrait même en être un conditionnement imposé, par le fait même : non-pas vraiment par la modération qui est incontournable dans une espace de civilités, mais par le seul désir naturel que nous soyons vite publiés, et donc, par nos craintes corollaires ou présupposées que nous ne serions pas publiés.
Par cette stratégie imposée : soit nous insisterions à présenter un article qui ne dirait rien mais si lisse et juste pour être diffusé, ce qui n'est pas bien comme pas-être, mais ce qui est très people ; soit nous nous adonnerions à l'auto-censure qui est un suicide toujours raté, mais si peu élégant que pas chic du tout, et jamais ParisNoché.

Car, nous aimons à partir du postulat : qu'on pourrait tout exprimer, même sous la grièveté de la censure... alors imaginez combien sous la modération bien-usuelle et veillante aussi. Et, par là-même serait-il permis de tout dire, en usant de ce qu'on nomme le langage intentionnel : c'est-à-dire en usant d'un langage un peu crypté, ou plein d'esprit et surtout de l'esprit de sous-entendre, en disant souvent le plus par le moins d'effet.

Parquoi, nous y voyons une sorte d'effet régulateur, dans ce jeu assez heureux entre les modérations et ceux qui écrivent en les craignant sans raison.
Mais a contrario : car, je veux dire que : ce genre de texte sans fond et accepté ou autorisé nécessairement, est vite repéré par son lecteur averti, comme autant d'articles vidés sur l'instant qu'on aura lu-non-lu leurs premiers traits de lignes en manière de gommages d'idées. Parleries pour ne rien dire.
Vrai : d'aucuns articles y sont comme des bassins sans rien qui grouille au fond de leur lumière verte, et donc on s'en détourne de nos glazes plus bleu, aussitôt. En revanche, et c'est un lieu qui devient commun, à tel point qu'on le voit et qu'on y court vitement : le débat et le forum, que suscitent souvent des articles en creux, sont un meilleur champ de bataille de ces idées dont nous sommes en cherche.
Là : y voit-on des forces contraires, comme attisées par la tiédeur du bellâtre billet prétexte, s'adonner à des joutes plus excessives qu'elles en deviennent ou montent en des jouissances si gratuites que festives, à la fin.
Quand on a dépassé et depuis longtemps, les topoï désuets que sont les points GodWin ou WinGod aussi, et d'autres jeux de trop-troll. Dans une neuve zone genre maelström...



Ces ébats en débats débattables, s'étalent même, s'étendent et s'espacent vers d'autres sites : et le jeu consiste à montrer, et de façon la plus vive et réactive en permanence, des solutions spirituelles de la déconne, mais tout ce qu'il y a de plus ingénieuses. Et, que ces solutions pourraient nous éloigner de l'article-prétexte, tout en amenant une solution au débat, qui en fasse la meilleure proposition d'une synthèse : et qu'elle ressemble souvent à ça : que la vérité serait donc au-dessus ou par-delà toutes positions idéologiques inverses ou contraires, qui n'en finissent plus d'agoniser, vrai depuis les années 70.
Comme Henry Fonda n'en finissait point de mordre la poussière dans le movie d'éjaculé-culte "Il était une fois dans l'West", comme à la maison-internet. Si bien qu'on pensait qu'il la mâchait ou qu'il la rongeait plutôt. Et donc, comme nous-même depuis que nous fightons sur le net qui se goinfre de nous.

Ce qui nous laisse aisément comprendre, mais comme par un effet genre Lumières subites au XXIè des siècles : que l'opinion perso soli-solo pourrait bien-être le mode le plus revendiqué, bientôt et si fermement qu'ouvertement. Et, sur le ton de la plus éjouissante polémique, sur l'internet des blogueurs qui s'émanciperaient un peu du monde réel. Dont on sent bien qu'il bascule dans le gouffre maelstrom de la toile de la Grande Araigne .

Par ainsi, est-il déjà d'une très chic usance d'affirmer son opinion sur le net, et même contre l'avis vétéro-millénaire de Platon, qui était très renfrogné sur ce coup-là des vieux paradigmes. Mais, à la condition, qu'on respectât bien, au préalable et tout ce qu'il y a de plus gentleman en Versac, les convenances qui dé-posent l'article en ouverture de ces débats délicieux, car bien en-des-dessous plus dérangés, quand on sait y faire pour la bonne glose.
Un peu comme le très-antique rhèteur Ciceron se savait toujours emporter l'opinion dans l'Agora ou dans le Forum par ses plus acertains mensonges. Car, ils étaient tous en formule de ses plus habiles effets stylistiques, et ils étaient plus beaux et si sexySexy que la foule les préférait à la vérité elle-même, qui s'en jeta d'elle-même toute nue au fond du puits. Et qu'elle s'y jette encore au fond du net comme nous-autres qui la suivont.
La vérité si vérisimilaire ou virtuelle, que tout le monde qui aime à se la tachtcher s'en ficherait d'un moment à l'autre, à ce qu'on m'a dit tantôt quand personne n'écoutait vraiment, tout retiré dans son quant-à-soi.

