Saturday, September 02, 2006

Reality Shock

Durant le "Forum International d’Ete" de l’INA, on s’est interrogé, avec Pierre Sorlin l’animateur des débats entre chercheurs, sur les suites, dans les appareils médias qui ont rendu compte des évéments du 11 septembre. En effet, ces catastrophes filmées en direct, avec des morts survenant en live, a contrario si l’on peut dire, ont induit des réflexions autour de cette nouvelle exigence imposée aux médias télévisuels classiques.

Subitement, cette brutale réquisition du temps continu offrit au spectateur un dévoilement furtif des fonctions et des institutions télévisuelles. Car, l’hyperréalité déborda de l’écran en des manifestations des dessous fonctionnalistes de la télévision. En raison des bousculements des programmes et des approximations dues aux improvisations précipitées qui tenaient tout par le tremblement du fait. Plus avant, on y vit des différences culturelles émerger des choix des traitements de l’information.

D’abord, une sélection s’est imposée par la hiérarchie des coûts induits : puisqu’ il fallut bien annuler des émissions avec tous les revenus pubicitaires qui y étaient associés, sans parler des dépenses en sur-régime avalées par les embauches urgentes de tous journalistes, et des traducteurs etc. Tout l’édifice en trembla plus encore : quand on dut, dans le même temps, et rendre compte de l’événement et faire face aux rumeurs de la désinformation hâtive, qui étaient déjà à l’oeuvre comme si elle furent liées à la nature même de l’événement. C’est pourquoi, les chaînes publiques se contentèrent d’assurer le débat géopolitique : n’avaient-elles point leur certitude tranquille de conserver leur audience fidèle assez ? En revanche, les chaînes du secteur privé surent mettre en scène des accents plus humains des témoignages pris sur le vif ; et qu’ils arrachèrent les émotions d’une neuve audience qui fut acquise ou raptée à l’avantage des chaînes privées.

Certes, il fallut choisir dans la hâte extrême : soit on donna le tout crash en direct, en alternance de débats de studio ajoutés de diffusions de moments d’archives ; soit on tentait le recul semi-documentaire, rendu plus solide par tous experts auprès des sujets vite montés en explications plus ou moins magistrales. Soit encore, on osait le différé assez improvisé en des voix-off qui traduisaient le crash simultanément au fracas qui devait faire : plus vrai que vrai. Mais comment pouvait-on donner une suite cohérente à ces fragments de vies qui tombèrent en direct ? Peut-être, en jetant cette suite de récit plus ouverte, vers un deuil improbable. Et finalement, en la pressant vers une tentative d’enregistrement du choc, en des tuyaux rationalistes du plus sûr mode géopolitique. Et toute cette chaîne de production d’informations puis d’absorption et de dévoration, de l’événement fut, diffusée sur dix jours à peine.

Outre, on entreprit de donner un sens métaphorique à ces événements, car il s’agissait de les intégrer profondément dans nos mémoires en tant qu’événements historiques légitimés. On les compara donc aux chocs du passé historique et bien archivés. Certainement, pour y distribuer des nouveaux héros sentimentaux et vitaux, qui devaient constituer ce nouvel imaginaire symbolique. Comme on le fait pour ériger tout monument et mémorial dans le marbre de l’âme collective.

Là, on comprit vite qu’il était risqué de dégager une identité claire des motifs de chacun qui était impliqué dans le choc : on discerna que CNN ou de Al-Jazeera, ou les musulmans séparés de l’islam radical : étaient tous vaguement identifiés dans la connaissance collective. Puisque, toutes les instances médias étaient trop adonnées aux exigences utilitaires de la propagande et du contrôle des images aux fins des politiques, économiques aussi. Et que ces instances paraissaient bien agir depuis les coulisses mouvantes de la guerre d’opinion qui jaillit aussi en terreur. On comprit lentement que toute autorité intéressée étaient forcément plus avide de persuasion que de diffuser des informations objectives. La vérité dirait qu’on traitait l’information et le terrorisme : selon les différences établies par le rapport des forces issu du conflit israélo-palestinien.

Plus largement et plus subtilement, il fallut rationaliser la peur pour tenter de reconstruire les identités individuelles ou nationales, très éprouvées. Et par le biais d’une convalescence soutenue par tous moyens de communications : depuis les e-mails jusqu’aux téléphones portables, et en passant par toute la blogosphère si discuteuse et disputeuse. On y affirma vite que le sensationnalisme avait trop servi le terrorisme. Et on versa, aussitôt, dans la critique de la télévision. Pendant qu’on cherchait, dans le même temps, plus d’infos objectives : mais ailleurs, c’est-à-dire loin des discours dominants.

Ce qui entraîna irrémédiablement la perte d’autorité de toute la sphère télévisuelle. Et dans un glissement vers des strates ajoutées en empilements de médias et de canaux internet surabondants : et donc, vers le neuf reality shock de la blogosphère.

Demian West

Uranie en Iran

C’est en vrai maître du jeu médiatique que le Président iranien Ahmadinejad vient d’inaugurer une usine d’eau lourde, pour le programme que nul n’ignore plus. En effet, autant que cette fabrique fut construite pour alimenter le réacteur nucléaire dont l’Iran devrait s’équiper vers 2009, autant les discours, qui circulent autour de ces usines, alimentent d’autres circuits et ballets diplomatiques les plus tétanisés.
D’une part, Ahmadinejad a rompu les civilités diplomatiques en affirmant qu’il voulait, tout simplement, raser Israël. Et d’autre part, lors de l’inauguration de cette usine, il a dit explicitement que l’Iran n’est une menace pour personne, ni même pour Israël. Ce qui est nouveau : on le reconnaîtrait aisément si l’on y ajoutait quelque espérance d’y croire un peu.

Toutes ces affirmations contradictoires pour annoncer le plus important : que nul ne saurait priver l’Iran de son droit, qui est de détenir une arme nucléaire, à l’égal des autres grandes puissances. Il y faudrait bien-comprendre que l’Iran voudrait se poster en grande puissance proche-orientale et définitive par ce biais-là le plus radical. Et, dans le même temps que l’Iran souffle le chaud et le froid alternativement vers des dehors hostiles, elle applique, aux fins de son indépendance et sur son territoire, son discours permanent de sa souveraineté bien-frappée sur la table pour qu’on le comprenne à force.

En revanche, l’"Agence Internationale de l’Energie Atomique" a réagi fermement à ces progrès de l’Iran dans la technologie nucléaire, et surtout en raison des dissimulations iraniennes. Car elles laissent mal augurer de plans qui pourraient échapper aux codes internationaux des civilités nucléaires, dont nulle nation ne saurait faire l’économie sans mettre en danger tout le bâtiment de la paix vacillante. Ainsi, avant le 31 août, l’Iran est sommée de limiter son programme d’enrichissement de l’uranium. Une riche idée qui mènerait à droit fil, vers des ultimatums échelonnés, entre l’Iran et les USA. Et, vers une résolution de l’ONU sitôt engagée par les USA pour interjeter quelques sanctions et pressions sur l’Iran, qui a vu tant d’autres électifs se briser sur son noyau dur, qu’on craint bien que Ahmadinejad en serait plus stimulé qu’appauvri de ses électrons d’uranium bientôt libérés.

Pire encore : la Chine et la Russie ont un droit de Veto dont elles raffolent de l’utiliser tout-contre les USA, qui n’ont pas fini d’y prendre quelques leçons souffletées pour les grands, et qu’ils les cherchent d’eux-mêmes...Tant et si bien que les Etats-Unis, et selon les propos de leur Ambassadeur auprès de l’ONU, envisageraient déjà la constitution d’une coalition, hors les murs de l’ONU, pour exercer des pressions d’un nouveau vieux genre sorti du congélateur de la guerre encore froide, et rien que pour l’Iran. Ce qui flattera, à coup-sûr, le Président Ahmadinejad qui s’électrise de tant de gestes réveillées par ses discours d’une eau lourde des pires douches glacées. Et qu’elles nous couleraient bientôt en perles de sueurs froides dans le dos.

Si nous n’avions tant conscience de la grande habileté de Ahmadinejad, qui paraîtrait comme l’indice d’un homme et d’une politique, probablement, plus forts et sûrs d’eux-mêmes qu’ils seraient pris de la dernière folie. Et donc, un Président qui se montre plus intéressé par les avantages de l’équilibre des forces maintenu par la dissuasion nucléaire. Plutôt qu’il agirait en homme qui se précipiterait sur le détonateur des hostilités suicidaires contre Israël... Qui n’est pas en reste de hâte, si l’on peut dire un peu du Liban.

N’est-ce pas autour des rives babyloniennes et persiques qu’on vit naître des sagesses qui ont su fonder nos cités et nos civilisations les plus fermes et fixement dans le temps ? Aussi, la patience de la muse Uranie nous dirait-elle que dans cette région si électriquement mystique, il reste une grande parenté entre la folie et la sagesse.

Demian West

Le Terrorisme Media

L’INA et son Forum international d’été, où l’on reçut les conclusions des plus éminents spécialistes de la communication Daniel Dayan de Paris et Elihu Khatz de Pennsylvanie, ont poussé plus avant l’étude des liens entre le terrorisme international et les médias. Le Centre de recherche sur le terrorisme international a fixé une définition du terrorisme en tant qu’il utilise illégalement la force pour produire un changement dans la société.

Le terrorisme est plus communément compris comme un fauteur de troubles, provoqués soit par des individus groupés, soit par des gouvernements. Et, tous inscrits dans une tradition de pratiques violentes qui chercheraient à légitimer leurs causes respectives auprès des médias. C’est-à-dire, selon une tradition qui fut théorisée par la "doctrine Monroe" qui voulait que les Américains régissent leurs propres affaires. Cette politique fut aussitôt étendue, par la méthode Truman, vers l’ Amérique du Sud puis contre l’URSS.

Tout au long du XXe siècle, on assista à la montée de toutes dérives terroristes internationales et politiques, dont un des plus forts accents reste le terrorisme religieux. Comme les Zélotes qui empoisonnaient les puits en Palestine, au Ier siècle, les fanatiques religieux usent, aujourd’hui, de référents non temporels, soit spirituels. Et, en des croisades ou en des jihads qui s’autorisent abusivement de recourir au crime, pour atteindre leurs fins présupposées qui seraient en leurs plus hauts sièges, c’est-à-dire, et malheureusement, bien au-delà de la valeur - dévaluée - d’une vie humaine.

On le constate, c’est une idéologie qui semble plus radicale que le terrorisme politique, lequel annonce souvent ses attentats par avance. Certes, il fait plus volontiers preuve de retenue, mais probablement est-ce pour mieux manifester sa puissance potentielle, puisqu’il cherche, avant tout, une légitimité plus temporelle, qui doit s’installer dans le champ social pour le long terme. Parfois, il précipite d’abord le chaos pour renforcer l’Etat, et pour vite basculer le tout dans la dictature (quand il s’agit du terrorisme des extrêmes, qu’ils soient de droite ou de gauche).

C’est un terrorisme révolutionnaire et idéologique qui recourt, parfois et pour établir le chaos, au terrorisme de "droit commun", même si le terrorisme de la criminalité cherche avant tout à étendre la prospérité du crime, et par des pratiques rationalisées, comme le négoce du narcoterrorisme. Et, sans égard pour la morale convenue, ces pratiques marchandes illicites finissent même par créer des richesses pour les populations locales.

Aujourd’hui, les moyens du terrorisme international deviennent de plus en plus idéologiques, en raison de la globalisation des échanges migratoires. Le terrorisme se diffuse en une idéologie globale qui serait spécifique à notre monde contemporain, jusqu’à infiltrer les nouveaux modes technologiques ou informatiques, sans toutefois qu’on ait jamais vu d’attentat international dans la sphère informatique. Plus récemment, il s’agissait seulement de corrompre des systèmes d’un pays ou de le menacer ; ou encore, il serait d’usage d’infiltrer des agents ou des chevaux de Troie derrière les lignes adverses, en des manoeuvres qui sont lentes et difficiles. Il reste donc, tout simplement, la pratique illicite du piratage des données secrètes, qui est la forme la plus commune du terrorisme numérique.

En revanche, le nucléaire reprend du terrain, depuis que les objets nucléarisés circulent plus aisément, dans un certain chaos post-soviétique. Car ces objets nucléaires présentent surtout l’avantage d’être une menace bien plus fantasmatique, chargée de la plus grande terreur, collective et individuelle. Et donc, ils constituent une parfaite arme de terreur, en raison de la grande peur des effets des radiations, de l’anéantissement total que cette arme induirait, si l’escalade prenait, en ses effets échelonnés vers la fin ultime.

Simultanément, la plus efficace et concrète menace de destruction massive reste le bioterrorisme, dont la mise en oeuvre et les infrastructures ont l’avantage, pour les terroristes, de présenter le coût le plus faible. Et il convient donc aux systèmes nationalistes et groupes ou gouvernements fanatiques religieux du tiers-monde, qui useraient le plus promptement de la menace terroriste. Toutefois, il faut bien noter que le but du terrorisme est d’amener la cause du terroriste vers son plus haut et plus vaste siège médiatique, pour y faire entendre sa raison, et donc pour la diffuser au monde entier : c’est alors le terrorisme médiatique qui deviendrait l’arme ultime dans cette évolution, et ceci dès après le 11 septembre.

