Saturday, August 02, 2008

Le goût de peindre en blanc

Le peintre fait des tableaux, et parfois blanc sur fond blanc. Un truc du viokcho peintre russe qui voulait faire le dernier tableau du premier vingtième siècle. Aussi, il arrive que le peintre retape sa cantora où il peint genre l'atelier et toute la maison entre les poutres Louis XIII. Et là, il prend le pinceau du bâtiment des peintres.

He bien ! c'est super jouissif car c'est quasiment philosophique. Vrai ! quand on balance le blanc nickel sur les murs, on ne se préoccupe plus que du beau geste... sans sujet, sans plaire, sans illusion et sans référent. C'est juste de peinture douce et onctueuse que ça parle, et seul le peintre peut y comprendre la science mêlée au plaisir absolu qui est blanc.

Mieux encore, il perçoit combien les murs en sont eclatés, reculés puis oubliés défoncés. Pour laisser apparaître une sorte d'espace intérieur ou spirituel très ajouté de plaisirs simples et directs, en un mot : sensuels. C'est comme de blanchir la toile qui se serait espacée à l'environnement, selon les tentatives américaines de Mondrian. Ou peindre les murs de la vie à la façon d'un roman ou des rushes filmiques d'un Lelouch du tout possible et jamais accompli. En d'autres termes, ça donne des idées de l'espace et des moments à venir.

Par ailleurs, ça fait bien circuler l'air à la manière d'un Chardin et ses natures secrètes et silencieuses, pas mortes du tout. C'est la grande lessive des formes et ça sent le neuf comme un t-shirt girlie adouci au souplesse. Même que j'y ai trouvé des fragrances de femmes aimées, celles qui m'accompagnent toujours tout du long de ma vie bien pleine.

Le blanc c'est une poésie de la peinture en soi, réellement et définitivement abstraite. Et ce blanc est un refuge, quand l'artiste revient à l'état premier ou primitif d'artisan inspiré pré-vincien. Il s'éclate sans plus avoir besoin de résultat, sans plus aucune culture ou contrainte du résultat : du Beau, du Bon, du Bien platoniciens et paradigmatiques ou super ouraniens.

C'est que dans ce blanc il y a tout et rien, et donc plutôt l'indéfini. Et c'est fou comme l'indéfini repose et calme, et qu'il apaise puisqu'il est la non-violence même de l'univers non encore défini non plus que créé. C'est l'anti-création préalable et pré-conceptuelle. Et elle s'étale dans un va-et-vient de la main qui caresse avec le pinceau vulvaire buissonnant.

On remonte alors au rebours de toute l'histoire, de la civilisation et de toutes les contraintes qui ont ferré notre jeunesse et nos pulsions les plus vitales...la rédemption par la substance blanche vide...qui sait effacer les errances et les certitudes, le mal mêlé au bien, et tout du reste...

Les anciens Grecs n'avaient-ils point désigné Eros comme le dieu créateur des univers ? le premier des dieux serait issu du sourd chaos dedans le grand oeuf cosmique albuminé de ce blanc-là dequoi nous parlons. Et que nous jetons ce blanc paraventure sur nos murs pour repeindre tout l'univers de sa prime couleur retrouvée.

1 comment:

pixel said...

Ce que j'écrit ne veut rien dire.