Demian West
libre diffusion

Saturday, April 15, 2006

Point de Net Non-Retour


En surfant sur le net on entre vitement dans les noeuds de rencontres pseudoNiques : nous parlons des journaux citoyens, et non-loin des sites de rencontres tout ce qu'il y a de plus drague, vu qu'on aime les deux.
Là : y échange-t-on d'abord sur le mode plus enième des approches délicates et qui tiennent toutes par le tremblement : genre prudence. On dirait même que les intervenants, soient les internautes du tout-venant, auraient en quelque sorte quelques craintes qui tournent vite à la peur des vieilles coteries . Mais peur de quoi ? d'y perdre son quant-à-son-anonymat ou d'y perdre son sens le plus précieux des virtualités ? Quant au latin genre cunnilingus : celui qui l'aura perdu aura tout perdu Nowadaies que les femmes savent ce qu'elles veulent, O mes frères et drouguies.

Vite : on y sent le ton qui monte.
Dans la drague : c'est l'exagération qui s'enfle comme la grenouille qui voulut se faire ballonner par le maître-taureau, ou l'inverse c'est tout comme. A peine son pseudo décliné des vieux blasés, on s'y déclare un amour éternel, qui est immense comme une seconde du temps divin du viokcho Eros. Car, chacun le sait si leste qu'il laisse tomber ses copinettes comme le vieux Zeus du quantième ciel des Olympes chic'élyséennes.
On y dit beaucoup de mots si doux qu'ils restent virtuels comme en pertes de rencontres, qu'elles tombent aussitôt en vrilles du dur, sur le solide quoi ! Et à tel point de chute, qu'elles se font sur le mode de la fuite, et à l'heure exacte de la montre du rendez-vous germanopratin au Flore des vieux Cafés. Mais, en revanche, on s'y fait, à ce qu'on dit tantôt, de belles copinettes bien-fidèles, au bout de quelques mois de privautés en conversations de tea-table, et qui s'achèvent bien en feux d'artifices divaniques du 14 juillet toute l'année.

Dans la citoyenneté des gazettes des neuves agoras et forum'idables : c'est la zone du commentaire, en dessous des dessous de l'article au beurre, qui s'échauffe dès l'ouverture de la page qui commence, et dans le même temps que l'ouverture de la chasse est cornemusée des vieux cors. Et, l'on s'y bouscule au portail, en des montages et des démontages rapides et gloupides, en des jeux verbaux presque savants et qu'ils versent vite en batailles si disputeuses et si crimineuses, certes des troupes de l'enfer contre les anges de la souris elle-même, mais seulement dans les termes des terminaisons : des mots des vieilles parleries quoi quoi !.
Chacun pouvant y verser ses frustrations de sa pire quotidienneté, qui s'en trouvera sitôt transfigurée dans le roman de sa propre vie, et à la pire page qui saigne des blessures bien-ouvertes du rouge frangin krasif ; et par le passage du héros virtuel au-travers de l'enfer de l'épos de la nouvelle aventure internet, qui est aussi un paradis paraventure. Et, dans une sorte de transposition de nos conflits internes dans l'internet si épique, et dont nous deviendrions des héros de l'étoffe de cette toile. Un truc comme ça, ce crois-je.

Et, comme dans tous jeux de rencontres vifs et alertes : on y pousse certainement, et tous d'ensemble, pour atteindre le plus vite au point de non-retour de l'ultra-net, vers le chocBlog plus quantième, dont l'internet semble être le plus acertain canal aujourd'hui, et social pour le coup, vers la conjouissance de l'orgasme fusionnel ?

Demian West

Friday, April 14, 2006

Avis à la PopUlation


Ce matin, lors que j'ouvrai mes glazes brutalisés par la lumière de ma radio qui me chantait les "Matins de France Culture" -c'est pas ma faute ça m'éjouit le beau français- j'ai donc pris en cours, juste avant la neuf heure car je me lève plus tard en plus de me coucher tard, une émission pas-permise sur les blogs de mes seigneurs de not' château mazette.

Il y avait au casting des familles : Versac et son sac à main tout plein des Vox bien-escachées, et le grand Alexandre et sa chronique historique imparable pour la pluie, et des types de chez Télos : la buzz th' "Agence Intellectuelle" ; vers laquelle je me suis rué comme un dessineux des années soixante-dix tenta la face nord du gîte de Gottlib pour lui montrer ses comics du refus.

Faux : car je suis allé voir le site Télos et il est pas trop tellurique, mais je proposerais mes articles avec l'imprimatur des AgoraFox, qui vaut son pesant de parleries. Oui O oui !

Car : O mes frères et soeurs : leurs propos, à tous de l'émission gazette des veilles radio radieuses, s'est achevé dans l'affirmation nécessaire d'une proche reconnaissance de ces nouveaux médias genre blogs des neuves Agora pas rates du tout, et qu'ils se sont bien assurés que cette reconnaissance se ferait par ledit biais des médias des tradi-du-culte, en latin genre Big Bang blog dé-gog-et-démagogues. On prononça donc le nom glorieux de Schneidermann qui instaura d'arrivée une crainte sacrée genre divine mais tout retenuement .

Mais aussi, que le dernier slovo ... euh pardon je voulais dire le dernier mot , fut donné par le grand Alexandre : quand il conclut que les blogs et les journaux citoyens sont effectivement une nouvelle expression, soit un nouveau média, mais sous une formule de ton la plus polémique, et donc pour des gens qui aiment la boxe, quoi ! il dit comme ça le grand Alex ! à ce que j'ai entendu dans ses propres termes des terminaisons pas énervées.

