Monday, February 19, 2007

Le Choc des Civilisations chute dans les sondages




Un sondage commandé par la BBC vient de retourner la plus grande machine de l'opinion et toutes ses vapeurs angoissées qui semblaient chauffer à blanc entre l'ouest et l'islam. En effet, une majorité de personnes interrogées dans plus de 27 pays du monde entier rejette la notion suggestive de "choc des civilisations" entre islam et occident.


C'est la société GlobScan qui a été choisie pour interroger 28000 personnes, dont une majorité s'est clairement dégagée, à deux contre un, pour une espérance en des rencontres réconciliatrices entre l'ouest et l'islam. Car les sondés pensent qu'il y aurait toujours ce sol commun sinon ce tapis culturel qui serait plus propice à recevoir des débats qui sauraient résoudre les conflits. Lesquels leur paraissent uniquement politiques, puisque 52 % des sondés disent que la politique et non la religion serait la vraie cause des tensions.


Selon l'analyse du président de GlobScan Doug Miller, "il est désormais clair que plus de leaders modérés gagneront les soutiens populaires dans leurs choix électifs "pour qu'ils trouvent des solutions qui sauront mieux répondre aux attentes et aux espérances conciliatrices des peuples. En des solutions pacifiques et négociées qui seront nécessairement basées sur les valeurs communes aux confessions ou aux communautés en regard, sinon impliquées dans des conflits d'intérêts et parfois par des malentendus réciproques. Donc : "des deux côtés, des leaders constitutifs de paix viendront désormais plus aisément au jour."


Par exemple au Liban, 4 personnes sur 5 chargeaient d'emblée les motivations occidentales des fautes les plus lourdes, quand plus des deux tiers pensaient, dans le même temps, qu'il y avait toujours "un fond commun entre l'ouest et le monde islamique".


A l'échelle mondiale, 58 % rejettent les minorités intolérantes. Pourtant, 51 % des personnes interrogées, et qui se déclaraient de confession chrétienne, exprimèrent que les tensions mondiales étaient dues au jeu politique et non pas au fait religieux. Et mieux encore : 55 % des musulmans les rejoignirent dans cette conclusion qui sut évacuer, du même coup, les guerres de religions liées à ce concept désormais fallacieux du "choc des civilisations" qui vient de chuter dans ce sondage worlwide.


Demian West

La bataille de Londres en voiture...




Londres pourrait bien être le laboratoire des prochaines mesures de circulation restreinte des véhicules dans toutes les capitales du monde dont Paris. En effet, Ken Livingstone, qui est le maire de la City, vient d'applaudir à son propre plan d'extension de la zone d'accès payant au centre de Londres. Et dans un mouvement d'autant plus courageux, qu'il y rencontre de furieuses troupes d'opposants qui manifestent effrontément, c'est-à-dire à la rue, leur droit de circuler hors des taxes et des amendes cloutées qui pleuvent sur la City comme les fusées durant la "bataille de Londres".


Certes la zone incriminée était la plus congestionnée du poumon londonien. Et il fallait en extraire les citizens de leurs voitures pour les entasser dans le métro à l'heure des sardines huilées à la tâche. Ce qui ne se fit pas sans quelque pression des agents de l'underground, qui savent vous pousser au fond du wagon avec un flegme qui "mind the gap".


Aujourd'hui, la zone est doublée et elle s'étend à l'ouest vers les quartiers chics, depuis Westminster vers Kensington jusqu'à mazette Chelsea, où l'on cause classy. Pas comme à l'east-end où les accents rauques vous interdisent les plus belles places dans la City des bonnes affaires, sous les tubulures high-tech de la Lloyd's. Mais à l'ouest, pour vous le dire franchement et sans que je remue mon petit doigt qui tient la tasse de tea-table : On n'aime pas ça.