Et dans ce sens, on comprendrait finalement que les groupes occultes usent volontiers du bioterrorisme, dans le même temps que les gouvernements agiteraient plutôt l’arme nucléaire avec toute sa puissance médiatique, en tant que ces deux modes peuvent représenter les menaces le plus efficientes. Mais, paradoxalement, ce serait la menace nucléaire qui porterait son plus puissant effet, et ceci quand elle ne serait pas utilisée... C’est-à-dire quand elle serait destinée à occuper tout l’espace des médias, alimentant la pratique du terrorisme médiatique.

Demian West

Le Standard Al-Jazeera

Le 23 août, dans le Washington Post, a paru une interview de Sheikh Ahmed, qui dirige les éditions de la chaîne Al-Jazeera. David Ignatius lui demandait quelques "nouvelles" de l’état de l’opinion arabe, cinq ans après les terrifiantes vacillités du 11 septembre.

Tout d’abord, il alimenta toutes perversions médiatiques qui inquiètent communément et les USA et tout le monde arabe. De dire aussitôt, qu’aujourd’hui, le monde arabe serait bien plus divisé qu’alors. En raison de son image ternie, et cela vastement. Et le sheikh Ahmed d’insister, étrangement, sur un monde islamique qui semblerait plus affaibli en face d’Israël ; en ajoutant, toutefois, que nul ne saurait dire l’avenir de cet écheveau si entremêlé de pointes que tout y serait lié...

Le Sheikh craindrait un conflit entre shiites et sunnites, une guerre civile qui s’étendrait à toute la région proche-orientale, jusqu’au Koweit, puis au Bahrein et enfin en Arabie saoudite. Et la seule raison de la présence américaine serait qu’elle pourrait retarder ce processus, sinon nous serions en droit de douter de fins plus heureuses, dit-il en songeant au bourbier irakien après trois ans de leadership américain aussi fastidieux que décevant.

Par ailleurs, le Sheikh, qui est un militant notoire de la cause arabe, déplore, hormis pour la lutte palestinienne et la résistance irakienne, la complaisance des jihadistes qui s’enfoncent dans l’autodestruction ou dans des guerres intestines, selon un concept que les Arabes nomment la "fitna".

Le Sheikh est issu de la BBC, et il a rejoint en 1996 Al-Jazeera, qui est un organe de presse désigné, tout stratégiquement, par les officiels américains comme un relais des thèses binladenistes ou tout simplement des thèses les plus radicales de l’islam. Et c’est dans ce contexte, plus ou moins faussé, que le Sheikh Ahmed devrait, en outre, tirer ses news objectives du jeu proche-oriental, dont on sait qu’il vous explose à la figure au moindre écart de présupposés dans le langage.
Pour exemple : la chaîne vient d’ouvrir, à nouveau, une antenne en Iran, après qu’elle eut déplu aux autorités iraniennes pendant dix-huit mois. Simplement parce qu’elle avait filmé le Sud du pays et quelques plaintes des minorités arabes maltraitées par le gouvernement central. Ce reportage s’achevait en une répression des populations ; aussitôt, la sortie de la chaîne. Pire encore : en Irak, la chaîne a filmé les insurrections sunnites qui déplurent au gouvernement shiite, qui la débaucha en 2004. Depuis, Al-Jazeera n’ose plus mettre le pied sur cette mine shiite. Et ce sont ces scandales éclatants qui ont fait l’image ou la réputation d’une "télévision des insurgés", alors qu’il s’agit de couvrir les endroits chauds, comme c’est l’usage dans tous les lieux conflictuels.

Pour achever toute espérance et toute raison journalistique, entre la Syrie et le Liban : quand la chaîne fit une longue interview de Hasan Nasrallah, le leader shiite du Hezbollah, Al-Jazeera fut descendue par les salafistes, lesquels sont des sunnites pro al-Qaeda qui considèrent les shiites comme des apostats. Ensuite, le vif président syrien Bashar al-Assad traita les autres leaders arabes, ni plus ni moins, de "half men" qui n’avaient pas soutenu le Hezbollah dans son combat contre Israël.

C’est pourquoi, après dix ans d’existence, Al-Jazeera se réveille en plein coeur d’un journalisme proche-oriental qui semble éclaté, comme un écorché d’une illustration médicale le plus savamment inquiétante ; et ceci pour tout journaliste qui se voudrait honnête et objectif, ce qu’on attend à tout le moins. Car c’est une région où les sages, mêmes babyloniens ou très antiques, ne sauraient plus extraire une bonne eau de ce mauvais puits.

Et la solution à ces problèmes si organiquement entremêlés serait de mettre en oeuvre des standards de communication qui pourraient affermir les bases d’une communication réciproque enfin entendue, et comme un langage média préalable qui entraînerait les négociations vers une compréhension réciproque enfin conquise, sinon imposée. Et ce serait là un rôle majeur de l’information dans l’immense cité des médias, qui s’étend déjà entre l’Orient et l’Occident.

Demian West

Le Liban Déconstruit

Comme l’a fait remarquer l’historien Mark Levine, dans le Asia Times d’hier : c’est l’économiste autrichien Rudolph Schumpeter qui diffusa largement le concept de destruction créative, il y a plus de cinquante ans, dans une pensée qui annonçait l’achèvement, au sens aristotélicien, du capitalisme. En effet, celui-ci se devait de fagociter ou de dévorer tous les ordres sociaux anciens, afin de réaliser sa programmatique qui consistait à promouvoir le profit coûte que coûte, et selon les principes mécanistes de cette philosophie internationale, qui a tout de même vaincu tous les autres systèmes, et surtout le communisme.

Depuis, nous apprenons, lentement et par secousses, que nous avançons dans la nouvelle société dite déconstructiviste. Laquelle, après le structuralisme, a reformulé tout : l’architecture et les arts, et plus effectivement toutes les structures sociales et internationales... Dans les années 1980 à Wall Street, on y prit vite ses aises, puisqu’on ne parlait plus que management du chaos heureux, car visant la désintégration du système communiste, en droite ligne de mire. Et avec cet avantage majeur pressenti que la fin du monde collectiviste du XXe siècle, réputé souffreteux, permettrait la création d’un nouvel espace de profits tellement aérés par toutes les utopies projetées dans le XXIe siècle. Et ce fut le fin mot paradoxal de la philosophie néo-conservatrice de Michael Ledeen, qui conseillait activement le président Bush, qui y vit la plus impressionnante puissance de renouveau. Donc, cette ligne de force fut mise en oeuvre au Proche-Orient, aussi capitalistique que pétrolier, en alliance avec les conceptions du Nouveau Proche-Orient de Shimon Peres, qui tendait Israël en fer de lance de ce renouveau, tout porté par le processus des accords de paix d’Oslo.

Aujourd’hui, il apparaît mieux encore que cette ligne de force chaotique de la destruction créatrice semble bien avoir préparé le conflit israélo-libanais de cet été. Car on prétend partout, comme si on le savait d’évidence, que les belligérants ont planifié, de part et d’autres, avec toutes alliances, et l’enlèvement des soldats israéliens, qui fut une habile provocation du Hezbollah qui sut piéger Israël, et la rage de destruction d’Israël, qui piaffait d’impatience pour régler son compte au Hezbollah, sinon pour déborder sa légitimité et ses objectifs de tirs jusqu’à détruire le Liban.

Ainsi, pour Israël comme pour le Hezbollah, le but a été le même : amener un nouveau Proche-Orient, et selon le mouvement initié par Bush et tous alliés... même tous mésalliés, si l’on peut dire. Car l’Iran lui-même y va de ce pied-là, et pour d’autres rêves d’hégémonie.

Et c’est bien là ce qui n’était pas prévu par toutes ces parties : elles ont toutes joué un même jeu. Et elles l’ont fait si bien qu’il profite à tous comme ce champ de ruines, sans qu’on puisse en dégager un vainqueur qui en achèverait la reconstruction. Hormis qu’on voit le Hezbollah gagner sa légitimité sur Israël. Et mieux encore : on assiste à la progression favorable du Hezbollah dans cette partie de poker du déconstructivisme néo-libéral, qui couronne celui qui sait s’approprier les faveurs des médias. Le Hezbollah ne reconstruit-il pas déjà le Liban, pendant qu’Israël débat autour de sa défaite ? Comme si le Hezbollah avait mieux compris le système, que l’Amérique elle-même prétendait imposer au Proche-Orient, puis au monde, quand, manifestement, Bush bégaie dans sa reconstruction de l’Irak.

C’est le principe de cette architecture géopolitique du déconstructivisme international : il détruit et recrée ou reformule les structures des blocages anciens ; il reconstruit de nouvelles donnes nées du chaos et qui savent relancer la machine humaine.

Demian West

La France lâche-t-elle le Liban ?

Le "Washington Post" nous a remis de la lâcheté française dans l’assiette de son éditorial du 18 août, intitulé : "Où sont allés les Français ? Loin, dans les bas-côtés." ...du conflit israélo-libanais s’entend. Et de rappeler en ouverture bien-sentie de ce tir nourri, que la France ne s’épargne jamais quand elle aime à donner ses conseils, et pendant tout l’été que dura cette guerre. Certes, c’est la prérogative de toute nation majeure : si l’opinion américaine ne regrettait, encore une fois, que la France ne l’assumait plus sur le terrain. Et que les Américains prétendent même craindre pour la paix, à cause de ces hésitations coutumières des Français.

Il est vrai : que la France a demandé l’arrêt des hostilités, et dès le début des frappes israéliennes ; vrai aussi, elle a appuyé la demande arabe, que les belligérants se retirent du Liban, et avant toute intervention d’une force onusienne. Enfin, elle a exigé, cette semaine, la fin du blocus des ports et des aéroports Libanais. Et ceci, bien que la raison du blocus lui semblât justifiée : puisqu’il devait interdire tout flux d’armes, depuis la Syrie et l’Iran vers le Hezbollah au Liban.

Jusque-là rien à médire : hormis le refrain entonné par la France, dont le maître-mot de la diplomatie reste : une seule armée au Liban et libanaise. Mieux encore : la France a mitonné, certes avec quelques pincements du poivre-et-sel US, la résolution de l’ONU adoptée vendredi, laquelle doit installer une seule armée libanaise sur le terrain. Et, le "Post" y sent bien quelque quadrature du cercle.

Car, cette armée devrait être éployée au sud-Liban déjà occupé, et avec si peu d’armes et désuètes ; aussi sous le couvert d’une allégeance en forme de soumission aux forces onusiennes : et dont la France s’était engagée à pâtisser le ciment du plus fort contingent. Si même que l’Ambassadeur de la France auprès de l’ONU annonçait la prise de la pâte...au plus vite. Mais, dès lors que les Israéliens se furent retirés en laissant les forces du Hezbollah presque hésitantes, la pâte fut retombée sur Jacques Chirac qui ne lâcha plus qu’une seule compagnie de 200 hommes ajoutés aux 200 autres sur le terrain. Ce qui fit un sacré mécompte des promesses françaises. Joint : que le général en charge de ces troupes, désespérément innombrables, prendra sa retraite du terrain, en février : et la France avec lui. Ce qui finit de brûler, de ce pied-là, toute la cuisine diplomatique.

C’est pourquoi, l’opinion américaine piaffe de tant d’appétit déçu par cette cuisine française qu’elle ne goûte plus du tout. Quand l’Amérique sent, à quelle hauteur de légèreté fumeuse, la France ne voudrait toujours pas engager ses forces dans des conflits au Proche-Orient. Toutefois, dans les rangs français on goûte, aussi peu, la recette que le "Post" et l’opinion américaine savent habilement oublier, quand ils mettent sur la table leur soufflé bien-levé en tous prétextes. Alors que le concours consistait plutôt à composer une sorte de menu diplomatique qui visait à réduire, autant qu’on le pouvait, les interventions étrangères pour redonner enfin toute sa légitimité à une nation envahie : le Liban.

Et c’est bien ce maître-mot de la France dans toute sa meilleure diplomatie que l’Amérique bushienne répugne toujours a sentir en son fumet le plus subtil. Les USA n’auraient-ils pas pris le pli de négliger la souveraineté des nations proche-orientales ? Pour qu’ils nous servent, à nouveau, la sauce gâchée des lâchetés du maître-coq français qui met les ergotants dans le plat. Le Proche-Orient serait donc ce théâtre pimenté des cuisines diplomatiques : où l’on apprend vite qu’il est probablement deux manières d’étiquettes pour se montrer une grande puissance, qui ne serait point invitée à une table étrangère.

Demian West

Sunday, August 27, 2006

La Blogocratie Perse

L’éditorial, du "Los Angeles Times" du 17 août, met le doigt sur un nouveau blogueur turbulent assez. Dans son article "Le nouvau blogueur iranien" on se perd d’abord, entre des adolescents épris des romances des jeunes entrepreneurs de filles américaines, qui s’ébattent dans le fameux site de rencontres "MySpace" qui est connu pour être très ouvert des iambes prosaïques de toutes e-mails amoureuses. Puis, c’est raison de l’article : on tombe vite de notre chaise, avec toute la maisonnée bien-ordinée de nos souris, sur le plancher rustaud du très austère Président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui est tout-de-même différent et plus lourd que ces millions de blogueurs amoureux et anonymes.