Même que son expression fait monter bellement les dévochkas aux rideaux blanc-bleu.

Ce n'est donc plus : Aux armes citoyens !

Mais bien : Aux haltères citoyens !

C'est ce que j'avais cru un peu comprendre, quand je trouvais quelques commentateurs KaO' tiques assez, juste après que j'eus lâché quelques mots paraventure, un peu plus du dur en formule de miettes, dans les colonnes des commentaires de not' Agora Fox. Laquelle Agora est si pleine de bandes de prédateurs qu'il faut consommer tout-de-suite comme à la maison.

Et selon une expression du net-toyage : tout ce qu'il y a de plus : en urgence de fin de rouleau de papier.

C'est chouette le net, où les mots cognent plus dur que les coups sur les cons, comme si l'esprit y était plus fort que la matière : qui s'en plaindrait ? ceux qui reçoivent les coups, dirait un marquis des vieilles palissades en polissoneries des bandes passantes si glissantes.

Votre drougui Demian West

Monday, March 27, 2006

La Peur des Oiseaux


D’aucuns l’appellent une peste des oiseaux, et tous les médias disent : la grippe aviaire est là ! Tous alors, d’observer et d’étudier le vol des oiseaux, et leurs parcours migratoires, pour prévenir et circonscrire la maladie et probablement pour conjurer la grande peur d’une nouvelle pandémie qui nous emporterait, à ce qu’on dit, dans l’hécatombe de millions d’individus.

Depuis les années 80, au tournant de la fin de la guerre froide, nous nous sommes comme tournés vers de nouvelles peurs bien vastes, pour y prendre à nouveau nos aises. Et, nous vivons en des modes des contaminations fantasmatiques qui sont aussi des peurs hypertrophiées : d’abord du sida, puis, de gonfler la plus terrible panique de la vache folle, pour nous envoler, maintenant, vers cette peste qui nous promet des chiffres à des hauteurs et à des vastitudes insaisissables, en manière de train fantôme qui s’échapperait en montagnes russes.

Car, nous montons vers des altitudes qui semblent plus favorables à la peur et comme pour filmer un nouveau thriller hitchcockien...des oiseaux.

Certes, nous n’en sommes pas encore, aux terreurs paniques qui prenaient des régions et des villes entières, dans l’Antiquité. Montaigne nous le rappelle : des populations entières de grandes cités se jetaient à la rue, subitement et sans raison, et s’entretuaient comme enragées. C’est pourquoi, ces événements ont été peu commentés, tant leur souvenir effrayait encore. On ne comprend toujours pas, alors que nous venons de voir des émeutes considérables resurgir, mais dans d’autres contextes plus idéologiques et religieux.

Pour tenter de maîtriser ces grandes angoisses de masses : il était une pratique dans l’Antiquité, qui consistait à observer le vol des oiseaux pour en tirer, ou pour en lire, les augures ou les signes favorables ou néfastes pour la meilleure conduite de la société. En outre, les prêtres étrusques, ou haruspex, disséquaient les oiseaux : pour lire, dans leurs organes, les signes que les dieux y auraient laissés aux fins de communiquer avec les hommes, préalablement initiés à la lecture de ces mystères. Tout le bâtiment de l’Etat Romain était fondé sur cette croyance. Et, l’Empereur en était l’Auspicium ou l’Augure, c’est-à-dire le Pontife garant de la bonne marche de la société, dont il devait maîtriser la prescience des événements à venir. Toutes ses vertus romaines étaient en conformité avec la "Politique" d’Aristote : vers tous principes de précaution et de prudence, soit de prévision. Et, ce sacerdoce de l’Empereur impliquait aussi qu’il veillait, tout autant, aux bonnes moeurs, très différentes et plus machistes encore que les nôtres.

Les prêtres de ces rites, se réunissaient sur les sommets du paysage, pour être plus proches des dieux et de leurs messagers ailés ou angéliques. Puis, ils traçaient, avec un bâton, des limites dans le ciel. Alors, attendaient-ils le passage d’un vol d’oiseaux dans ce ciel circonscrit, pour interpréter ce signe, selon des formules de lois et des livres qui nous sont perdus, aujourd’hui.

Tout comme eux : nos savants et médecins attendent-ils le vol des oiseaux pour les disséquer, et pour lire des suites favorables ou plus sûrement néfastes ou funestes d’une sérieuse grippe aviaire. Et, selon leurs prévisions, certes, scientifiques, mais dont les médias nous ont fait leurs lectures prédictives sur le mode fantasmatique, et bien avant l’heure.

C’est pourquoi, on pourrait lire un autre signe dans ces pratiques : c’est-à-dire qu’il serait utile de rappeler que Freud est passé d’une approche physiologique des maladies nerveuses, vers son concept d’une analyse de l’âme, la psychanalyse, après son étude singulière de ces augures antiques, que nous venons d’évoquer. Et, c’est ainsi que sont nées, d’une part l’analyse de la signification des rêves, et d’autre part, les analyses de toutes les névroses qui bougent l’individu ainsi que les masses.

