Thursday, November 23, 2006

La Première Guerre Mondiale Informationnelle

Le débat autour de l'interview de Karl Zero par Natacha Quester-Semeon, publié par AgoraVox le 23 novembre 2006, montre de toute évidence que le dialogue entre les blognalistes et la Presse traditionnelle ou professionnelle est rendu fastidieux. Et non pas par la faute d'un seul côté.
A lire le fil des commentaires, on ne peut cacher plus longtemps, la tendance bonapartiste dans laquelle "AgoraVox", le Journal Citoyen des blognalistes, se jette par nécessité, comme chaque fois qu'il fut question de bonapartisme. On sait la révolution attaquée de toutes parts, et on justifie, par tous ces fronts de nécessité, une radicalisation des idéaux et des mouvements révolutionnaires pour sauvegarder l'essentiel.

Par ainsi et dans les feux de l'alerte, on détranche tous doutes ou toutes têtes des ennemis de l'intérieur souvent fantasmatiques. On agit dans l'urgence, puisqu'il faut fermer vitement toutes les issues pour protéger le sanctuaire. Parquoi, ceci n'aurait pour effet que de précipiter une géographie du neuf ghetto internet, dans lequel seuls les écrivants que l'on peut lire aisément soit non-repliés : parlent selon le même avis sous couvert du même uniforme. Tout autre discours est diabolisé autant qu'on le peut pour tenir la place. Ce qui aggrave et creuse la spirale vers l'intolérance.

A la fin, c'est-à-dire juste après ce début, tous les autres écrivants de la société ouverte, hors les murs, constateront le processus suicidaire ou sacrificiel d'une société de pensée qui s'est coupée du monde, dans l'espace internet. Et parce que cette société se voulut radicalement différente et neuve, comme une utopie de l'impossible : pour imposer au monde un point de vue forcément parcellaire.

Le Bonapartisme a mené à ce qui est considéré comme une manière de "première guerre mondiale" en Europe au XIXè siècle. Aujourd'hui, nous sommes résolument entrés dans la première Guerre Mondiale de l'Information. Et la Révolution du Pronétariat, de Joël de Rosnay et de Carlo Revelli, y est manifestement en grand rôle de général dans ce mouvement de l'espace mondial et spirituel. Mais, il reste que lorsqu'on entre dans une guerre on n'en connaît jamais l'issue. En revanche, il sera probablement favorable que ce nouveau type de conflit localisé uniquement sur l'internet, y réalise une issue cathartique à la guerre elle-même : c'est-à-dire que la guerre informationnelle serait enfin un war-game qui remplacerait avantageusement les guerres physiques, car les blessures n'y sont que virtuelles : un peu d'amour propre arraché par le boulet, et c'est tout !

D'autant que la famille Bonaparte y risque le plus à ce marché-là dans l'internet.

Demian West

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