Ah ça ! On le reconnaîtra aisément, aussi à son style très frappant du nouveau blog de sa nouvelle diplomatie qui sait remuer les eaux troubles, qui seraient plus stratégiques que les dates d’examens, ou le culte des héros de la blogosphère des familles américaines. Puisque, dans le "LA Times" on y annonce, ni plus ni moins, un avènement d’une blogocratie iranienne qui serait, d’ores et déjà, toute tournée vers le blog http://www.ahmadinejad.ir/. Où, depuis vendredi dernier, on pourrait s’adonner au culte de la personnalité, au people très-enrichi, du Président iranien criant de vérité populaire : lequel nous en dira souvent de la progression de l’atome dans son pays. Car,ce sera sans doute par ce biais que nous pourrons lire, bientôt, le faire-part de la naissance de sa petite dernière, phrase ou bombe, qui ne serait pas née de l’amour, mais de toutes raisons du mauvais coucheur que la politique américaine ignore encore.

Ce blog, fracassant d’austérité, insiste sur l’origine très humble du président, toutefois en des accents des familles iraniennes de bons lieux, comme on dit. En des manifestations si versées à la gloire de l’Ayatollah Khomeini, mais qu’elles savent aussitôt s’excuser pour tant d’insistance verbeuse. Le tout, pour offrir au peuple rassemblé devant son guide-moniteur, à ce qu’on devrait y comprendre, un portail pour approcher leur président et personnellement : et surtout dans des moments qu’on voudrait plus sereins que ceux qui seraient voués à ses sorties médiatiques ceinturées de tous explosifs verbatim.

Plus sérieusement : on commence à percevoir que le président promet nommément "une modération" de sa politique. D’abord dans l’enceinte de l’Iran qu’il comprend comme une "grande famille". Et dans laquelle, il a quand même subit quelques regards de biais inquiétants, après qu’il eût menacé de "raser Israël de la carte", et non pas des regards biaisés depuis la foule mais, plus particulièrement, depuis les rangs essentiels de sa propre administration qui le juge plus froidement. N’a-t-il pas gagné des élections, en Juin, toujours contestées et controversées, autant qu’on lui reproche, et dans le monde entier cette fois, ses déclarations trop provocatrices ?

Pire encore : il a perdu la Coupe du Monde de Football, qui devait être un préalable diplomatique et séducteur, au rasage annoncé de l’Etat ennemi sus-mentionné. Mais, il dut vite abandonner ce projet atmosphérique, sans doute pour ne pas froisser les supporters européens et leurs équipes diplomatiques, toutes adonnées à la fête blogosphérique. D’ores et déjà, des centaines de milliers de blogueurs et de blogueuses se sont empressés de pointer à ses sondages d’opinion —on appréciera le terme mazette— sur son blog : où l’on répondait à 50 % de "Non" à la question très originale, de savoir si les USA et Israël allaient diligenter une guerre mondiale dans le Proche-Orient. Un peu comme si l’on s’interrogeait sur l’heure de départ des trains qui sont déjà lancés hors des gares hâtives de nos cités contemporaines.

Le modérateur du site semble déjà débordé par sa gaucherie, et le pied dans le train du goulag bien-avancé lui aussi, pour avoir laissé passer de tels scores si incertains que médians ou trop-centrés, on dirait presque démocratiques : ce qui serait un comble pour cette blogocratie aux yeux perses.

Demian West

Les Etats-Désunis d'Amérique

Tony Blankley, du "Washington Times" du 16 août, s’épanche sur le dernier ouvrage de Pat Buchanan intitulé "Etat d’Urgence" et pire encore "La conquête invasive de l’Amérique par le Tiers-Monde". L’auteur insiste sur ce qu’il décrit comme un glissement de toute la société médiatique américaine, vers toutes prudences verbales qui bâillonneraient littéralement tous ceux qui voudraient encore évoquer la question de l’immigration clandestine et ouvertement.

Il prétend qu’en 20 ans d’écart, les mêmes mots qui se voulaient un peu à l’abordage d’un tel sujet, et comme on trouverait un oursin sous son pied vacancier, vous coûteraient aujourd’hui votre carrière people et par ce simple excès d’une expression éternuée dans le camion en charge de cette nitroglycérine de l’immigration à l’arrière. Ce qui semble un peu une exagération, mais pour bien frapper les consciences avec son propos qu’il voudrait dérangeant.

On est coutumier, aux Etats-Unis, des conceptions de Buchanan, puisqu’il les perlabore en une succession de livres qui construisent cette théorie du non-dit, et qu’elle avance à basse note dans la mentalité populiste, qu’elle conquiert lentement et subtilement : pour faire rang contre l’immigration clandestine, si l’on voulait mieux dire la chose telle qu’elle est crainte.

Plus brutalement lâché : la raison de ce livre est, qu’il réclame tout simplement un moratoire à toute immigration même légale, pour pousser un pion d’une case tant qu’il peut en si bon train...

Son ouvrage sait reposer une statistique sur une autre, et ainsi du reste, pour établir que le crime, sinon la maladie, seraient le pré carré des Mexicains puis de tous autres illégaux aux Etats-Unis, comme une société gangrènée qui se "transmettrait" au corps même et plus-intègre des Etats-Unis. Certes, ses mots sonnent comme la cuillère du médecin, dont le sirop se doit d’être vomitif pour confirmer la toute-puissance armée du médicament, mais nous nous savons dans le pays de la violence du baril à six coups qui sait guérir définitivement...

Par exemple, on y dit dans ce livre dénonciateur que 95 % des crimes commis à Los Angeles sont le fait d’"aliens", pardon...d’étrangers. Et la tuberculose y reprendrait ses habitudes en Californie, après qu’elle eut subit quelque extinction qui dura tant qu’elle le put. Dans ce livre qui brûle des pages, toutes ses poupées chapitrées en épouvantails voudraient mettre le feu à la paille de la "Reconsquista", carrément, du sud-western des USA ; laquelle, il est vrai n’est plus un concept bidouillé par quelques caciques indigènes, en postes fixement derrières leurs sac de sables et toutes bibles bien-chargées. Puisque 58 % des Mexicains penseraient, jusqu’à même le dire, que : le sud des Etats-Unis serait bien une propriété du Mexique, ce qui n’arrange rien quand au flou des lignes frontières qui nous renvoient dans les cordes des manuels d’histoire pour la grande révision générale des 200 ans...

Par ainsi, les 47 consulats mexicains diffusent-ils des ouvrages dans les écoles, où l’on lirait par aventure que l’Amérique vola son sud au Mexique, et selon le point de vue du général Santa Ana, et pour cause...

Pour Buchanan, il suffit et c’en est trop. Dans son chapitre 9 : "Qu’est-ce qu’une nation" , il rejette la définition fondamentale des Etats-Unis, qui ne serait donc plus une nation qui aurait foi en la démocratie, l’égalité et les institutions formées par la Constitution. Quand on aura dit qu’il se réclame de propos "d’une grande vérité qui paraissent des blasphèmes en leurs débuts" on comprendra mieux, autant qu’on le craindra si l’on avait quelque connaissance de la cuisine mexicaine qu’on aime à la partager, le renversement qu’il espère engager dans la société américaine. Pire encore il y va de la pelle, quand il n’hésite pas à exhumer les pères de la nation, pour bien exploiter les casuistiques des raisons des liens du sang et du sol, qu’il place, "purement" et simplesse, avant toute idée de nation constituée. Par ainsi évite-t-il avantageusement, pour sa neuve politique au Karcher, les complications qu’on appelle tantôt les lois de la société ouverte. Reconnaissons qu’il sait mêler habilement toutes citations de Washington à De Gaulle, de Lincoln à Soljenitsyn et encore à Joseph de Maîstre, sinon déchirées dans la Genèse et les Psaumes pour patchworker un melting pot littéraire, mais tout pour arrêter-là les vrais mélanges dans le monde réel ou vivant.

Après que l’éditorialiste du "Washington Times" aura dit qu’il y avait quand même quelque danger à marauder sur cette ligne de front hasardeuse, il y devine aussi la nécessité urgente qu’on ouvre ce débat et plus largement aux Etats-Unis. Enfin, Buchanan n’a pas hésité à emprunter une citation à Péguy "nous ne saurons jamais quels actes de lâcheté auront été motivés par la peur d’être assez progressifs", et qu’il en justifie ses vues d’un progrès, rétrograde assez diront certains contradicteurs moins natifs des US.

Nous récupérons notre Péguy pour dire aussitôt que : si l’Amérique craignait de se fragmenter comme l’URSS le fit en ses temps plus-heureux de sa fin, on y tiendrait, aux Amériques, de tels discours paniqués sinon désunis ...

Demian West

Contre-Feux

Ce matin dans le journal "Libération", les "Juifs contre les frappes d’Israël" nous donnent à lire leur lettre qui fait rebond à l’appel de Pierre-Vidal Naquet, il y a vingt-quatre ans à l’ensuite des massacres de Sabra et Chatila.


Ces nouveaux opposants, aux agissements récents de Tsahal, ne sont pas moins que le fameux résistant Raymond Aubrac et le grand humanitaire Rony Brauman qui réclament un "cessez-le-feu immédiat au Liban". Tout d’abord, évoquent-ils l’appel de cent intellectuels juifs, menés par Pierre-Vidal Naquet, à se désolidariser des manœuvres opératives de Sharon qui conduisirent au funeste massacre de Sabra et Chatila. Vinrent, des manifestations à Paris et la création du "Comité des Juifs contre la Guerre au Liban". Les juifs contre la guerre mettent, aujourd’hui et dans une symétrie défavorable pour Tsahal, les tirs de part et d’autre : car ils dénoncent explicitement l’usage que fait Israël de tirs de roquettes artisanales, qui ne seraient qu’un prétexte stratégique pour frapper sans retenue. Aussi disent-ils que Israël use d’une stratégie dont les conséquences, certes, atteignent les civils immédiatement, mais bientôt plus encore dans leurs conditions de vies qui sont lourdement grevées.


Et, ce sont bien des juifs qui signent cette déclaration de feu et non-pas des fanatiques du Hezbollah ! Bien qu’ils déplorent les attaques du Hezbollah, ils ne sauraient accepter d’être piégés par les appels à l’union sacrée qui autoriseraient à tous les excès et crimes sur le terrain, et tout pour servir un plan pré-établi, qui aurait besoin d’un tel quel soutien inconditionnel, pour parvenir à ses fins inavouables assez. Aussi, refusent-ils de reconnaître que les juifs de France suivraient, comme un seul homme, cet appel au soutien inconditionnel... à l’inacceptable sinon à l’innommable. Ils y répondent donc par les mots vifs du dernier appel que Vidal-Naquet donnait juste avant sa mort : "Assez ! Trop, c’est trop !"

C’est pourquoi, les juifs contre la guerre au Liban demandent que l’on négocie immédiatement et vers l’échange de prisonniers, et surtout pour la restauration des conditions humaines sur-le-champ : Que l’on cesse-le-feu, et que l’Europe avec toutes ses instances démocratiques s’agite à étendre et espacer des conditions qui assureraient la mise en oeuvre de solutions pacifiques. Cet appel du jour s’achève sur un soutien ferme des juifs français envers leurs amis israéliens qui manifestent, tant qu’ils le peuvent, "contre la politique de leur propre Etat".

Demian West

Monday, August 21, 2006

La Paix de la Méditerranée Heureuse

Après le flash des services très-discrets et dans tous les médias européens où l’on vit des fouilles archéologiques —je veux dire corporelles— dans les aéroports anglais, on a découvert une vérité qui était cachée au plein milieu de nos terres : une vérité méditerranéenne en quelque sorte. Que les terroristes, encore présumés innocents, seraient bien des citoyens anglais et donc européens. Et qu’ils seraient d’obédience mahométane sinon islamique plus radicale.

Pourtant, ce qui nous est dit, sur le ton qui scoope tranchant, est un fait acquis depuis des lustres. Puisqu’une grande part des citoyens européens sont musulmans, et faut-il le rappeler : tous présumés innocents de crimes qu’ils n’ont point commis et qu’ils ne les commettront jamais. Une vérité à conserver par-devers soi, mais sur un mode très discret ou selon des voix rassurantes pour calmer le jeu. Car de dire, que des terroristes potentiels seraient des citoyens mêlés aux peuples mêmes qu’ils menaceraient, susciterait les pires résistances spontanées qui sont à l’affût de ces occasions de lynchages légaux. Dès lors, qu’elles attendent tous prétextes pour bien-marquer les différences, afin qu’on puisse les reconnaître, si même en des actes paradoxaux. Comme lorsque la laïcité fut instrumentalisée, et sortie à escient, mais juste pour interdire deux ou trois voiles islamiques, et jamais quand on vit auparavant des croix chrétiennes ou païennes des jeunesse gothiques bien de chez nous où la barbarie sait encore s’égayer. Et que ces modes barbares s’en trouvèrent a contrario comme plus sanctifiées que l’islam, ce qui la fiche mal pour un goth en ostentation.