Alexandre le Grand arrêta son armée en marche, avant la bataille et sur l’instant, quand il vit un lièvre couper la route de son cheval Bucéphale. Car, c’était un signe de défaite annoncée par cet animal symbolisant la peur, en messager des dieux. C’est ce monde de la fantasmatique dont Sigmund Freud a peint la cartographie, où le plus petit et le plus faible, sinon le plus peureux, peut circonscrire le plus fort et le plus vaste. Tout comme aujourd’hui, un nombre si faible de morts, et encore d’oiseaux, pourrait nous laisser craindre de telles prédictions d’hécatombes en masses.

Car, en dernier ressort ou moteur premier, c’est peut-être la peur de l’inconnu, bien qu’impondérable, qui nous meut le plus sûrement, puisque nous lui faisons nous-même une place en notre lit pour l’accueillir, et même jusqu’à coucher cette peur du côté que nous voulons.

Demian West

Le citoyInternet


Après la parution des articles sur le film "Loose Change" de Dylan Avery, le débat initié par Carlo Revelli dans AgoraVox, en manière d’activisme dit-citoyen et sur le mode journalistique large, s’est étendu, tout naturellement, à la question du droit de s’interroger quant à la thèse officielle qui devait rendre compte de l’événement le plus médiatisé du début du siècle.

Ces articles ont clairement montré tous les présupposés qui suggèrent la grande difficulté que l’on peut rencontrer, lorsqu’on tente de questionner cette thèse officielle. Et à la suite, on a vu toutes réactions qui se sont opposées à ce questionnement de la thèse officielle. Et, des oppositions qui venaient aussi bien d’en-haut comme d’en-bas. Et, elles se sont montrées si dénotatives d’un blocage qui pourrait être bien plus profond sinon institutionnel. Comme si les raisons du refus de questionner étaient si infiltrées, et déjà dans tout le tissus de notre société, qu’elles en seraient devenues organiques. Et, à un tel degré de couture, que la version officielle en serait comme le sanctuaire, presque d’un nouveau culte. Si l’on en juge par les croix qui sont plantées sur le Ground-Zero.

A la vérité, si quiconque tentait d’égratigner, un tant soit peu, cette version officielle, on pourrait craindre que tout le bâtiment de l’Empire contemporain s’effondrerait à son tour. Et, ce qui ne manquerait pas de provoquer les pires tribulations dans nos vies mêmes et pour nos familles. C’est pourquoi, le silence soit la non-information, ou pire encore la désinformation, pourraient paraître les plus avantageuses, en attendant mieux, et si elles servaient uniquement à conserver notre société dans sa survie et sa sauvegarde. Aussi, la raison, mais en tant que rationalité instrumentalisée, serait donc liée à nos intérêts les plus vitaux qu’elle préserverait, aussi bien pour les Etats que pour nous tous.

Peut-être, est-ce la raison qui voudrait que le questionnement au sujet des crash du WTC pourrait être aussitôt considéré, comme une tentative en sous-main d’amener un autre effondrement plus vaste, même par hasard ? Et donc, la meilleure posture, et journalistique aussi, serait d’attendre et de se cacher dans son quant-à soi, et d’en lâcher quelque aperçu, de temps en temps, du bout des ongles sur un mode léger et même caustique. Par crainte d’être pris pour un conspirationniste ou un ésotériste pré-psychotique. Il reste que le mode caustique est très propice à cette forme interrogative.



Dans cette approche prudente, on pourrait y voir, une forme de démarche citoyenne qui s’espacerait jusqu’à rencontrer des formes de l’auto-censure, presque nécessairement, quand il s’agit de tels sujets sensibles et trop mouvants.

Mais alors, qu’en serait-il du journalisme et de ses références ?

Le journalisme, soit les échanges des informations, ne pourrait être une quelconque censure, ni même l’auto-censure. Au mieux, ce serait d’informer de tout et sans égard pour les intérêts en jeux. Cependant, il n’en est pas moins vrai que l’information est une valeur marchande du Marché des échanges. Et donc, elle y est instaurée comme une monnaie dans la dialectique de ce Marché. Et, cette bonne information devient alors, et naturellement, constitutive de son autre forme mais pervertie, et qui verse donc nécessairement dans son moment contraire, par le fait de la dialectique des échanges : et donc, quand elle passe de main en main, ou quand elle est intéressée par d’autres intérêts que d’informer et qui la dénaturent au passage, quand donc elle verse dans la non-information puis dans la désinformation. Enfin, dans ce mouvement dialectique continu et sans fin : elle tend, à nouveau, à informer, lorsque le temps du cycle, de ses contradictions dans divers débats qui l’auront éprouvée et l’auront nourrie, la restaurerait à nouveau vers son moment initial et donc le plus informant. Autrement dit : l’information se diffuse, puis elle se pervertit en son contraire, enfin elle est débattue vers la nouvelle et meilleure information.

Somme : il en ressort que les formes du journalisme, s’il est vivant, s’étendent à tout un champ de contradictions d’une vérité qui reste toujours à formuler, et qui ne serait jamais atteinte dans sa vérité ultime. Et, le débat suscité par AgoraVox, et dans les termes citoyens de Carlo Revelli, semble se situer dans cette action, et dans ce vaste mouvement vers la meilleure information. Car, elle est projetée dans le champ le plus propice de l’internet, dont on sait qu’il favorise les réciprocités entre individus, et qui sont nécessairement tous des citoyens dans la République. Et, pour qu’ils échangent leurs "vérités" ou leurs références qui en seraient reconnues, puis débattues et enfin acceptées par le plus grand nombre. En cela, ce projet semble être bien-conforme à l’acception du terme de la citoyenneté, selon Rousseau qui voulait qu’on transmit la souveraineté au peuple. Non-pas en tant que le peuple serait une masse indifférenciée, mais qu’il serait riche de toutes ses différences. Et donc parfois, nous serions tous riches de nos faiblesses mêmes, sinon de toutes nos contradictions car éprouvées par nos contradicteurs mêmes.

