Tuesday, May 15, 2007

Praxitèle au Louvre




Du 23 mars au 18 juin 2007 à Paris, le musée du Louvre présente une exposition exceptionnelle des oeuvres de Praxitèle le sculpteur grec très-antique. En effet, c’est la première fois qu’une telle exposition prend place en France, et pour présenter la plus longue traîne de l’influence du premier sculpteur grec qui osa la nudité féminine — bien qu’idéalisée en des volumes hyperréalistes. En outre, il s’agit d’une invitation à l’univers citationniste qui a su nimber, tout du long de l’histoire, la légende du sculpteur qui a vu Aphrodite.


Dans les flashes savants et doux de l’exposition, on y voit des bronzes comme l’"Aphrodite de Cnide", non loin de pièces de monnaie antique et d’autres témoignages des réalités plus triviales. On dit que Praxitèle connut son apogée en 360 avant J.C., et qu’il tenta le marbre de Paros quand le bronze régnait encore dans la statuaire grecque. La plupart de ses oeuvres ont disparu dans la dispute des siècles. Et ce sont des copies romaines magistrales qui manifestent ce bilan contemporain des originaux, qui est la raison de l’exposition. Les Romains raffolaient des oeuvres de Praxitèle et en conséquence, elles connurent une célébrité incomparable dans tout le monde connu.


Par ainsi, dans le promenoir, on peut voir l’"Aphrodite de Cnide" qui fut le premier nu féminin de la sculpture. Et un nu qui paraissait achevé dès sa naissance même, dans la plus fameuse statue de l’Antiquité. C’est dire qu’on met toute sa science à se retenir de toucher ces formes parfaites. Plus loin, on voit l’"Apollon Sauroctone" et le "Satyre au Repos". Cependant, l’exposition voudrait démontrer que le style de Praxitèle nous échappe encore, en raison des seuls référents qui restent des copies. Finalement, les chercheurs tentent d’assembler les traits qui viendraient le plus sûrement et le plus directement des originaux perdus.


Le sculpteur a connu la plus grande postérité. Ainsi, au IIIè siècle avant J.C. on tenta plus aisément la manière praxitélienne plutôt que la copie conforme. Le style praxitélisant fut un modèle du classicisme : la "Diane de Gabies", l’"Eros de Centocelle", le style praxitélien de Pasitélès et Stéphanos à Rome.


Enfin, entre le XVIIè siècle et le XVIIIè, on su mettre en relation les fragments marmoréens et les textes de la littérature antique, pour amorcer les recherches et la découverte du vrai Praxitèle. Auparavant, les maniéristes, dont le Primatice, s’inspiraient de son style sans rien savoir du sculpteur. C’est ainsi qu’on parla de "contamination" du Praxitèle original par des ajouts stylistiques des époques successives.


La légende des peuples dit que Praxitèle aima son modèle Phryné, et à tel degré qu’au XIXè siècle de l’académisme classicisant, elle devint le modèle ou la femme la plus célébrée de Paris. Aujourd’hui au Louvre, on cherche encore son visage dans les blancheurs veinées des marbres rares de Paros.


Demian West

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