Thursday, January 24, 2008

La Société Générale joue avec nos nerfs

On vient de l’apprendre ce matin et à bon escient à la bonne heure quoi ! La Société Générale en France vient de paumer environ 7 milliards d’€ ce qui laisse un gros trou à combler comme si l’amour de votre vie avait fichu le camp du coffre plein à Genève. Un milliard vous manque et l’univers est dépeuplé... Et c’est rien de le dire quand on largue les milliards à vau-le-vent sur l’Everest bancaire.

Selon le PDG, c’est un trader qui a mis le feu à ses aventures spéculatives. Et comme il a commencé à perdre, eh bien il a dû continuer en espérant se refaire. Il est manifestement en fuite, déjà qu’il a perdu son boulot avec cette quinte flush de milliards perdants. Ils auront sa peau car une plainte a été déposée contre lui. Et je ne vous parle pas des actionnaires qui sont remontés comme le ressort du talon d’Achille avant qu’on le lui coupât devant les Troyens.

Le staff de tête n’est pas bête. Car ils connaissaient la nouvelle depuis des jours, sans moufeter pour arranger le coup. Ce qu’ils ont réussi, mais au pire moment de la dégringolade du marché asiatique qui est cruel quand il torture sous les ongles. Il reste que la cotation de la Banque branque (qui est aussi ma banque) a dû être bloquée, pour éviter les montagnes russes de la foire du Trône en Enfer.

Il reste qu’ils sont fortiches les banquiers, quand il s’agit de faire de l’argent, même quand il est perdu dans le fleuve de l’oblivion. Les 5 milliards fictifs et donc immatériels perdus par le trader, puis les 2 milliards perdus naturellement dans le processus des subprimes naufrageurs qui était attendu vont être renfloués par une astuce prévue par le code des flouzeurs géniaux, qui volent au-dessus de nos têtes de comptes.

Ils vont augmenter leur capital de 5 milliards dans les semaines qui viennent. Et c’est comme si c’était déjà fait, on se presse au portillon. Car les assurances Groupama et consorces en veulent, comme tous les actionnaires. Le pire du meilleur étant que la Société Générale est quand même bénéficiaire à la fin 2007, et de plusieurs centaines de millions d’€. Tant et si bien que la Banque de France balance carrément que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Les dispositifs de précaution ont évolué depuis 1995 et ses grands scandales de traders qui crashaient des banques immémoriales et anglaises.

Les comptes des épargnants sont de toutes les façons garantis à hauteur de 60000 €. Il est donc inutile de paniquer, et de faucher un caddie chez Auchan pour vous garer en double file devant le guichet de la Société Générale et pour hurler : "Ceci est un hold-up de mes deux sous coquins !"

Et de toutes les façons, la chose est arrivée à la Société Générale qui est la seconde banque la plus solide en France et la plus combative. En outre, elle connaît désormais la faille qui a permis à ce malfaisant de risquer la descente aux Enfers. Et les dégâts sont plus qu’épongés par cette annonce d’un accroissement du capital.

Mais qu’en est-il des autres banques ? Il y a fort à parier que les calculettes et les ordis vont chauffer grave dans les heures qui viennent. Dans les bureaux nocturnes de la concurrence, qui est souvent moins vigilante encore que cette deuxième banque en France.

Enfin, ce trader a profité de ses connaissances des dispositifs masquant les opérations. Et nul ne saurait dire si d’autres manoeuvres de ce type ont rongé dans le secret d’autres banques sur le marché. Au moins, à la Société Générale on vient de sentir le vent du boulet, mais parce qu’il est passé juste à côté, en manquant sa cible. Bon, le boulet a réduit en chair de tripes à canon, maint dignitaires qui ont été remerciés tantôt. Si qu’ils sont désormais priés de vider les caisses des Assedics très riches aussi.

Quelques mois encore de ce binz crypté et tout explosait du coffre le plus intime de la banque...C’est donc, et paradoxalement, une bonne nouvelle que cette annonce du sauvetage de la Société Générale. Et en plein drap du monde des joueurs funambules où l’on aime à s’entre faire des stupeurs inouïes.

1 comment:

paul said...

On parle surtout des traders quand il y a des pertes et moins ce qu'ils font gagner à leurs employeurs, banques et sociétés financières.

Durant un séjour a Paris, il y 3 semaines, j'ai vu un reportage intéressant ou il parlait entre autre d'un trader anglais qui avait coulé une banque anglaise. Rien n'est insubmersible à part l'État qui ne peut se mettre en faillite et donc reporte ses dettes actuelles sur les générations futures.