Cette souveraineté citoyenne est donc une, et, en conséquence, elle est certes représentative, mais de toutes les différences qui constitueraient l’ensemble infini des potentialités de tous les individus ou les citoyens : qui seraient tous des reporters en puissance sinon en acte. Ainsi, pouvons-nous voir, dans le projet du journalisme citoyen, comme une réactivation, parmi d’autres, du moment historique : quand Rousseau voulut créer une démocratie qui ne devait pas verser dans la démagogie, trop consensuelle et plus contraignante.

Aussi, cette vertu citoyenne serait la plus manifeste et représentative, quand elle s’exprimerait par le biais et la nature même du nouveau média internet. Car, le net propose l’immédiateté des échanges et des réactions diffusées sur le net, selon les plus nombreuses singularités des informations individuelles, qui informeraient immédiatement tous les citoyens le plus réciproquement et socialement. C’est une grande vertu du pouvoir informatif et participatif du net,qui est forcément journalier et même plus immédiat à la minute, et donc transformateur de tout le tissus social, qu’il saurait informer et transformer favorablement, pour le bien commun et individuel de nous tous.

L’internet se présente, donc, comme un champ social si multiplié en d’innombrables individus, et qui en seraient des centres de rédactions et de visions activistes. Et donc, on voit bien la différence structurelle qui oppose le réseau internet de tous les citoyens, à la Presse plus traditionnelle, et l’inclut dans le même temps, par le fait citoyen. A l’inverse, la Presse traditionnelle s’était imposée, jusque-là, en représentant le plus éclairant du peuple éclairé, mais selon une structure pyramidale et hiérarchique, en tous les cas corporatiste.

Par ailleurs, il est une autre différence entre le journalisme du net et le journalisme traditionnel : le Marché de l’information et ses Maîtres savent en produire toute la valeur marchande, pour en tirer le meilleur bénéfice. Ainsi, ils peuvent en raréfier la diffusion pour en augmenter artificiellement la valeur sur le Marché. Comme ce Marché de l’information et ses Maîtres peuvent diffuser en surabondance, une information qu’ils voudraient banaliser et donc pour lui retirer sa valeur la plus précieuse : c’est-à-dire son contenu qui aurait un pouvoir transformateur de la société. Il est évident que les Instances du Marché useraient de ce dispositif de banalisation, uniquement pour neutraliser des informations qui pourraient nuire au Marché ou à leur leadership. Autrement dit : les instances de l’information qui veulent se maintenir en leurs places sommitales, se doivent de veiller à l’avènement de tout nouveau dispositif qui pourrait entamer leur leadership, et donc pour le maîtriser.

Et, les nouveaux modes de l’internet seraient, vraisemblablement, dans cette configuration d’outsider. Si l’on en juge par les réactions hostiles, mais prudentes tout-de-même, qui ont tenté le dénigrement des pages traitant du film "Loose Change" sur AgoraVox. Et, des pages qui traitaient d’un événement pas si subversif que ça. Car, ce film est un événement média de fait. Et donc, il devait être traité comme on doit traiter tout le reste. Aussi, la force exagérée des réactions critiques exprimerait-elle bien plus un malaise de fond quant à la nature du médium internet et quant au journal citoyen lui-même, qu’un débat sur la qualité de l’information d’un événement plus ponctuel, comme le fut l’annonce du film de Dylan Avery.



Il reste, qu’à se frotter à ce débat, la Presse traditionnelle s’est laissée comme emporter par les liens dans ce nouveau médium : car il apparaît vraiment comme un nouveau mode de la citoyenneté, et donc très attractif, puisqu’il diffuse un débat dans son immédiateté englobante, et sur des modes favorables qui seraient la structure même et l’économie de l’acte citoyen le plus contemporain, et par l’internet. Le journal citoyen et l’internet seraient donc des médias sans-médiateté : et finalement im-médiats.

Et, outre leurs modes de séduction, il apparaît que ces nouveaux médias agissent sur le mode, assez révolutionnaire, de l’appropriation de nouveaux territoires internet, par ceux qu’on pourrait nommer des "citoyInternets".

