Thursday, April 27, 2006

Gaggle à la Maison Blanche


La salle de Presse de la Maison Blanche devient le théâtre d’un phénomène internet que Ari Fleischer du "Washington Post" nomme un "Gaggle", dans son éditorial, du 27 avril, intitulé "Spectacle à la Maison Blanche". Tony Snow sera le nouveau Porte-parole de la Maison Blanche, et il vient de prendre la mesure du moteur qui alimente les heures les plus chaudes des médias US, dont les citoyens américains sont en recherche incessante : les conférences de Presse de la Présidence Bush.

Car, il s’agit plus de shows à l’américaine que des rendez-vous journaliers et si discrets que l’on vit au temps du Président Bush Senior : quand les caméras étaient encore exclues par Marlin Fitzwater. L’étiquette exigeait de courtes questions impatientes et posées hâtivement par une douzaine de journalistes en privautés, et qui furent aussitôt apaisées par des réponses tranchantes données par les Instances présidentielles. Et ceci, pour alimenter les nouvelles de 6h 30, présentées sur le ton magistral par l’icône télévisuelle Walter Cronkite, et en lien direct avec la pelouse nord de la White House.

Puis, ce cycle journalier s’emballa, sous la Présidence Clinton. Lorsque Mike Mc Curry laissa entrer les caméras. Hélas, le jour même quand l’affaire Lewinsky gicla vers tous les réseaux câblés, si prêts à la recevoir. Et, ce fut une tache sur la carrière politique de Mac Curry, mais non-pas sur son audience médiatique. Et ainsi de tout le reste.

Car, depuis cette conférence — plus intime du tout — les rendez-vous se sont succédés tout du long des journées, et sans cesser. Pour alimenter les flux du câble et, d’ores et déjà, de l’internet. Ces conférences de Presse se succèdent, aujourd’hui, jusqu’aux heures les plus discrètes des alcôves. Et ce ne sont plus douze journalistes qui y sont conviés, mais des millions de spectateurs internautes à ce maître-show.

Et, Ari Fleischer remarque que le bal tourne désormais au tragique ménage people, quand les intervenants ne se soucient plus de la teneur défavorable ou favorable à Bush, pourvu qu’on parle de lui sans cesser. A l’image de ce qu’on nommait la pétaudière de Johnson, ou le château de Camelot très Arturien et people de Kennedy.

Un phénomène qu’on nomme, aujourd’hui à Washington : "le gaggle". C’est-à-dire, cette sorte de Presse qui se gargarise du nom et de l’image du Président Bush à la Maison Blanche, et dont nous trouvons qu’elle bourdonne assez, comme un moteur de la plus active recherche média : qu’il viderait presque la White House de son sens ou de son contenu le plus précieux, par la banalisation du propos et avant l’heure.

Demian West

2 comments:

shawford said...

Bonjour Demian,

ça serait vraiment top si tu pouvais nous faire de temps en temps une chronique type
"le meilleur du gaggle show"

@pluche,

arnaud

Eric said...

George Bush est un merveilleux acteur. Son doigt d'honneur à la caméra reste un grand moment. Je me souviens aussi de ce discours où il avait énuméré les 28 organisations terroristes les plus dangereuses et il s'était tourné vers la caméra en disant, d'une voix caverneuse: "et Al Qaeda".

Pour sa retraite, il a deux solutions: écrire ses mémoires (à colorier) ou devenir comédien à temps plein.