Voilà donc, ce qu’il arrive quand on voudrait trop effacer l’apport de la culture arabe en Occident : on finirait par ne plus la voir, ni de compter dans les statistiques les musulmans qui vivent au milieu de nos terres : des méditerranéens en somme. Si bien qu’on les redécouvre comme une vieille peur de l’étranger cachée parmi nous, et qu’elle exploserait dans tous les avions des médias seulement.

Tous les événements plus récents démontrent l’usure lassante de ces guerres des nerfs ou de ces guérillas archaïques de l’opinion. Que celles-ci soient livrées à la ville ou par Israël dans ses champs oublieux ; et contre des arabes, qui viennent tout-de-même de gagner la bataille du coeur au Liban. Comme une Lady Diana avait vaincu les coeurs, dans la mort et donc dans la pire perte au côté de son ami arabe : en une défaite qui sut tout rafler comme des plus grandes victoires, car elle disait trop de son humanité vulnérable.

C’est pourquoi, et selon les mêmes raisons du coeur, on devrait se réjouir que la contradiction soit plantée au milieu des terres mêmes, méditerranées, du peuple juif : comme l’ont montré les appels subversifs des juifs pour la paix . Quand ce peuple fait face à ses propres conflits internes, qui font naturellement suite à ses conflits externes qui relèvent de fresques vétéro-testamentaires qui semblent hors d’âge. A leur côté, les Etats-Unis ne vont pas un meilleur train, quand ils sont littéralement stoppés dans leur progression qu’ils ne contrôlaient vraisemblablement plus du tout. Comme si leur machine avait été lancée pour la grande chaîne de fabrication des démocraties en kit, et qu’elle a broyé des plus sympathiques Charlots de nos "Temps Modernes". Et ces conquérants US du business démocratique, sont-ils arrêtés aujourd’hui, au bord du caractère irréductible des frontières mouvantes de la civilisation islamique, que celles-ci s’étendent intérieurement ou extérieurement. Car, nous sommes probablement arrivés en un point où l’on ne peut plus avancer dans ces croisades de la dernière folie des siècles. Finalement, à cause de cette lassitude des peuples si laminés par l’arrogance occidentale, qui se montre si pseudo-démocratique quand elle refuse d’admettre qu’elle vient d’atteindre le "limes" ou les frontières de son Empire —extérieures et intérieures—comme Rome dut s’y résoudre en son temps pour s’ouvrir au nouveau monde.

Pour mémoire : il est deux événements que l’histoire nous a montrés et qui seraient du meilleur enseignement, aujourd’hui. D’abord au XIXè siècle, la Guerre de Sécession américaine qui vit le sud et le nord s’affronter jusqu’à l’épuisement ; en des pires inventions mécaniques pour tuer ; plus cruellement encore qu’on voulait tuer son propre frère. Si que ces deux pôles de l’Amérique furieuse sont devenus et sont réunis, aujourd’hui, en la plus grande puissance mondiale, après qu’ils se furent réconciliés exsangues. De même, en notre époque du village global, une guerre ne semble-t-elle pas, et définitivement, une affaire de tuerie civile entre nordistes et sudistes, encore ? Plus tard, l’Allemagne et la France ont flambé en une décennie comme en une nuit, tous les empires européens qui étaient quand même mondiaux, et pour une simple histoire de la meilleure famille dont le ménage avait mal tourné son nouveau siècle. Et tout pour se réconcilier à grands coups de constructions de palais pour la paisible dispute verbale. Et plus près de nous, on sentit un autre point de lassitude quand on disait dans les années 1980, que les "russes aimaient leurs enfants aussi", on connaît la suite de la chanson guère froide : une Europe qui s’étend jusqu’aux mosquées de la Chine, et sans que quiconque ait aligné les canons et toutes batteries.

A la lueur de ces grandes vagues humaines, on saisit mieux, qu’une fois le point de lassitude atteint : les nations comme les criminels voudraient rejoindre, à nouveau, leur humanité. Comme Razkolnikov, dans "Crime et Châtiment" de Dostoïevsky, avait tout tenté pour se convertir à l’aveu de son crime. Après qu’il avait commis les pires meurtres injustifiés, mais si terribles que souverains jusqu’à l’effondrement de toute sa personnalité psychique, à la fin du remords.
Par ainsi, il ne fait plus de doute que, pendant tout ce tumulte hérité des temps anciens qui s’effondrent, il s’installe en Europe une nouvelle tendance assez civilisatrice, plus médiatrice, ou médiane comme on la dirait : méditerranéenne. Et qu’elle y tente de mêler l’ "arabie heureuse" et tous Orients grands ou petits, aux meilleures conceptions des arts et des techniques et de tous échanges citoyens, avec les occidentaux que les musulmans sont devenus eux-mêmes par le fait. Tant il est vrai que : l’agitation de deux ou trois islamistes radicaux ne saurait voiler l’immensité de tous les musulmans qui vivent en paix et fraternellement, au jour la journée, au milieu de nos terres communes. En conséquence, ces terroristes supposés révèlent-ils plutôt, et a contrario, la plus grande foule des musulmans paisibles et justes, qui aiment leurs enfants comme nous aimons les nôtres.

Notre neuve société de l’information dépouillera, certainement un jour proche, les frontières de leurs prérogatives qui les portaient à causer des guerres barbares. Et, probablement, les mots, venus de l’internet aussi, seront des armes de la paix méditerranéenne, vers la constitution d’un nouveau concept déjà nommé : la nouvelle Andalousie. Là où, historiquement, on trouve encore une mémoire médiévale commune aux peuples juifs, arabes et européens qui vécurent et jouirent de leurs cultures réciproques et partagées, si mêlées qu’elles ont sut préparer la Grande Renaissance des quattrocento et cinquecento, dont nous sommes tous issus : européens ou nord-américains.

Au milieu des terres : il faut donc compter, en Europe,sur un islam modérateur qui saura maîtriser les plus turbulents excès dans ses franges incertaines. Les extrêmes de l’islam ne sont-ils point liés à d’autres forces autant extrémistes qui vivent et qui appartiennent aussi à l’Occident ? Finalement, c’est un Occident ambigu qui se fanerait quand l’intégrisme islamique s’étiolerait. Car désormais, nul ne saurait plus ignorer que ce sont les extrémistes, et d’où qu’ils viendraient, qui s’empressent toujours vers toutes désolations en Méditerranée, soit sa libanisation. Finalement, le temps nous le dirait : quand la guerre ou le choc des civilisations seront passés, l’avenir appartiendra à la vaste paix dans la "Méditerranée Heureuse".
Demian West

Friday, August 04, 2006

Le Point d'Erotisation



Il est paru un cahier, hors-série du magazine "Le Point", intitulé : "Sade, Bataille, Apollinaire, Ovide...Les textes fondamentaux de l’érotisme". Vraisemblablement pour étoffer les lectures, qu’on lirait d’une main, pendant les plus éjouissants mois de juillet-août.

Après que Michela Marzano nous décrypte, dans la littérature, les notions convenues du désir partagé qui tournent souvent à la véritable dépendance à autrui ; elle souligne aussi vite, que l’"ars erotica" ou la "scientia sexualis" veulent manifester plus sûrement du désir qu’une vérité obscène ou pornographique. Puisqu’iI reste toujours quelque relent d’hypocrisie inavouée dans ces repas servis par les discours de l’érotisme. Pourtant, Jacques-Pierre Amette nous montre, au plein du mensonge social tissé de pruderie, un Céline qui sait érotiser le réel, en puisant dans les pires éclats libidinaux de la deuxième guerre mondiale. D’une part, dans les fureurs collectives qui surent lâcher la bride ou quelque lacet du corset — car on y vit aussi la femme se libérer par la nécessité impérieuse de l’arrière en manque d’hommes — et d’autre part, Céline se plaît à sa neuve écriture qui nous dit le tout-cash du langage parlé comme s’il l’avait monté à cru : pour nous donner son rythme et son style "métro-émotif".

Pour mieux comprendre ces paradoxes d’Eros : il faudrait revenir, en préalable, à l’érotisme antique, grec et romain, qui oscillait entre la maîtrise du désir et la culture du plaisir. Là, on discernait l’amour mais plus éloigné de la sensualité. La chair y était jeune : et cette jeunesse heureuse se devait de cultiver le "symposium" ou les banquets sensuels, mais tout retenuement. Puisqu’il était mal-vu de se laisser incliner à la débauche. Pire encore : être passif dans le coït ou tomber en quelque dépendance de l’amant(e) étaient du dernier avilissement oriental ou lascif : et s’y verser entièrement était comme de choir de la vertu du "vir" ou du libre patricien romain. Finalement, Florence Dupont insiste bien sur l’exigence noble et très-antique : qu’il valait mieux effleurer "à la grecque", et donc savoir mêler le désir au plaisir, plutôt que boire jusqu’à l’ivresse du sexe. Ce qu’il advenait, à-certes, mais derrière le voile, quand le symposia devenait plus intime à la fin, et toujours selon les plus sûrs et poétiques préceptes de Plaute et du plus grand Ovide.

Le Moyen Âge occidental inventa l’amour : certes, comme un moyen d’exacerber la sensualité, mais pour la tourner vers ses émois et ses vertus plus spirituels. Les techniques poétiques de l’"amour courtois" surent jouer de la fascination pour la dame, comme un archet sait jouer de l’instrument. Charles Baladier nous montre l’amant médiéval qui se pressait au "déduit" (le lieu de l’amour) pour le "devis" (la conversation amoureuse). Et certes, ce féal de sa dame était tout contendu vers une sexualité charnelle, mais qu’elle restait toutefois problématique. A toute fin de pouvoir sublimer la libido, et pour parvenir à une rencontre gymnique assez : d’une aérienne et rare conjonction de la sensualité alliée à la religion.

L’oeuvre majeure de ce projet est le "Roman de la rose" qui fut conçu par la main raffinée de Guillaume de Lorris en 1230, puis il a été repris d’une autre main, plus grivoise de Jean de Meung, et quarante ans plus tard quand le ton littéraire avait tenté son primesaut plus paillard. Ainsi, dans ces oeuvres de l’amour courtois, tout y est paradoxe et la rencontre d’une savante union des opposés : puisque la femme y est incitée à l’adultère ; et, la subversion presse-t-elle les clercs vers leurs moeurs dissolues de goliards ; aussi, les fabliaux, moins innocents que poétiques, soutiennent-ils la débauche gaillarde ; et finalement, l’amour courtois tend à la libération sexuelle satirique. Vers le sentiment d’un Ronsard qui se serait comme mêlé au choc plus physique et odorant des textes de Rabelais. Et toutes ces influences s’y pressèrent conjointement, à nouveau, dans la plus subtile annonce du libertinage du XVIIIè siècle par Clément Marot.

Par quoi, Jean-Paul Goujon y vient vite, à ces "dames galantes" de Brantôme, et aux courtisanes, telle Ninon de Lenclos, qui versèrent tout le libertinage dans le chaudron rosé où l’on distillait la libre pensée. On y cuisina la neuve tendance des moeurs sous Louis XIII, qui mirent le feu aux poudres qui s’espaçèrent en deux brûlots appostés : d’une part l’érotisme suggéré et à l’autre bord l’érotisme critique, plus souvent clandestin car réprimé. Certes, après la vis serrée par Mme de Maintenon à la cour de Versailles, on se banda soudainement pour une véritable libération sexuelle ouvertement festive sinon lubrique, et dès l’instant libératoire qui suivit la mort furtive de Louis XIV. Et, ce furent, le libertinage, l’anticléricalisme, la tolérance, les livres érotiques ou d’apprentissage sexuel dont la cour se raffola à nouveau : et par le biais d’une lente et intime exigence des femmes, qui s’exerçait enfin sur la plus haute classe de la société.

De ce pied-là, elles menèrent au retour à plein drap du libertinage, qui sut s’adoucir tantôt en une sensibilité complice de la "Nouvelle Héloïse", par Rousseau, ou que ce libertinage put se durcir tant qu’il le voulut, en ce dard furieux du radicalisme anti-chrétien de Saint-Just. Ce qui serait comme de dire : que la volupté put s’accomplir en de terribles accouplements, en sorte de "Liaisons Dangereuses" comme Laclos nous en donna les textes épistoliers qui restent le chef-d’oeuvre absolu de la littérature libertine. Au terme de ce XVIIIè siècle plus libertin que grivois, on vit surgir, comme depuis les lacets enfin déliés d’une braguette obscène, le marquis de Sade qui jettera le tout de cette Bastille pâmée, et bientôt vacillée, dans le sexe mondifié de notre modernité, assez pornographique. Et, aussi paradoxalement qu’on veuille bien le sentir, par le biais lascif et tout-puissant d’une incitation féminine qui serait toujours sous-jacente aux temps des libérations sexuelles.

C’est, naturellement, le verbe flirtant de Jean-Jacques Pauvert qui sait nous dire de cette licence d’aimer. Pour dire simple : en 1790 on abolit la censure. Et pendant dix ans, ce fut "le silence des lois" selon Sade : des pamphlets politiques et obscénités jouirent librement d’un temps : qui autorisa le divorce ; qui donna à lire les premiers romans érotiques féminins ; et qui fit la couture extravagante de transparence des robes des "merveilleuses". Quand Napoléon referma, en un tournemain, la porte des béances à découvert, on versa vite dans la nostalgie de la plus véhémente culpabilité romantique. Et, dans le même temps, qu’on redécouvrait Casanova et qu’on s’interrogeait autour de l’étrangère puissance féminine de Georges Sand, la société bourgeoise se pressait, soit au "French Cancan" et ses photographies des réalités crues, soit à la Gazette du Tribunal des ligues de vertu : car là, on y battait le fer rougi des procès à Flaubert, puis à Baudelaire pour leurs textes licencieux, avant de tout lâcher leur proie aux fauves Zola et Maupassant, les "professeurs de pornographie" .