En effet, il est utile et légitime qu’on s’interroge quant aux tentatives de préemption d’un si bel outil en réseaux de capture comme l’internet. Soit, les forces traditionnelles tendraient à le préempter pour y étendre leur maîtrise. Soit, les citoyens eux-mêmes l’investiraient pour s’y incarner, en quelque sorte. Au préalable du net virtuel, nul ne pourrait ignorer encore que le Marché présente une structure toute-orientée vers l’appropriation. Il suffit de constater l’appétit des majors et des téléchargeurs, en face, qui sont enrôlés dans une lutte acharnée pour la mainmise sur le réseau et tous ses objets-flux, à disposition. Aussi, il faut reconnaître, d’emblée, que le processus de préemption, vers la confiscation, serait comme déjà inscrit dans le médium internet ; Puisque ce médium propose, et dès sa création par sa structure même que l’on pourrait dire réciproque et réversible, une invitation à toutes les appropriations dans ses réseaux comme offerts. Où le citoyen puis le Marché global et les Maîtres seraient tous confondus en la même personne, parce qu’ils empruntent le même flux qui dissout les frontières des identités et des rôles : c’est-à-dire qu’ils seraient tous réunis dans le même réseau universel et dans ses mêmes flux d’informations. Et finalement, sont-ils tous confondus : en un seul appétit ou une dévoration de type libidinal. Autrement dit : chaque centre et acteur du réseau est, en quelque sorte, un des citoyens et un des Maîtres à-la-fois ou simultanément. Car, il s’approprie ou préempte tous les échanges, sur le mode des flux qui sont virtuels et souvent fantasmatiques. Et, le réseau lui-même en serait la matrice amniotique ou la Mère nourricière et génératrice : soit le maître-champ.

Ainsi, la spécificité du journalisme citoyen et, singulièrement, quand il est inscrit dans le réseau internet qui est sa marque de légitimité, serait bien défini par l’acte de préemption ou d’appropriation. Et donc, il s’agit bien d’un acte citoyen d’appropriation de la chose publique, ou de la "Res Publica". Un acte d’appropriation, du réseau et des informations, réalisé par chaque citoyen, quand il s’approprie tout ou partie du réseau internet et qu’il en devient donc un maître qui saura informer le réseau, en retour contributif ou rétributif. C’est cette ancienne citoyenneté qui aurait été comme émoussée naturellement par de plus anciens médias, et notamment par la télévision, qui a su confondre tous les discours informatifs banalisés, car si entendus qu’on ne les entend plus.

Avant cet avènement actuel de la sphère internet qui agit selon ses modes propres, et qui sont les plus impliquants : qu’ils nous immergent dans une sorte de transe informative et journalière, aux retombées et prolongements certainement citoyens. Et le proNetariat et AgoraVox seraient probablement les primes manifestations des citoyInternets dans les rues ou les flux virtuels à venir.

Demian West

Libre diffusion merci

Sunday, March 26, 2006

INTERNOUGHT

//GROAN ZERO//

1. Le fait que les réactions qui s’opposent au questionnement de la thèse officielle, viennent d’en-haut comme d’en-bas, serait dénotatif d’un blocage bien plus profond et institutionnel.

2. Les raisons en seraient quasiment organiques ou infiltrée depuis longtemps dans tout le tissus de notre société. Et, à tel point que la version officielle semble le sanctuaire.

3. Car, si elle devait être, un tant soit peu, enfoncée ou égratignée, on craindrait que tout l’édifice de l’Empire contemporain tombât. Et, jusqu’à provoquer les pires troubles et changements dans nos vies mêmes et dans nos familles.

4. Donc, le mensonge, le cas échéant, ou l’immobilisme, à tout le moins, ont leur meilleure raison d’être bien-installés, s’ils servent à ce que la société survive à ce soupçon de skandalon planétaire.

5. La raison, en tant que la rationalité instrumentalisée, est-elle donc liée,et même cousue aux intérêts majeurs des Etats et du communs, et enfin des singuliers.

6. En conséquence: questionner au sujet du WTC serait, probablement, considéré comme une tentative d’amener un autre effondrement plus vaste.

7. Aussi, la meilleure position, et la plus confortable, serait-elle d’avoir son quant-à soi et de le lâcher de temps en temps, sur le mode léger presque caustique.

8. Ce qui est une démarche citoyenne, mais jusqu’où peut-elle aller, ou s’autorise-t-elle à aller avant d'être contrainte de s'appliquer un dispositif d'auto-censure.

//T’WIN PRESS//

9. Le journalisme, soit l'information, ne serait pas la censure, ni l’auto-censure, ce serait au mieux d’informer de tout sans égard pour les intérêts en jeux.

10. Mais, l'information instaurée dans la dialectique du Marché, est constitutive du mouvement qui se contraint de verser dans la non-information et donc pour désinformer.

11. En attendant de pouvoir informer à nouveau, quand le temps dialectique serait revenu à son commencement initial du mouvement dialectique sans fin.

//C’EST LA FAUTE D’IMPRESSION A ROUSSEAU-GROUND-ZERO//

12. L’information citoyenne, c'est-à-dire agissante dans le champ des réciprocités entre les citoyens, serait les vérités acceptées par le plus grand nombre.

13. Les principes, de la nouvelle citoyenneté, énoncés et même créés par Rousseau, avaient leur singularité dans le moment qu’ils trans-mettaient la souveraineté à tous du peuple.

14. La citoyenneté selon le principe de Rousseau: est la souveraineté du peuple, non en tant que le peuple serait une masse indifférenciée ou anonyme non-singulière, mais en tant que cette souveraineté reconnaît ses contradicteurs et ses contradictions.

15. Car cette souveraineté est UNE et, dans le même temps, elle est la plus représentative de toutes les différences qui sont constitutives de la masse créatrice et polymorphe du peuple.

16. C’est donc le moment historique: quand Rousseau a tenté de créer la première démocratie, c'est-à-dire qu'elle devait être non-démagogique.

17. Un journal pourrait être dit citoyen, à la condition qu’il serait l’écho ou l’organe du peuple, mais en tant que manifestement représentatif de toutes les différences et singularités, dans ses discours et dans ses informations.

