Sunday, December 10, 2006

Les vacances du pouvoir de Monsieur Hulot

Il l'a presque dit ce "Dimanche Plus" à Miss Ferrari de "Canal Plus", qui était belle comme un jour de fête pour Monsieur Hulot. Quoi ? Qu'il se présenterait aux élections s'il le fallait. Et surtout si tout l'y menait. Comme l'y pousse ce bal des vampires médiatiques, dont on voit les circonférences des débats se multiplier à sa traîne. On y entend bien que Hulot expose la menace écologique qui est la raison urgente de son plus sûr engagement. Certes, on nous montre un candidat qui semble très passionné par ces débats, puisqu'il y est en mission d'informer et de bouger plus d'un hémisphère des décideurs puis des électeurs qui l'applaudissent tous, comme un seul électeur versatile. Mais, il est d'autres impressions qui paraissent angoisser notre candidat Nicolas le second. Quand il avoue, dans le même temps, sentir la haine qui monte. En des confidences paniquées qu'il fait plus aisément à la caméra, quand il paraît perdu en des devis plus intimes en manière de ressourcement entre deux discours publics.

On comprendra que tout ne serait pas si engageant dans le théâtre politique, qui doit désormais sauver la planète selon les offices plus courants de Bruce Willis, et dans un film coincé qui commence mal. Car on imagine derrière, les morsures des crocs qui doivent certainement tailler en pièces les rideaux et les décors bien-préparés dans les coulisses. Et que ces jeux d'élevages politiques en batteries laisserait ce goût amer dans le parler franc de notre nouvelle star. Hulot va-t-il entrer brâvement en élections, comme on use des lever de rideaux selon la coutume des lancements de prod people ?

Vrai, Nicolas Hulot plaît à toutes et à tous, comme un relent du plus sûr effet people. Car on le sait natif d'une chaîne "number one" qui serait moins écologique ou plus encline aux liens cimentés du marché, on en conviendra. Mieux : Nicolas évoquerait la figure universelle du beat'submarine Cousteau, ce qui nous éloigne guère des courants assez publicitaires. Et c'est donc, cette origine insistante qu'on tairait un peu trop, actuellement, pour qu'elle ne soit pas bientôt sortie au moment opportun sur "you tombe", pour mettre à plat la chappe qui bétonnerait toute l'entreprise du candide Nicolas Hulot. Peut-être est-ce la raison qui voudrait qu'il embrasse cette candidature comme à reculons ?

Nicolas avoue même angoisser sérieusement, et plus loin que ses gouffres écologistes ou naturelles. A la vérité, on voit bien qu'il ne simule pas, quand il évoque tout par le tremblement de sa voix, l'idée de devoir s'engager dans cette escalade de la face score du Palais extrême. Et que cette idée le glace et le fige un peu, au côté d'une Marianne décidément frigide par les temps qui givrent à la vitre. Et surtout quand il songe à ses enfant qu'il devrait un peu négliger par un fait présidentiel, qui pis est, serait forcément voué à l'échec. En revanche, Nicolas veut ou doit s'engager pour eux, ou plutôt pour l'avenir des enfants,"à long terme" selon l'expression leitmotive de sa campagne.

Ce que nous avons retenu : c'est qu'un nouveau mode de campagnes présidentielles semble se profiler, et un autre discours par là-même. On y pressent des campagnes de personnalités irruptives et définitivement people, qui n'excluraient pas forcément la sincérité. Puisqu'elles seraient aussi des personnalités chargées de sentiments. Et que, par ailleurs, ces sentiments seraient en tous points conformes à des rejets "révolutionnaires" (un terme lâché par Hulot) des candidatures classiques. Lesquels classiques évoquaient plus leurs curriculum en vitrine, si l'on peut ainsi médire des média. Enfin ces nouveaux canditats seraient capables de ne pas vouloir ce qu'ils n'attendent plus. Tout comme s'ils étaient résignés à devoir prendre en charge le plus haut-siège, et juste pour sauver la barque républicaine (j'allais dire publicitaire), au suprême jeu de "Qui perd gagne".

Demian West

1 comment:

Jean Cabon said...

J'ai découvert votre blog en consultant Agoravox.

Bravo pour vos articles, notamment pour votre très fine analyse du cas Nicolas Hulot : une image publique dont l'ambiguïté nourrit le succès, une sincérité qui n'exclut pas doutes et angoisses personnelles.
Tout à fait d'accord sur le surgissement d'un nouveau type de candidats, "personnalités irruptives" et "définitivement people", même à leur corps défendant... Et je veux bien croire que certains oiseaux rares, artistes philosophes et politologues, soient les produits d'une telle mutation.

Mais nous vivons une phase transitoire (la peopolisation n'a pas envahi toutes les consciences), et certains grands "classiques" pourraient bien sauver la barque républicaine.

Amicalement.