Au début du XXè siècle, la censure revint en 14. Puis entre-guerre : les années folles à Paris — où l’on savait enfin guérir la syphilis — surent attirer les plus grands écrivains érotiques à Paris. On y publiait "L’Amant de Lady Chatterley" de Lawrence, et le licencieux Henry Miller y était en grand’ maraude de garçonnes. Avant 39, Daladier remit le couvert de la vieille censure qui brisa le bal, car elle annonce toujours la guerre. Et, il fallut attendre la présidence Pompidou, pour goûter, à nouveau, au refrain des moeurs plus adoucies, et encore par l’initiative de femmes : soit par le féminisme. A l’ensuite du beau mois de mai 68, la libération des moeurs, bien-ordonnée par l’usage de la pilule contraceptive, et la lente légalisation de l’homosexualité se tracassèrent à la nouvelle formule très-confuse de la censure post-sida, des années 80. Puisque cette censure s’imposa par l’entremise d’une complexion sociale si transformée et rongée par l’urgence paniquée. Ce néanmoins, que l’on sait désormais la fidélité jetable, comme elle serait inscrite dans les gènes de la masculinité et que, d’une autre main, nul ne saurait plus ignorer les exigences de la plus longue ou de la plus insistante jouissance féminine. Ce qui n’est pas rien comme évolution littéraire, quand aujourd’hui, la plupart des auteurs de romans érotiques sont des femmes.

En contrepoint : Malek Chebel nous apprend, dans ce recueil, que l’islam réservait le meilleur accueil à la sexualité épanouie, qui était encouragée dès les premiers discours coraniques. On songe au "Ilm al-Bah" ou la science du coït, dans laquelle la masturbation, l’homosexualité et le cunnilingus sont évoqués pour la recherche de l’épanouissement. On prolonge ce débat dans une suite islamique de personnages infiniment raffinés : des Udhrites et Zurafa, et d’autres théologiens de l’amour dont al-Ghazali qui sut promouvoir le sexe et la transgression, soit le vin aussi, de Médine à la Mecque. On s’éjouit comme on s’émerveille par la lecture des rapports délicieusement vétilleux de la psychologie amoureuse, et de ses recettes aventureuses, par Ibn Hazim. Une autre pierrerie précieuse : Ibn Dawûd codifie un amour courtois qui annonce déjà la sublimation psychanalytique. Et, l’amoureux Mâjnun est tellement fou de l’aimée, qu’il est attiré jusqu’aux limbes de la mort elle-même, et qu’il y trouva et Shakespeare et Stendhal dont il nourrit leurs oeuvres. Finalement, ce sont des phénomènes régressifs, probablement dus à la colonisation et aux influences ottomanes, qui menèrent au déni de cette "culture du lit". Un lit d’une littérature épanouie qui avait entremis les femmes en rôles centraux d’incitatrices des plus grandes libertés érotiques, et dont on attend avec ferveur qu’elles retrouvent enfin ce rôle majeur : dans les "Mille et Une Nuits" ne sont-elles point les maîtresses de leurs propres désirs et des hommes ?

Dans cette somme sur la littérature érotique, Philippe Cornu y parle encore de l’Orient et donc du sexe sacralisé. Du fameux Kâma Sûtra, trop ignoré dans sa charge littéraire, aux estampes de Hokusai, jusqu’au dernier "Empire des Sens" d’Oshima : en lesquels on sacralise du sexe sur deux modes — soit ascétique soit "tantrique" ou permissif — mais deux approches qui seraient conjointes : et dans laquelle conjonction, le féminin prédominerait puisqu’il paraît une meilleure ouverture vers la sagesse de l’accueillante vacuité. De l’Inde à la Chine et dans cette "conjonction alchimique" : le désir y serait transmué en félicité ou en éveil. Pour y satisfaire : l’homme devait retenir sa semence, alors qu’à l’inverse les flux séminaux féminins et leurs orgasmes abondants étaient conseillés pour nourrir chimiquement l’"embryon de l’immortel". Enfin, ces sagesses très-antiques nous disent que le sexe et sa pratique régulière entraînerait l’entretien de la meilleure santé et donc de la longévité. On s’y donne donc une si une bonne médecine, qu’on ne laissera point de trop la pratiquer.

Cet opuscule malin du "Point" s’achève sur un bref survol de la mode porno-soft dans les médias du XXIè siècle, et de la littérature érotique qui est tenue fermement par des femmes qui représentent non moins de 80 % du marché littéraire érotique. En phare alexandrin : Catherine Millet érotise sa vie selon ses fantasmes au réalisme d’hétaïre, et quasi hagiographique des privautés peoples. Enfin, on nous termine, si j’ose dire, par le "Cyberérotisme" mixé au cinéma érotique, qui est tout simplement sur une pente porno qui est distribuée, à peine sous le manteau, et désormais jusque dans les cours de récréation : car tout ça fait bien vendre et se vend bien : puisque c’est ce constat qui fait raison suffisante dans notre société du Marché.

En conclusion de cette lecture, il nous est apparu qu’entre la symposia érotisée et le déchaînement du sexe, en pleine lumière crue, il est une voie érotique qui nous mènerait, effectivement, jusqu’aux cieux de la plus haute spiritualité. Car, elle y serait réconciliée avec la chair et la sensualité même. Et, c’est bien la culture répressive paulinienne, qui était d’origine antique et grecque et non-pas orientale, qui mis cette regrettable teinture d’interdit aux pratiques sexuelles dans l’Occident chrétien et dans ses colonies, pour maîtriser la nature animale. Aussi, pour parfaire cette maîtrise forcée de la sexualité, on empêcha d’abord les débords de la sensualité féminine, que l’on jugeait trop exigeante ou trop envahissante. Voilà le problème ! et, a contrario, voilà par quel rebours on pourrait y passer quelque solution : car cet ouvrage sait nous dire, clairement, qu’il faudrait encourager la libération de la femme, puisqu’elle mènerait à droit fil à la libération de l’érotisme lui-même.

Pour autant, le ton de ce hors-série "sur l’érotisme" est si modéré et à reprises, par ce même discours du soft, qu’il insiste trop sur le caractère d’auto-censure de l’érotisme : certainement pour ne pas avoir à dire ou à montrer la chose de quoi nous parlons. Le ton de la littérature et érotique signerait donc les moeurs collectives et les esprits singuliers de chaque époque. Et finalement, l’hypocrisie et la censure se redressent-elles aussi sûrement que la queue du chien sait toujours reprendre sa forme naturelle. Et, selon les deux termes étrangement conjoints dans l’érotisation du réel : la rétention alliée à la libération, quand ils alternent à secousses en des postes successifs et savants, pour mieux susciter du désir sans fin.

Demian West

Les Médias transmigrent aussi.

Il est un fait que l’on pourrait communément observer, et dans les débats menés autour des transformations de la société par les nouveaux médias, dont l’internet : que nous nous situons souvent, soit du côté qui prévoit un avenir optimiste et mus par des accents très lyriques, soit nous serions en poste et en tunique du prophète furieux qui exhorterait son public contre les pires conséquences orwelliennes de la société de l’information déjà dérémisée. Et, selon une mode qui annoncerait tant de malheurs à notre portail, pour ficher vraiment la grand’ trouille, comme il convient pour nos temps très bousculés.

Aussi, que l’on se trouvât replié dans une fratrie, et ce serait toute la qualité de l’avenir que nous prédirions qui en serait aussitôt enchantée. Ou à l’inverse dans l’autre camp mais des philosophes plus renfrognés, notre conception du même avenir pourrait être symétriquement troublée par nos peurs les plus paniques. Autant dire que ce sont nos sentiments eux-mêmes qui se sauraient transformer notre avenir ou le coucher du côté qu’ils voudraient et à leur guise, et ceci avant même que cet avenir aurait su ou aurait pu nous transformer un tant soit peu, en retour. Tant et si bien, que nous devrions vite admettre : que nul ne saurait vraiment nous dire comment il sera notre futur, et avant l’heure, sinon pour communiquer ses propres fantasmes, tellement nous sommes agis ou nous sommes émus par nos propres craintes ou nos espérances plus fantasques encore.

Le champ le plus perlaboré, ou le plus travaillé par nos peurs collectives ou archétypales, est probablement le monde ou la sphère des techno-sciences qui savent mêler, si délicieusement et troublement, l’organique au mécanique. Désormais, l’organe et la mécanique sont si entretissés qu’ils ont pris possession de notre plus intime chair ou de notre plus intime identité, que nous pensions pourtant le sanctuaire le plus inexpugnable de la personne humaine. Et, selon un mouvement initié par le premier penseur qui osa concevoir, si philosophiquement, un animal mais mécanique, plutôt que cet animal fût animé par une âme surnaturelle convenue jusque-là. Et ce fut un apport majeur de Descartes, et tout par son entreprise d’une raison qui décida de s’espacer pour elle-même, en soi ou qui s’est appliquée à ses propres questionnements, et sans devoir des comptes intéressés à quelque empire ou à quelque divinité gardienne des moeurs. Ainsi, Descartes sut-il mettre, comme en leur meilleure veille, les très-antiques nécessités morales ou éthiques, lesquelles nous imposaient maints tabous et toutes portes interdites si définitivement closes à la science, aux arts et aux techniques.

Par ce nouveau regard ajouté : on put enfin lire que les esclaves de l’antiquité étaient déjà, et en acte, des sortes d’hommes mécaniques, mais sur le mode animal. Car, ils remplaçaient la force de travail animale, et non point une quelconque force mécanique, proprement dite, puisqu’elle était quasiment inconnue ou si peu diffusée.

Tant et si bien qu’aujourd’hui, c’est notre seule conception contemporaine qui saurait, enfin, faire l’analogie entre l’esclave antique et le robot tout-mécanique et angoissant : car tout pour nourrir nos peurs d’un avenir contraignant. Comme le récent épisode des DRM ajoutés aux médias numériques l’a laissé librement exprimer, et par tous les commentateurs inquiétés par ces nouveaux modes du contrôle contraignant, qui en ont dit dans les colonnes d’AgoraVox.

Ainsi, souvent on ne comprendra la chose qu’après-coup. De la même façon, nul ne pouvait penser qu’un bel objet de la technique avait un beau design, avant la naissance de ce concept de "design", soit dans les années 1930 au "Bauhaus" de Walter Gropius à Dessau. Et ceci, même si le "Portefeuille de Vaucanson" et ses aquarelles représentant des machines illustrées par Dromard ou les dessins et gravures de Goussier pour l’"Encyclopédie" ont été présentés par Victor Hugo, comme des travaux et dessins techniques qui seraient un jour reconnus au premier rang d’oeuvres de l’art le plus intellectuel et du Beau et du Bien. Ce qu’ils sont aujourd’hui...

De la sorte, comme Victor Hugo qui avait pressenti le design, il apparaît que nous pourrions vivre dans une réalité qui saurait donc être là — nous dirions en acte — et avant même que nous en comprenions tout le... ou les concepts achevés. Et donc, avant que l’Idée vive ou réelle, qui en est le fond, se présentât à nous en des termes bien ou mieux définis ou plus précis : mais souvent plus tard, et parfois après des siècles de tranformations de ces concepts mêmes.

Aujourd’hui, nous admettons aisément que la technique numérique puis prothétique pourrait nous dépasser, et pourquoi pas : que les concepts, qu’elle recouvre, sauraient aussi, nous dépasser de la même main, et ce pendant que nous serions déjà entièrement baignés dans leurs formules de lois et au plein dans la nouvelle société sinon des univers des gens et des objets numériques, que nos usines de l’immatériel fabriquent avant même que nous puissions en comprendre toutes les conséquences, et bien que nous les amenions par là-même.

La sagesse dirait, qu’il faudrait donc se garder de trop entrevoir, ou trop hâtivement, un futur que nous dirions trop certain. Car, il ne pourrait être conçu que dans les formes que nous lui attribuons, tout par nos rêves hypnotiques et fascinants qui se jouent souvent au cheval échappé, alors que nous serions encore ignorants de ce qui serait considéré comme : le vrai art ou la vraie technique, d’aujourd’hui c’est-à-dire de demain.

Pensons donc, à tous ceux qui ont pu croiser Van Gogh, en son temps, quand les contemporains de cet artiste pensaient à croiser une personne à tel point négligeable puisque d’apparence négligée, qu’ils se pensaient ou qu’ils se voyaient... ne pas même le voir, comme transparent ou inexistant. Alors qu’ils venaient de voir ou de fréquenter pas moins que Van Gogh en personne, et en ses oeuvres les plus invendables puisqu’il n’en vendit aucune. Pourtant : c’était bien lui, l’art le plus explicite de son temps et qu’ils venaient de le rejeter, lui, le plus grand art selon des conceptions qui viendraient à se former puis à se diffuser et à s’espacer, seulement quelques décennies plus tard, et quand beaucoup de témoins seraient morts.