18. La citoyenneté serait représentive dans son immédiateté, par la diffusion des plus nombreuses singularités des informations individuelles qui informeraient le peuple le plus réciproquement et socialement.

19. En vertu d’un pouvoir informatif et participatif, forcément journalier et même plus immédiat à la minute, et donc transformateur au jour la journée de tout le tissus social, qu’il aura su informer et trans-former favorablement, pour le bien commun et individuel.

20. Par le mouvement dialectique sans fin: du déjà-informé qui devient non-informé, vers l’informé qui n’est plus informé, et qui doit être à nouveau le plus et mieux informé.

//NIOUZE YORK KATA//

21. L’information serait citoyenne si elle venait directement depuis toutes les singularités innumérables du peuple, désormais infini dans le champ social multiplié de l'internet.

22. L’information serait citoyenne si elle n’était pas préemptée par la nécessité d’un discours accepté et autorisé, en tant qu’il s'imposerait représentatif du peuple éclairé.

23. L’information serait préemptée par le capital et le Marché qui la rendrait rare, pour augmenter ou ajouter sa valeur marchande.

24. L’information serait multipliée par le capital et le Marché, pour la banaliser et donc en retirer sa plus haute valeur transformatrice. Car, cette valeur transformatrice pourrait nuire à la conservation du Marché.

25. L’information serait la citoyenneté confisquée par la seule classe qui existerait encore, et depuis la Chine jusqu’à New York: la classe bourgeoise et le Marché.

26. L’internet serait un nouveau mode de la citoyenneté, en tant qu’il diffuserait naturellement l’immédiateté, qui serait la structure même de l’acte citoyen contemporain.

27. L’internet pourrait être préempté pour l’avantage du capital et du Marché, et pour la seule classe qui existerait encore: la classe bourgeoise.

28. Le processus de préemption, vers la confiscation, serait inscrit dans le médium internet, car il pourrait offrir une structure réciproque et réversible, où le citoyen et le bourgeois puis le Marché seraient tous confondus en la même personne, ou le même flux, soit le même réseau universel et les mêmes organes d’informations, finalement tous confondus: en un seul appétit ou dévoration de type libidinal.

29. Le processus de préemption serait inscrit dans la structure même du Marché, qui serait organique de la seule classe bourgeoise qui contiendrait tous les acteurs du peuple - devenu pseudo-peuple dans le champ internet des pseudo.

30. La classe bourgeoise et le Marché, autrement dit nous-mêmes aurions préempté la citoyenneté.

31. La citoyenneté aurait été préemptée, parce qu’elle aurait été délaissée par la conscience bourgeoise si malheureuse, depuis le temps de la fin des idéologies, quand les idéologies contraignantes, depuis les radicalismes de droite et de gauche, ont été confondues dans et par le médium télévisuel, avant l'avènement de la sphère internet, soit de la transe internet.

Demian West

Friday, March 17, 2006

Burgaud Night, Good Luck !


Vrai, il était sur fond noir, sous un lustre ténébreux, comme pour nous dire des couleurs du malaise. Ses deux avocats massifs et mouvants, comme deux ailes de part et d’autre dans le dos, genre l’ange déchu, quoi ! Le bien et le mal scénographiés, comme à la télé. Vrai aussi, que le Président de la Commission parlementaire était montré sur fond clair, et pour les mêmes raisons, mais a contrario cette fois.
Et là, ô mes frères et soeurs, je sentis bien quelque évocation des mises en scènes, que l’on pourrait dire maccarthystes, et parentes des chasses aux sorcières fantasmatiques. Assez, pour ne pas craindre qu’elles fussent peut-être volontaires, ou quelque chose comme ça.

Ah ça ! J’étais chez moi, c’est sûr, en liberté, comme qui dirait dans mon quant-à-soi. Genre mon vieil Alex de l’ "Orange mécanique", mais bien rangé des charrettes de ces terreurs paniques. On nous avait annoncé, façon de parler, de la bidonske bidoche bézoumni, à la téloche des familles. Un juge qu’ils allaient juger tzarrible... on allait voir !

Le visage de Burgaud dans le noir, était si blanc ou vert, enfin d’une couleur qu’on ne connaît pas trop, si nous ne l’avons pas déjà ressentie nous vider de nous-même : la couleur de la terreur. Au gré de nos souvenirs angoissés de noctambule, et d’abord si doucement mélancoliques, dans le tableau intitulé "Nighthawks" de Hopper en 1942 ; aussi, des lumières blafardes et soufrées des distorsions effrayantes de l’expressionnisme allemand, en noir et blanc ; enfin, le black and white si "love and hate" de la "Nuit du Chasseur", de Charles Laughton en 1955.

Ce film noir qui nous narre la terreur d’enfants pris au piège, par un imposteur qui s’est introduit habilement, sous couvert des habits de l’autorité morale, dans leur propre famille. Et, dont la mise en scène dramatique nous dit, plus subtilement, des jugements hâtifs des maccarthysmes ; aussi, pour arrêter toutes les charrettes à la Burgaud, de celles que le juge mit en branle, quand-même.