Car, les sujets de sa Majesté bien-carrossée se battent pour conserver ce privilège du noble volant en roues libres. C'est un fait, qu'il faut payer 8 pounds pour entrer dans le secteur protégé : pour chercher dans la jungle des commerces exotiques sa baguette de pain ou ses croissants orientaux, soit un peu français. Certes, il faut compter un peu moins, quand on y cherche ses enfants à la sortie de l'école. Mais ça coûte horriblement cher, quand on ignore le dispositif qui vous cumule les mandats comme des amendes à chaque passage ou pour chaque écart subreptice dans la zone "vous êtes filmé".


Ce qui peut atteindre le millier de pounds exigées par le bailifff ou la maréchaussée, de certains imprudents qui seraient passés trop souvent et par-dessus ou dessous, ce qu'ils nomment carrément le "mur de Berlin" qui cernerait Londres. Un terme routinier lancé par Gordon Taylor, le représentant de l'"Association des Résidents de l'Ouest Londonien". Que des pauvres on vous dit...Puisqu'on les vit manifestants comme réduits à la marche pour protester de leur misère quotidienne.


Il reste que, selon Malcolm Murray-Clarck qui est le responsable du dispositif : le "mur" a nettement favorisé une qualité retrouvée de l'environnement urbain. En effet, depuis 2003, la circulation des automobiles a baissé de 20 %. Et donc, 70000 véhicules ont pris le pli de rester couchés au garage, pour la cause écologique. Et à la faveur des bicyclettes qui savent mieux montrer leurs jambes et leurs charmes plus naturels qui savent dérailler London the Best.


Des réductions tarifaires avaient adouci le passage du terrible check point entre ouest et est, pour les mères qui voulaient cueillir leurs enfants à la sortie des écoles de Harry Potter soi-même où l'on circule du balais. A la vérité, le maire risque gros pour avoir appuyé sur ce dispositif de son plus sûr siège éjectable. Car, il doit gérer 220000 conducteurs dont la majorité le menace, à chaque passage de cette frontière de l'octroi, de ne plus jamais voter pour lui. Comme si les vraies décisions politiques ou sociales exigeaient, en quelque sorte, le sacrifice de celui qui vous les annonce, et encore plus de celui qui les met en oeuvre, et même s'il avait été élu pour cette raison de les imposer.


Demian West

Le War Game USA-Iran jeté en Europe de l'est




Après les récentes mises en garde de Poutine contre toutes intrusions invasives des Etats-Unis hors de leur territoire, les batteries de missiles menaçants se mettent en rang des deux côtés de la frontière polonaise. Comme un vieux scénario de la guerre froide dont on voudrait nous servir, à nouveau, les restes remis à la cuisine proche-orientale.


Le quotidien " Rzeczpospolita Czech" annonce que les Instances tchèques et polonaises ont reçu les demandes américaines assez favorablement. Et donc, des dispositifs américains d’anti-missiles pourraient être vite installés en Pologne avec le soutien stratégique d’un radar construit sur le territoire tchèque. Les premiers ministres respectifs de ces pays de l’OTAN et de l’Europe, Mirek Topolanek et Jaroslaw Kaczynski se défendent de servir les seuls intérêts américains, en répondant qu’ils offrent tout simplement un parapluie de protection nucléaire pour le centre de l’Europe.


Les Etats-Unis insistent pour que les Polonais et les Tchèques accueillent les systèmes de défense stratégiques qui se compteront en milliards de dollars, et uniquement pour une défense passive. Ce qui est comme d’exciter plus encore l’ours russe Poutine à qui on ne la fait pas si aisément sur ce ton yankee. C’est simple : il alignera des batteries de missiles en face de la Pologne, qu’il considère d’ores et déjà comme mise sous tutelle militaire américaine abusive.

Cependant que les gouvernants Polonais et Tchèques font leurs comptes des avantages qu’ils pourraient demander, puis recevoir de ces extensions militaires dirigées vers l’Iran bientôt nucléarisée. Quand, les populations de la Pologne et de la République Tchèque manifestent leur opposition. Car elles se sentent ni plus ni moins que trahies par leurs élites dirigeantes, qu’elles pensent, et disent sous le manteau, plus empressées à des intérêts néo-capitalistiques et cyniques.