Enfin, l’art de notre XXè siècle, dont nous venons presque tous, n’est-il pas plus sûrement contenu dans les médias télévisuels et si banalisés partout dans nos salons chez nous, plutôt qu’en des galeries d’art vouées résolument à leur non-public. Certes, ces télévisions à bride déchaînées, qui s’achèvent en une orgie de médias entretissés, font art, quand bien même fussent-elles des spectacles trash ou triviaux comme jetés dans les plus basses-fosses du divertissement, si mécaniquement horloger que publicitaire. Vrai, la télévision semble bien le plus manifestement : l’Art de la fin du XXè siècle. Si l’on considère que nous y fûmes tous si rassemblés et si régulièrement, pour nous y nourrir de nous-mêmes et d’autrui. Certainement, verrons-nous confirmer, bientôt, ce concept-là, si ce n’est aujourd’hui : à cette heure où nous assistons, aussi certainement, à la brutale transmigration de cet art et tout vers l’internet. Et, pour la simple et meilleure raison suffisante, que nous pourrions enfin y réagir activement, pour nous y incarner, ou pour y transmigrer dans nos interventions et commentaires, que nous jetterions comme autant de tomates désinvoltes tout-contre les programmes qu’on nous imposait jadis comme des stèles en béton précontraint. Mais, afin que nous les sculptions, désormais, et selon ce nouveau mode citoyen de la taille plus directe qui critique et qui modèle les médias. Et, à ce qu’on dit tantôt : ce mode citoyen parle parfois sur un ton d’une telle franchise et si désarmante qu’il sait diluer et qu’il coule des plus fortes maisons de maçons, qu’on disait en béton dans l’ancien monde des maîtres-bâtisseurs un peu rebattus.

Ainsi, quand Warhol lançait sa prédiction, reprise sur tous les tons et à secousses : que chaque Monsieur Machinchose ou que chaque Miss’ What’dye’Callum auraient leur quart d’heure de célébrité à la télé, il balançait le tout-cash du tournant du XXè siècle. Quand déjà au XXIè siècle, chacun aurait toujours son quart d’heure de célébrité, mais qu’il serait tout-de-suite suivi d’un grandiloquent démontage en règle et très rigolo, car balancé par des citoyens-mécanos anonymes sur leurs drôles de machines. Puisqu’il est un avantage remarquable et si enregistrable de la nouvelle société de l’information : c’est que nul ne saurait plus se poster à l’abri ou à couvert derrière son écran ou son moniteur, pour se poser en maître ès-informations ou mieux encore en maître ès-certitudes. Puisqu’il est fermement exigé qu’on en réponde de nos infos, ou, à tout le moins, qu’on y réponde en toutes suites de commentaires ajoutés, et qu’ils interagissent tellement jusqu’à pouvoir mettre le branle à toute la sphère média, sitôt mise en mouvement comme une nouvelle roue de la fortune...mais des neuves réputations.

Enfin, nous assistons ou nous agissons, tous citoyens d’ensemble, comme pour amener une nouvelle manière de concepts plus mouvants et moins dominants, et donc moins mécanisés ou plus organiques. Et, dont nul ne saurait nous dire entièrement quels sont les derniers concepts ou moteurs nouveaux et définitifs qui y oeuvrent, par le fait qu’ils sont des flux mouvants et vifs, et donc toujours changeants et transformateurs sinon insaisissables. Et, ce semble une vision d’un avenir qui nous informerait mieux, tout en nous divertissant mieux puisqu’il coulerait, enfin, simultanément des deux côtés de l’écran, ce qui semble plus conforme à la vie. Ainsi, nous serions parmi les siècles au XXIè, et qu’il ne serait pas si orwellien, ni si pessimiste non plus que désenchanté. En tous les cas, pour tous ceux qui aimeraient à surfer dans les nouveaux flux qui fantasient notre vie internetisée qui se sait à nouveau transmigrer...

Demian West

Monday, June 26, 2006

Vers un Droit des NetAuteurs

L’apparition des nouveaux modes de diffusion des oeuvres numériques, plutôt que d’ouvrir des portes du paradis culturel, a déclenché des hostilités à peine couvertes par des procédures parlementaires, entre le public des internautes et les acteurs du monde artistique.

D’une part, nous voyons une fronde diffuse des troupes innombrables de la génération accoutumée aux échanges sans retenue. N’avait-on pas incité cette génération au téléchargement et à la copie ? Par des dispositifs destinés à la diffusion même du nouveau médium internet. Nous voulons dire que pour étendre et espacer l’internet, il fallait bien user de cette carotte-là, bien qu’elle fut illégale ou non-encore légiférée pour ce médium, selon le principe du "laisser faire" propre aux développements des systèmes capitalistes. Dès lors, on peut comprendre la douleur de l’arrachement que subissent, aujourd’hui et à la suite des débats autour de la loi DADVSI, ceux qui auraient été nourris à ce lait-là.

Depuis le mileu des années 1990, toutes les revues et organes informatiques ont titré régulièrement sur l’évolution des procédés et outils permettant la copie et le téléchargement, bien que le droit d’auteur en ait toujours interdit l’usage, et pour toutes oeuvres protégées. Et dans ce "Droit de la Propriété Intellectuelle Littéraire et Artistique" : une oeuvre est protégée, dès qu’elle est manifestée dans la forme, même si elle était manifestée dans une matérialité plus subtile. Etant entendue que l’oeuvre numérique n’est pas immatérielle, car elle est manifestée dans une matérialité que l’on dira électrique, ou plus subtile et immédiate. Et donc sa forme serait encore plus manifestée, si l’on considère qu’elle peut être espacée presque infiniment. Ce qui signifie de fait : plus de manifestations. Et donc, ce droit devrait-il s’appliquer à une plus grande échelle, plutôt qu’il devrait être dissout.

Aujourd’hui, le peuple internaute ne comprend pas que les auteurs réclament leur droits. Et, les téléchargeurs se révoltent, puisqu’ils ont été incités à des comportements illicites, durant la décennie qui vit l’espacement de l’internet sur toute la planète, et au-delà vers les mondes virtuels . Aujourd’hui, les parlements statuent sur ces comportements qui ne seraient plus de saison. Tant et si bien, que ces copillages sont même explicitement illicites, voire qu’ils ont versé dans la délinquance, donc sans plus aucune tolérance.

Pourtant, nous pourrions ajouter, que dans ce monde des échanges libres sur l’internet : nous y constatons et nous en apprécions des commentaires, des mots, et des objets virtuels qui pourraient être considérés, au premier rang, comme de l’art. Et, il est très notable et nouveau, de voir que leurs auteurs ne songent, presque jamais, à diffuser leurs inventions de toutes natures, à des fins rémunératrices. Si bien qu’ils en font dons à la communauté des internautes, puisqu’ils considèrent leurs jets ou gestes comme des manières de liens qu’ils tisseraient entre-eux et qui les mettraient en communauté. Dès lors, on comprend mieux cette blessure qu’ils ressentent, quand les nouvelles règles, imposée par les politiques, trancheraient, en quelque sorte, ces liens, vitaux pour certains, car ils les relient ou ils les connectent entre-eux. Comme, si ses liens ou flux étaient constitutifs d’une chair immatérielle de leurs désirs vers l’autre. Ou en d’autres termes : comme si ces liens étaient constitutifs de nos pulsions libidinales ou de nos sentiments qui forment notre nouvelle société internaute.

Les arts seraient donc postés sur un seuil, comme entre deux espaces vitaux.

Car, en face, nous voyons rassemblés tous les artistes. Non-pas les occasionnels, mais les artistes permanents et professionnels : c’est-à-dire les créateurs qui, par vocations natives d’abord, puis par choix, sont poussés par leur nécessité intérieure, puis professionnelle, à vivre de leur travail, ainsi que d’en faire vivre leurs familles. En conséquence, ils payent des charges et des impôts, et ils sont contraints à la constance soutenue d’une activité professionnelle, qui exige aussi qu’ils se renouvellent pour garantir l’originalité de leurs créations, aussi pour le plaisir de leur public. Ainsi, les artistes professionnels sont rémunérés, d’une part, par la mise en oeuvre ou par la création des oeuvres vendues, puis, d’autre part, selon les droits d’auteurs qui rémunèrent l’utilisation des oeuvres par le public, par des droits qui ne sont pas facultatifs, puisqu’ils sont une part essentielle de leur rétribution.

A la vérité : la plupart des artistes vivent dans la précarité ou dans des conditions de vies qui seraient plus proches des modes de vie des populations du tiers-monde, mais en plein occident. On ne saurait donc soupçonner qu’ils s’enrichissent aisément. Et , c’est pourquoi, ils ne sauraient être, sans autre formule de loi, ni contraints ni incités à offrir leurs oeuvres, ou à les laisser en libre-accès, s’ils ne le désiraient point. Et selon le mode d’appropriation qui semble en vigueur sur l’internet. Aussi, les artistes se trouvent-ils, désormais et plus ou moins, en rupture avec le nouveau mode de diffusion des oeuvres sur l’internet, sauf à casser les dispositifs et règles qui leurs garantissent leur subsistance.

C’est pourquoi, nous considérons que le conflit d’intérêts, autour des droits d’auteurs — ou ce conflit entre Majors et téléchargeurs — est en passe de causer le plus grand mal aux artistes. Alors, que les artistes semblent être la clé d’une plus sûre et plus sereine sortie du conflit. Puisqu’ils ont tissé des intérêts, certes pécuniaires, mais surtout affectifs qui les lient à ces deux parties : d’une part à leur nouveau public et, d’autres part, aux diffuseurs. En effet, les auteurs savent que la diabolisation des diffuseurs se construit sur des mythes destinés à créer des peurs sans objet. Car, l’artiste qui voudrait évoluer et se faire connaître, au-delà d’un cercle restreint, ne pourrait y parvenir sans l’aide ou sans l’assistance des compétences et des réseaux des diffuseurs : sans les diffuseurs beaucoup d’artistes seraient, tout simplement, assez incapables de "se vendre" au public, voire de contrôler les flux des amateurs d’art, sinon de maîtriser les échanges pécuniaires. Car, c’est une chose de créer, quand c’est une autre compétence : de vendre.

Il ressortirait donc de cette discussion vive assez : que ce sont des effets de monopoles autoritaires qui auraient, vraisemblablement, favorisé le conflit en des oppositions d’intérêts trop radicales : entre autres, le monopole de la dévoration par les téléchargeurs qui devrait être modérée ; aussi, le monopole des Majors ou des pouvoirs qui les auraient installés par des systèmes de lobbies dominants ; enfin, le monopole d’un droit d’auteur qui limiterait à l’excès la diffusion des oeuvres et donc de la culture sur le net.

C’est pourquoi, nous pensons que, dés lors que la loi DADVSI serait appliquée, elle saurait, immanquablement, évoluer au gré des jurisprudences, et selon le principe du "laisser faire" qui est un corollaire du système capitaliste, puisque, traditionnellement, il en éprouve bien sa tolérance. La loi DADVSI pourrait alors être entendue, comme un rappel, en urgence et nécessaire, du droit des auteurs et des diffuseurs, qui aurait été mené par les instances politiques, en raison des abus qui étaient devenus la règle sur l’internet.

En revanche, le médium internet, et ses ligues d’internautes, sauraient mettre en lumière quelques points qui contrediraient la pertinence de cette loi, que d’aucuns pourraient dire hâtive. Et, laquelle loi irait tantôt à l’encontre des modes singuliers et spécifiques du nouveau médium internet. Alors, nul ne saurait douter que ces contradictions apparaîtraient, l’une après l’autre, selon les cas singuliers qui seraient débattus par les tribunaux, et qui amèneraient des jurisprudences, comme il convient. En des ajustements qui allègeraient puis transformeraient les dispositifs trop contraignants de la loi en vigueur.

Et durant ces débats ultérieurs à la loi, pour étendre une justice plus diffuse dans le temps, les artistes conserveraient la protection de leurs oeuvres par le droit des auteurs. Ce pendant que ces mêmes auteurs auraient toujours le choix de diffuser certaines de leurs oeuvres, qu’ils auraient choisies à cet effet, dans l’internet, pour se faire connaître par l’effet du buzzing. Certes, sans demander que ces oeuvres soient rémunérées par des droits d’auteurs, mais, en veillant à ce que ce choix et cette condition de diffusion soient bien-spécifiés, comme c’est l’usage. Car toute oeuvre reste protégée, même si elle n’a pas été déposée, et dès sa manifestation dans la forme.

Enfin, c’est à l’artiste, souverain selon le droit, qu’il revient de décider seul de la déposer ou non, dans le domaine public, puisqu’il en est le créateur et le père. Finalement, tous ces ajustements iraient vers la constitution d’une manière de nouveau "Droit des NetAuteurs" : mené à terme, comme si tous les internautes du débat, et jusque dans son conflit même, oeuvraient d’ensemble à sa manifestation ou à sa constitution.

Demian West

Thursday, May 25, 2006

Neuves pensées impensables de Demian West dans la presse du proNetariat



Demian West picks up girly Castin'

à un drouguie qui a vu Laetitia Casta shoper des livres en ville...

Je suis frustré à mort par votre article, quand je déplore que vous n’avez même pas tenté de causViter avec elle, un malenky petit peu...