Car, nos glazes tivi-sidérés virent cette réthorique de la terreur, ou esthétique de la terreur, qui vira un peu à l’imposture : quand le juge fut maquillé comme en victime photo-anthropométrique, à la place la plus médiatique qui revenait plus certainement à ses victimes. Au moment, quand nous venions juste de sortir de la projection du film de George Clooney : "Good Night, and Good Luck", autour de Ed Murrow et de son émission "See it now" sur CBS, aux temps de la terreur du maccarthysme. Et, qu’il paraît, aujourd’hui, pour marquer les intolérances de notre époque.

Vrai encore, que la plus forte esthétique de ces images filmées, puis télévisuelles, ajoute du malaise au doute. Parce qu’elles réaniment la scène primitive maccarthyste, en distribuant les rôles et places. Plus largement, quiconque apparaît sur l’écran, en pleine toile, y est forcément promu au rang de star, par le fait même hypnothique : qu’il soit accusateur ou qu’il soit victime. A fortiori, quand il est cadré en place de victime de la question, jusqu’à apparaître si vulnérabilisé qu’on le perçoit, à la fin, comme un enfant tremblant, et donc presque innocent : ce qui a été dit du juge, après cette prestation qu’il aurait demandée.





C’est alors un effet de la télévision, que l’on pourrait dire : icônique. Et, un effet d’icône qui tourne toujours à la rédemption, hagiographique ou héroïque, du type en gros-plan télévisuel. Ainsi, est-ce une rhétorique de l’image qui sanctifie et blanchit, et qui semble favoriser les impostures les plus invraisemblables. Tout comme le ferait le plus habile et le meilleur des avocats. A la différence, qu’il y serait à l’oeuvre dans son plus noble office : ce qui n’est pas la meilleure raison de la télévision. Dacodac ? Ô mes frères.

Il est vrai enfin, que la justice appartient à tous. Mais sur l’écran, on nous l’a donnée à voir en juge-machine, selon le vieux fantasme napoléonien d’efficacité. Et, que ce juge avait viré si aigre d’insensibilité déshumanisante, pour, finalement, se ressaisir et se mettre en une place qui revenait à ses victimes. Et donc ce fut, d’une certaine façon, une chasse aux sorcières et une pseudo-victime, bien fictionnelles, qui semblent plus concurrentes du film de Clooney, qu’une utile expression de l’affaire réelle que nous attendions. C’est-à-dire qu’on nous montra une mise en scène qui renvoyait à une fiction, vraisemblablement destinée à nourrir nos dévorations, que l’on voulût tantôt éducatives, mais qui nous ont distrait, dans le même temps, des victimes réelles.

Nous ne pouvons douter qu’il résultera, de cette commission, quelque suite favorable et technicienne du Droit. En revanche, la réalité qui semble s’en dégager, tout-de-suite, de ces tivimages : c’est qu’on se gardera, maintenant, d’être happés par de quelconques chicanes juridiques. Ce qui est sage ! Mais aussi, pour ne pas risquer de tomber coupable bien qu’innocent. Autrement dit, le doute que tous réclamaient dans la procédure, et pour qu’il profite à l’accusé, est aujourd’hui plus étendu et espacé : mais probablement comme notre doute en la Justice même. Mis en scène dans le corps des juges, si humiliés et blessés en live. Ce qui n’était pas utile, mais qui fait image et de la plus forte impression et audience ! Si bien qu’il en naîtra aisément un nouveau mythe, et potentiellement actif dans toutes les familles.

Toutefois, ces icônes posent une vraie question : comment informer et montrer les dérives de nos grandes machines collectives, devenues trop complexes, pour que quiconque puisse prétendre encore les maîtriser ? Si peu qu’elles dévorent donc des individus isolés ou affaiblis.

Et, peut-être, fallait-il montrer, en complément de cette imposture des images du juge Burgaud en pseudo-victime, les images introuvables parce qu’elles n’existent pas : des visages de la terreur des condamnés d’Outreau, pendant leur solitude la plus intime, quand ils étaient en face d’un juge trop jeune et trop mécanique. Mais, nous ne doutons pas qu’elles feront le scénario d’une fiction prochaine. En attendant, c’est le juge Burgaud qui nous les a montrées en les revêtant.

Et, ces fictions-là nous montreront un jour, que, dans ces doutes des procédures cumulées, c’est la procédure elle-même qui devient un préjudice. Puisque, d’une part, le justiciable craint trop la fin, soit la décision qui le condamnerait à tort, soit quand il s’accuse lui-même des pires crimes qu’il n’a pas commis pour fuir ces pressions intolérables, soit quand il tente de se suicider, comme on l’a vu à reprises. Et pourquoi pas, quand il s’offre à la dévoration médiatique...

C’est une terreur de Justice bien-singulière dans notre République, où chacun tombe à la suite, et jusque devant les mâchoires des caméras. Tellement, qu’il nous faut espérer en une dernière Instance, plus au-dessus de ces terreurs paniques : la République, incluant nous tous... A-t-elle certainement tout prévu.

Vrai, je venais de voir ce film, la première du retour du vieil arroseur arrosé, mais d’un juge jugé ! Et, j’étais chez moi, en liberté c’est sûr, dans ce qu’on dit tantôt mon quant-à-soi ! Et j’ai dit en pensant, comme ça, que le truc genre terreur nous mènerait tous à mentir, tellement on aurait peur pour not’peau. Ce qui n’est plus karacho du tout.

Alors j’ai dit comme ça, en moi-même : vrai, si on s’en sort, ce s’ra la chance, quoi !

Demian West