Car, comment ne pas saisir que les Etats-Unis viennent de déplacer, tout simplement et d’un seul geste, le théâtre stratégique de la guerre nucléaire entre Iran et les Etats-Unis, au plein coeur de l’Europe. Le vieux continent qui vient de se réveiller avec une gueule de bois, d’après l’ivresse et les enthousiasmes des applaudissements festifs au défilé des troupes US vers l’Irak.
On attendra donc, dans les jours qui viennent, un sursaut européen qui saurait jeter quelques pincées de sagesse dans ce nouveau plat surgelé d’une guerre froide sortie tout droit du pire congélo de la politique, qui sait encore donner le grand frisson définitif.

Demian West

Sunday, February 18, 2007

Bayrou fait la surprise attendue




Nul besoin d’être grand shaman isolé dans la steppe médiatique pour sentir le vent tourner dans l’opinion des Français qui se placeraient désormais plus au Centre. En effet, le correspondant parisien du "Telegraph.co.uk" Henry Samuel vient de jeter l’info dans des termes crus comme un serment d’amoureux gravé dans le cuir du plus robuste chêne béarnais. " Hier, le candidat centriste François Bayrou semblait recevoir tous signes favorables qu’il serait au second tour en mai." Voilà qui est dit...

Tout d’abord, Bayrou a su émerger doucement mais aussi sûrement, jusqu’à passer devant Le Pen. Car, l’extrémiste était vraiment trop occupé à ravaler sa façade médiatique. Et pour qu’il puisse mieux-racler ses fonds de mairies pour quémander ses signatures qu’il ne trouve plus comme la cassette de l’avare. Le Front National pourrait même être absent de ces élections.

Par ailleurs, les compères Ségo-Sarko ont estimé les coûts de leurs programmes respectifs, vraisemblablement, selon le même mode factice qui a su lancer leurs campagnes bollywoodiennes. A la vérité, on dirait qu’ils briguent une présidence vaste comme le continent européen. Leurs grandes machines électorales ne se battent-elles pas au premier rang des broadcasts américains, comme à la fabrique de la présidence à tous prix ?

La semaine dernière, l’opinion des analystes économistes était faite pour évaluer à, plus ou moins, 50 milliards d’euros les programmes respectifs de Ségo-Sarko, et donc bien au-delà de leurs estimations autour des 30 milliards. On le constate, ils avaient largement exagéré la faveur de leurs promesses budgétaires, et par excès de confiance en leur jeu de poker médiatique. Quand Bayrou reste plus modeste autour des 20 milliards. Et lorsque Bové flirte, comme un spoutnick en son orbe utopique, autour des 160 milliards d’euros.

Les prévisions forcées de Ségolène Royal ont été démenties par Eric Besson qui fut le responsable même qui était en charge de les mesurer dans sa campagne, et avant qu’il ait remis sa démission. C’est grave assez ! Et les promesses et mécomptes de Sarkozy, dignes des extravagantes turqueries de Molière, ont paniqué son staff de campagne. Depuis, ses chiffreurs semblent comme à la recherche de la fabrique du ciment qui fait tenir les châteaux de cartes. Puisqu’il leur faut trouver les milliards qui manquent à leur politique. Et, sans jamais que Sarkozy soit contraint de sortir les grands filets de la pêche aux contribuables. Enfin, juste le temps de la campagne !

C’est probablement la raison pour laquelle Bayrou vient de recevoir 56 % d’opinion favorable à ses promesses budgétaires. Alors que Sarkozy n’en ratisse maigre que 37 %, et que Ségolène y prend les quelques miettes dessous la table des 27 %. Certes, le Peuple Français est raisonnable surtout quand il voit sortir la charrette des taxes et des impôts qui mettrait en branle ses roues libres budgétaires. Quand les utopies de Ségo-Sarko ne manqueraient pas d’écraser quelques économies sous le matelas du français moyen, sinon ses seuls revenus vitaux qu’ils lui restaient. Et ce week-end, le sondage du Figaro vient de donner le coup de grâce : soit le chiffre des Français qui sont en accord avec Bayrou pour considérer ensemble que les promesses des concurrents Ségo-Sarko sont irréalisables : 74 % soutiennent Bayrou contre Ségo-Sarko. Mazette !