Ca devait être la tzarrible tempête dans votre tête de gulliver. Mais franchement, votre article me donne l’effet d’une annonce d’un super-match de foot qui se solderait par un match-nul genre rien-du-tout. Surtout que je ne regarde jamais de foot: c’est dire que vous m’avez creusé l’inconscient des vieilles libidos et sans me coller un but du fond bien qu’il ait des filets partouze.

J’aurais préféré que vous nous racontiez votre dernière drague et en ses suites favorables, que j’aurais trouvées plus fameuses ou célèb’, voire people, plutôt que cette histoire de cinoche à grosse caisse avec ses gros souliers à talons emmi (parmi en vieux françois dragueur) la grosse coupure genre: coupez!

Mais c’est juste mon avis de lecteur qui aime lire de belles histoires avec des détours zoum zoum bézoumnis et surprenants.

Je n’ai pu vous commentater hier, car, j’étais pris par tous mes endroits les plus chers: jugez-en. En patientant pour un rendez-vous d’affaires artis’, j’ai pu jouer une dizaine de parties de babyFoot des veilles cantines, avec une top-modello qui boss avec van soi-même. Et, franchement c’était un gouffre d’érotisme vésuvien genre l’Etna fâché, quand elle marquait dans mes filets et que ça critchait plonk’, et que polit’ retenuement, j’allais lui chercher la balle pour remettre ça.

Et en plus elle aimait surtout ma façon de faire tourner mes p’tits footballeux, et nous somme convenus d’ensemble que le flipper ça doit être pas mal du tout aussi, pour des intellos genre artis’...

Demian West th'ClearString Affair

à un journalitoyen qui a vu plein de morts, jetés par la fenêtre et les volets sinon du viokcho cancer, autour des marchés des frégates dans les clairs streamy...

Comme tu peux t’en douter, puisque tu es maître ès-enquêtes, je suis un grand lecteur des aventures de Sherlock Holmes. Et, en suivant sa méthode hypothético-déductive, il devient clair, comme le plus duit des stream, que c’est la faute: d’une part, de l’attraction terrestre qui ne pardonne pas quand on excède ses étages, et d’autre part, aux rayons chimio-trèsRapides. Et incidemment, aux volets qui nous roulent trop par les temps qui frégatent.

J’espère que tu n’auras pas quelque pulsion du casino, à tenter l’escalade de la face nord de ton appartement, ni de tenter d’huiler tes volets paraventure, non-plus que de gagner un week-end si paradisiaque que définitif sur les sites du médecine-man dompteur de crabes & cobras, ces jours proches: car ce serait plus que de la gourmandise, ce serait gastronomique genre la grande bouffe organisée par les services tout ce qu’il y a de plus discrets...

DW Yuro WizVision

à propos du prix de l'Eurovision trash assez cette année et présentés par Micky Drucker des anti-rollin'stona...

De toutes les façons, ce n’est pas Michel des vieilles familles des Drucker que vous voyez à la tivi-foot des salons, mais bien son cloneBrethren.

Car l’original a été momifié dans les ateliers du Kremlin, par les suttle spécialistes qui ont bien-conservé le drouguie Lénine des vieilles stalina, dans le formol des plus sûrs Gogols.

Plus simplement: la zone des nano-cortex, du starrie Micky’, qui est en charge de ses réparties karacho gavaritées au débotté classy, n’est pas encore au top-des-modellos. C’est ce qui lui donne cet air viokcho et un peu du temps d’avant le plastique... qui était plus lent que Nowadaies.

Demian West de la SouissGeneva

à un comentActor raciste qui ose critiquer l'art contemporain de nowadaies...

Joint: le comentActor Scipion des vieilles adolfiques très fâchées qui fait oeuvre malgré van lui-même: d’art contemporain mais surtout des contemporains merdskoïs.

Ce qui est désormais manifeste: c’est que tous ceux, dont vous parlez en liste si bien-documenteuse, s’expriment publiquement, alors que vous n’oseriez pas dire le plus petit slava de votre gueuloir en presse des foules: En public et à découvert.

Car, le Scipionique forlongé nuit à la santé, quand on en a un lopin.

Genre gravure à l’acide des nitriques-matraqueuses électriques et franchement pétochardes.

Slutement

DW th'BigBroth'Translator

La traduction d'après le dico-des-nerfs de DW ...

Traduction à l’usage des bien-entendants.
Scipion (qui se donne son propre genre mal-propre),

J’ajoute: le commentateur actif Scipion qui est manifestement réactionnaire, si qu’il fait oeuvre malgré lui: d’art contemporain mais surtout pour nos contemporains les plus mesquins et misérables.

Ce qui est désormais manifeste: c’est que tous ceux, dont vous parlez en liste si bien-documentée — mais uniquement pour servir votre propos — s’expriment publiquement. Alors que vous n’oseriez pas dire le plus petit mot de votre harangue face à la foule: soit en public et à découvert.

Car, le Scipion insistant nuit à la santé, quand on en a un peu.

Comme le fait la gravure à l’acide nitrique qui cogne comme une matraque électrique dont jouent surtout les faibles plus anxieux.

Cochonnement

DW sert les services discrets

Sur le même sujet du royaume qui n'en est pas un : ni sujet ni royaume...

Chers collés acoués par toutes queues,
Pour une fois der-des-fois: soyons mal-honnêtes.

Reconnaissons ce qui apparaît dans cette suite artificières de commentaires arti-fessiers si révulsés de bonheur, mais tout ce qu’il y a de plus retenuement et polit’.

Nous sommes tous et d’ensemble, comme qui dirait, passés à travers le toit: tellement c’est bon que l’Eurovision se soit explosée en plein vol. Car, elle tournait depuis trop longtemps dans ses approches aéroportées, par très mauvais temps... et gros en plus malgré son régime chwouette-vacher...

Maintenant, il ne s’agit que de convenir, du plus important à dégager de ces événements cas-taudiques: il serait question de déduire l’âge du capitaine, vu qu’il se flinguait à coup de seringue d’extrait de puma addict aux barbus-turques, depuis des carlingues du temps qui tourne tictac tictac.

Moi je pense qu’il avait au moins sept des siècles, genre patriarche vétéro-testamentaire qui cumulait les spousas et leurs copinettes ancillaires.

Encore un bon-coup du Gode-Da-Vinci des neuves conjouissances, orfévri par Dan'Michet Drucker.

Autrement dit des terminaisons à laser: Que cettui qui n’a jamais zappé, me jette la première madeleine.

DW on th'Billard

à un drouguie qui me remercie d'avoir fait la diagnose FreudChienne de Scipion...

Oui! je regrette un peu, car c’est dur d’opérer tout-de-suite une âme si sensible et meurtrie de Scipion.

Mais, j’avais tous mes outils et scalpels dehors, et j’ai fait ça selon les soviets du Doc'Luv’Cigar Freud, qui conseillait la psychanalyse sauvage même sauvageonne un peu.

Et si je vous dis que j’ai fait ça pour aider la société... vous ne vous moquerez pas genre me gronder l’hypocrite?

DW artis'hits th'Cash

à un pseudo-éditeur qui casse le droit d'auteur pour le cash vitement tout-pour-lui...

Vous aussi, vous entrez dans ce bal tragique: de ceux qui parlent au nom des artis’ sans en être partie.

Vous nous faites l’effet de grands frères qui ne laissent aller leur petite soeur que du bout des ongles, vers leur petit buddy genre copain. Tellement vous infantilisez des catégories que vous ne re-connaissez pas.

Le présupposé est infantilisant et donc inadmissible. Occupez-vous donc de prospérer dans vos affaires, plutôt que de disserter sur les nôtres, dont nous savons nous occuper seuls: dans la société de Marché qui réussit aux meilleurs.

Cessez-donc de faire les pleurards pour nous. Vous nous porteriez un certain tort, en tentant de vouloir notre bien, alors que nous ne vous demandons rien du tout de rien néantNoughtNichevo.

DW the Fox in th'NetBox

au même qui osa médire du Grand La Fontaine des vieilles escolioses...

Vous pensez le terme "affaire" peu compatible avec le mot "artiste". Et donc, vous nous dites-là, le plus clairement, la façon dont vous envisagez de traiter les auteurs de votre catalogue, quand il sera bien parfourni, et tout pour vous enrichir.

Il vous suffira de bien-dire à vos artistes et poulains: que les "affaires" c’est pas bien, et l’argent encore moins, si presque sale.

Comme vous avez pris la leçon des maîtres du capital, qui ont tous commencé petits et charmants comme vous: tout droit issu du Paradis des arts véritables.

C’est un vieux coup de la pseudo-morale des maîtres du capital: de dire que l’argent est sale pour que quelques naïfs y croient, pour qu’ils le délaissent aussi vite dans le pur esprit de chevalerie, qui est surtout l’esprit de se faire blutter ou se faire avoir. Ce pendant que le maître fédérateur se goinfrera des bénéfices qu’ils lui ont abandonné comme un montjoie.

Relisez La Fontaine et son rusé animal qui sait renauder. Il y en a d’autant sur le net, pour-sûr.

Demian West luvs th'in-law

à un passant qui paume rien à la lingua Demiana du foutur...

Comment pourriez-vous apprendre de moi en ne comprenant pas le sens de mes propos et de mes attitudes liées?

Peut-être en méditant sur l’agacement que vous ressentez : si qu’une chose vous paraîtrait neuve et étrangère comme inattendue dans votre monde, que vous pensiez connaître si bien. Et qu’il serait peut être tantôt si différent.

Pour les horaires de ma plus muette splendeur: sachez que je ne me tais qu’en présence de mon avocate en son alcôve studieuse.

Demian West Gode Da Vinci

à une bonne âme paffée de bonnes intentions meurtrières, mais tout ce qu'il y a paraventure...

Tu es l’ange tombé du ciel, et qu’il rêve tout-éveillé genre j’écris deux trois petites histoires et je vais gagner à la roulette du casino de l’enfer...

Je ne voudrais pas être là, quand tu apprendras dans quel monde tu as été jeté et où nous sommes, genre la vacillité tombe sur le dur.

En attendant cette seconde de vérité, tu as tous mes encouragements.

J’espère qu’on t’a au moins informé que nous tombons malade tantôt, que nous vieillissons certainement, et qu’à la fin nous mourrons et pire encore: sans l’avoir voulu.

Remarque vu comme ça: il ne reste que le rêve: C’est quand qu’on recommence...

Demian West Dark Stuff Publisher

encore des nouvelles nouilles du pseudo-éditeur qui brûle ses auteurs...

Et dire, miniJack, que dans les "gens qui posent au-dessus de leurs moyens", vous avez poussé-fourré tant que vous le pouviez le plus grand La Fontaine. Cettui que chaque enfant du CM2 apprend pour la vie, par coeur, et qu’on donna tantôt à la Comédie Française, dans les sublimes décors de Wilson: que du banal et du trivial de la misère littéraire que vous déplorez, pour la grande prospérité de vos catalogués. On devine aisément la suite de leur notoriété dont vous les préservez comme du gain si caca-boudin...

Vous vous dites mini, peut-être pour bien escacher votre trop haute opination de vous-même, et qu’elle vous écrase comme la grenouille éclata tout son ballon par-devant la grande bête à corne.

DW Business Theatrum

à un Che qui voulait réconcilier les artis et les téléChargez genre pirates du net...

Il est un point obstiné dans vos discours, qui vous englue dans des espoirs vains. Je veux parler de ce présupposé que les artistes seraient de la chair-à-contrôler, ou à ranger dans une boîte propre-en-ordre.

Quelle idée saugrenue et neuve! tellement elle a été éreintée, depuis que le monde s’en est déjeuné, il y a longtemps.

Celui qui voudrait ranger les artistes, ne gagnera qu’à vieillir avant l’âge tellement y a du massyBoulot.

Nul n’y parviendra jamais. Et si vous fréquentiez plus et mieux les artis’: vous le sauriez sans laisser aucun doute dans les coulisses de votre esprit qui y tient quand-même si qu’il s’accroche et glisse. Et, vous voir fabuler sur la comète comme un Cyrano -- qui a certes du panache mais tout pour le théâtre et ses illusions d’effets -- est trèstout plaisant mais pour le fun et jamais pour les affaires qui continuent...

...Si bien que la pièce que vous donnez se joue le temps de l’entr’acte...

Demian West th'Buzzzzzzzzzz...

nous donnions encore des nouvelles des niouzes nouilles...

Quand vous traitez des questions qui voudraient concilier les téléchargeurs et les artistes: personne ne répond ou commente.

Car vos amis, se fichent totalement de la source de leurs jouissances artistiques. Les artistes sont jetables dans leur esprit de consommateurs. Voilà la vérité crue, telle quelle!

Il sont les néo-microKapitalistes et c’est tout. Ceux-là-mêmes qui veulent tout pour rien, et tout-de-suite, sinon c’est la guerre...

Comme une maîtresse-furie disait à Auguste: "soit tu me baises, soit c’est la guerre..."

Sur le net: on ne ment pas c’est le flux-cash-now!

Et pendant ce temps je buzzzzzzzzz...

DW a friendly girl request

à un pirate du net qui menace de boyCoder les artis' de la misère...

Et bien: en lieu de le dire il serait plus explicite que vous le fassiez, et donc que vous cessiez d’acheter: pourtant c’est l’inverse qui se produit et tous les jours qu’ils vous contredisent. Car, il y aura toujours des acquéreurs au vrai prix, qu’on doit mettre pour faire l’acquêt de la qualité... Les autres déflationnistes ne nous intéressent guère, car ils s’affament d’eux-mêmes jusqu’à leur misère qu’ils tentent de nous imposer en système d’échange: pourquoi-pas le troc bientôt.

DW maketh luv'sights

la réponse du disquaire à la téléChargère...

La seule solution que j’estime souhaitable: serait que vous lâchiez la grappe aux artis’ qui savent tirer leur meilleur vin, sans votre concours.
Et l’affaire est close.

DW talk'Designer

à une damozelle qui causVite de design sans vraiment savoir les desseins...

J’en suis désolé pour vous, mais comment pouvez-vous dire cette énormité designesque, qu’avant 1966, les revues d’art ne parlaient pas de design.

Alors que le design existe, depuis les années 20 du Bauhaus, et que des revues d’art on été constituées autour de ce phénomène en soi. A tel point, qu’il a donné tout l’objectal de l’architecture et de l’art contemporain du XX siècle.

Vous retardez des siècles: le XXème.

Plus encore: le principe même en avait été annoncé par Victor Hugo à l’Assemblée quand il parlait des graphismes de Dromard, qui avait illustré le "Portefeuille" de Vaucanson.

C’est bien de vulgariser, mais encore faudrait-il enseigner dequoi nous parlons...du design qui est un des arts plastiques. Mais est-ce seulement votre matière?

S’il suffisait de dire que la photo est devenu un art au début du XXè siècle, quand tout fut dit, alors qu’elle a été inventée dans les années 1830, et juste pour dire un propos qui paraîtrait plus crédible: on n’en tromperait pas moins.

DW disegno design now sign

à la même en plus clair encor' mais tout c qu'il y a de plus gentleman ...

Votre article est de la contre-information an-historique.
Le design a été inventé par Walter Gropius, avec Paul Klee et Kandinsky... un architecte et des artistes...dans les années 20.

Et pour produire des objets à moindre prix, pour tous, et des oeuvres de beauté.

Donc, prétendre que le phénomène de la démocratisation serait récent, et que c’est la rareté qui a fait l’art de l’oeuvre de design, récemment: est une expression soit de l’ignorance soit de la mésinformation, sinon de la désinformation.

Vous avez carrément zappé toute la période historique du design. Et je pense que vous avez mal saisi les propos de vos connaissants et référents, car je ne sache pas que vous ayez découvert le design, bien que vous affirmiez avoir découvert sinon fait un grand designer qui était "inconnu", de vous certainement.

Votre discours est donc en rupture avec ce qui est communément et légitimement admis dans la transmission de cette matière.

Aussi, permettez que le lecteur entende ce design-là.

DW girly design infinite legs

encore une couche de peinture genre vernis hard-rock-metal du design...

Comprenez-moi. Il y a certainement deux niveaux de communication au sujet du design. Et, tantôt un spécialiste dira le phénomène tel que le public le perçoit. Et donc, il le dira dans une façon moins conforme au phénomène du design tel qu’il fonctionne en coulisses: mais plutôt sous l’angle de l’effet de mode qui le rend public.

C’est pour cette raison que je n’expliquerais pas plus à J..., pour quelle raison on a décidé de la naissance historique du design autour du Bauhaus: et avec raison.

Pourquoi ne dit-on pas tout du design? car chaque entreprise qui crée des objets du design, a déjà tout un catalogue des formes à venir. Qui seront lancées selon des vagues de modes successives, pour stimuler l’achat.

Mais tous les designer savent que, depuis le début, tout avait été dit. C’est pourquoi la "DS" était un modèle si achevé d’arrivée, et qu’elle semble encore futuriste aujourd’hui. Je veux dire que la notion de progrès en design, est toute factice et qu’elle est juste-là pour induire qu’il y a nécessité d’acheter pour être dans le coup.

Comme le design sait user des polymères, pour induire tous matériaux naturels mais sur le mode factice.

Et de la même façon, on occultera aisément les débuts du design, pour induire que c’est neuf et qu’il faut y aller, maintenant. Ainsi, on oublie, volontairement, le succès considérable et populaire du design, jusqu’à même la création de la "Coccinelle" de VolksWagen par le moustachu de-la-famille-des-adolfs-les-plus-fâchés, un peintre moyen (pas si raté comme on l’a dit) et führer paraventure, que je tenterais de ne pas nommer. Lequel avait griffoné une petite esquisse sur un coin de table de cette voiture qui se vend encore. C’est vous dire que le design est partout et accepté, même où on ne l’imaginait pas.

Outre: ce petit peintre amateur de ruines, voulait intégrer le Bauhaus et son design dans la reich de mille ans. Mais, lorsqu’il changea brusquement de politique artistique il persécuta les premiers designers. Lesquels durent fuir aux Etats-Unis où ils diffusèrent la chose, vers le style mondial.

Le design c’est le lieu: où l’art, le business et la politique se rejoignent: et là toutes les manipulations de l’information sont à l’oeuvre: car l’art est de l’information.

Il faut ajouter que le premier design était conçu pour l’usage le plus populaire de la classe ouvrière.
Ce n’étaient pas des objets de collections ou rares, mais des objets de série, les moins chers et pour la classe ouvrière la plus nombreuse. Car, des objets développés dans les trois pays les plus attentifs à leurs masses populaires, et pour cause: l’axe des révolutions de droite et de gauche: l’Allemagne, l’URSS et l’Italie.

Et selon l’art des avant-gardes du début du XX siècle, qui avaient collaboré avec les régimes fascistes et communistes, avant d’être persécutées, quand le retour à l’ordre classicisant ou antiquisant revint.

Demian West ArchSaxon ArchFrench style

en causVitant du français qui était plus souplesse du temps de Montaigne...

Le français n’est pas ce petit îlot rationaliste et doctoral, c’est un continent qui s’étend et s’espace à mesure qu’on avance dans sont flux buissonnant...

Tu n’imagines pas les libertés dans la langue, qui étaient en usance avant le XIXè siècle quand on fixa le français, trop.

Comment au XVIè siècle on construisait les adverbes qu’on voulait en ajoutant, à des adjectifs, des briquettes en terminaisons. Qui ose encore dire: "bellement"?
Alors que c'est joli et charmeresse dans une lettre de la love, adressée à une damozelle qui en pâmera de conjouissance.

La langue était riche de ses écarts et de ses essais qui paraissaient balbutier, alors qu’ils étaient surpris en plein acte de fécondation et pas in-vitement.

Parquoi, tout ça c’est que du cochon qui se vautre dans la liberté.

Bien le bonjour chez toi numéro balbutiant.


DW Phil'Coddy's Testimony

à propos de Philippe de Villiers qui imprime ses livres xénophobiques en Hongrie ...

Je ne voudrais point ajouter à la débandade du très-monté Philippe: mais le hongre n’est-il pas ce cheval castré en pays de la presse hongroise, qui lui donna ce titre fameux après lui avoir bien-détranché ses organes e-jaculatoires, et titre qu’on reprit à l’ensuite, partout ailleurs où l’on ne monte plus de jument?
Ce crois-je...as I guess...

Demian West flashy Villepinik splendour

où l'on reparle de sa Villepinique Splendeur...

C’est le mal français: que tous présupposent que nous soyons égaux, tout en exigeant, dans le même temps, de l’excellence partout.

Ainsi, celui qui voudrait porter ce panache bien-haut, devrait-il, paradoxalement, bien se cacher pour éviter le geste de la faux à détrancher.

Car, le français aime à voir ce panache-là mais jamais son porteur excellent.

C’est si compliqué l’art de la mauvaise foi de Nowadaies.

DW Diddle Daddle

Vill' et Sarx and Co...

Pensez-vous vraiment qu’il était de la plus sage stratégie de tenter de briser Villepin, pour faire le lit de son second, comme pour l’aider à prendre ses aises? C’est ainsi que le petit Chaperon Rouge est allé à Mère Grand' aux grandes dents, et nous ne valons pas mieux à cette cuisine-là.

DW replays Ben Hur

il est même un drouguie qui ose s'appeller "Rage" van soi-même...

Rage sait qu’il est fâché...
Mais mon doux rage, n’oublie pas que not’drouguie a croisé les hormones génésiques de la Casta, il y a peu de cela. Et que ça laisse quelques traces en plein drap. Tout-de-même, O mon frère, aussi je trouve très indiciel que notre auteur des vigueurs en splendeurs — mais tout ce qu’il y a de plus calme et polissé, on le reconnaîtra aisément dans son ton modéré — ait choisi de bien-mal-traiter notre Villepinique splendeur. Et just’après qu’il venait de gloupser la tzarrible damozelle des vieilles explosives corsiques Nations.

Et j’ai donc vu que notre ami aime la Beauté, avant tout, et qu'il aime l’harmonie de not’monde-d’aujourd’hui-on-est-tous-des-frères-et-soeurs, et qu'il joint même celles qui sont pas si top-modello, ça fait rien.

Ne jouais-tu pas tantôt dans le film "Ben Hur" des vieilles caméra obscures, Yea Rage. Et au plein de la fameuse scène de la course de chars, qui est aussi longue que la plus longue demi-heure qui dépasse l’entendement. A la fin, la rage se vit retomber, jusqu’à la prochaine course à bride lâchée à la supérette du coin...
Tu dois avoir une vraie nuée d’admiratrices qui te tournevirent à l’entour, et qui te tricotent des marcels pour l’été: quand tu exploses tes colères de vieux lion en feintise...

Demian West hits th'Titanic

Y a-t-il un sage dans le Titanic qui saoule ?

Vous savez O..., ce qui les dérange un peu chez vous, c’est que le centre de gravité de vos phrases est en leur milieu, ni au début ni à la fin. Et c’est le signe des paroles dites par les sages qui savent faire leur chemin, sans qu’ils se préoccupent des pierres qu’on leur jette pour la montre publique.

Vous verrez comme c’est grand' félicité d’agacer de la meilleure façon.

Demian West th'comin'wasp

à des téléChargez pirates du net et de leur jiznée d'arrivée...

Votre problème profond des poches: c’est que vous aimez l’art qu’il vous fait bander, pendant que vous ne comprenez rien de rien aux artistes et à leurs copinettes canons qui vous font hurler de désir: lesquels artis’, genre votre serviteur de ma luxuriante dé’capotable splendeur, font l’art que vous aimez.

Adonc, c’est nous qui vous tenons par les yarbilles des vieilles familles. Et, nous n’avons qu’à tirer sur la cordelette où vous êtes pendus en grappes de couperosés de provence. Pour r’amasser vos arguments de tueurs qui ratent leurs cibles, quand ils ont le flingue dans la narine.

DW pire toward pire

à la pire mauvaise foi des copieurs pirates du net

Vous répétez à l’infini des tunnels, que vous voulez aidez les artis’, de toute votre splendeur des catholiques orants à clé qui tourne dans le dos et qui fait dingle dingle c’est Noël; Que vous ne visez que les majors alors que les majorettes c’est plus canon comme chacun des crapauds qui aime sa crapaude le sait; Que les artistes sont des Picsou qui s’escachent chez DisneyGLand des Majors à requins affamés scientifiquement dans le Circus Maximumuse; Et surtout, que Demian y fait rien qu’à dire des truCreux qu’il mâche même pas quand il pense son petit rot à pap et mam du XXI siècle qu’on est en plein dedans. Surtout lui, car il a de l’avance...

Autrement dit des viokchos terminaisons: vous êtes des classy Hypocrites: comme on en brisait tantôt des moules dans la pire ère victorienne des Anglois: quand le sexe était interdit après le quatre heure, et que c’était le bordel en pleinairisme sur les boulevards et le bois coquin qu’on joignit à-côté, quand la bourgeoisie savait foutre les bordeaux, genre que c’est le pluriel de bordel...

Ouf ça va mieux quand on le dit...

DW no man's loud

à un cartel du P2Pétrol des téléChargez genre furia francese...

Un tel menace, sur un ton snakySnaky tout de feintise, tant il est prêt à prendre les armes, et à attenter gravement à la jiznée des libres-autrement-que-lui.

Tel autre menace aussi, mais on sait qu’il joue son petit Lénine des cinoches à chaque sortie de piste P2P, quand il sort de route surtout en pleine ligne droite, ce qui est propre en désordre.

Un tierce met dans le mil des parcours flèchés, quand il dit que c’est la guerre des majorettes qui s’arrachent les cheveux. Et, qu’il suffit de relucher pour sortir vainqueur.

Un autre fait la pluie et le beau temps, car il suit bien l’histoire fabuleuse du Demian, de la vieille famille des West, qui joue car c’est Noël tous les jours à la cantora.

Et un quarte pirate défile carrément avec ses majorettes ennemies devant le bolchoï Kremlin, les larmes aux yeux, car demain le monde sera avec nous: et donc nous pourrons lui demander: pourquoi faire? On note, au passage devant le mausolée de la momie de Lénine, que ce majoret parle un slova estranger, probablement des sud-moluques, avec Demian que nous connaissons bien.

Et tout ça sur l’Agora des voksal...