On comprend qu’on évoque, d’ores et déjà dans le QG socialiste, une "spirale dépressive" qui semble entraîner les deux lutteurs du camp de base Ségo-Sarko, hors d’atteinte de leur sommet himalayen. Et qu’il semble même s’éloigner. Puisque le récent sondage vient de jeter l’effroi parmi ces plus sûrs dauphins ou requins médiatiques. Car, pas moins de 79 % des Français disent que, pour eux, rien ne serait encore joué dans ces élections. Autant dire que les électeurs viennent de renvoyer Sarkozy et Ségolène à leurs études de campagnes présidentielles. Puisque tambours battants et confettis ont manifestement peu convaincu un peuple exigeant des solutions vitales pour son avenir.

Cependant, que "le Béarnais" François Bayrou paraît avoir résolument fait alliance avec une opinion de fond, qui aime plutôt son idée d’un gouvernement d’unité nationale qui serait composé de personnes venant de la droite et de la gauche. Une opinion qui voudrait dissoudre l’inertie du bi-partisme qui paraît usé comme une antiquaille maquillée qu’on voudrait fourguer au dernier passant crédule. Finalement, Bayrou propose une nouvelle formule toute tendue vers l’hyper-démocratie réconciliatrice, qui est déjà en oeuvre dans la sphère internet.

Aussi, cette manière de gouvernance mouvante et unitaire est-elle déjà au pouvoir en Allemagne. Et plus encore : le premier Ministre italien Romano Prodi le dit en ces termes ciselés par ces neuves évidences sondagières du week-end : "Pour moi, la gauche moderne et le centre peuvent faire un maximun ensemble." C’est peut-être la clé de ce calme qui agit au fond un Bayrou qui reste fixement dans sa ligne de force, vers un projet qu’il pourrait désormais réaliser. Puisqu’il est au plein de la course de fond, par ces chiffres d’une opinion, à tout le moins, surprenante... Alors qu’elle attendait le troisième homme.

Demian West

Saturday, February 17, 2007

The Duhamel-Bayrou Media Case




The centrist candidate in the presidential race, François bayrou declared that a lot of misuses question the whole french society, when he replied to the banishment of the journalist Alain Duhamel punished because he publicly supports and votes for Bayrou.

Visiting the city Poitiers, François Bayrou acknowledged the objectivity of Duhamel's analysis, who has been banished from the broadcast of France Televison (the public TV) and RTL because of his centrist support. "Duhamel is a journalist everybody knows his objectivity" said Bayrou. Thus, the reason of his banishment is Duhamel's centrist déclaration in a conference at Science-Po, in a private meeting with UDF students. A despotic outcast which unveiled some underground troubles corroding the whole french society, and surely among the huge media network and policy devoted to the bi-partism obsession toward the ligne of second round.

Duhamel said on RTL : "I shoudn't say that" than he spoke immediatly more frankly "Now I'm paying for that. It's out of proportion". Albeit he understands the decision of the chief-editors, he deplores his outcast of public television. On the other hand, his brother Patrice Duhamel is the number two of the prime media group "France Television". Naturally, one would alleged some favoritism, if Alain Duhamel had stayed on broadcast.

Finally, Duhamel denounced the position of the Community of the Journalist of France 2 as "shabby or pathetic". Duhamel stays on duty on RTL, in tough contradictory debates, but no more as a politic editorialist. He writes further his chronicle in Liberation, according to the direction of the newspaper. There's something rooten in the doomed french media.

Demian West

Sarkozy surged in Polls over Segolene's Manifesto




In the french presidential elections, the right wing leader Nicolas Sarkozy would beat, today in a simulated second round vote, socialist contender Segolene Royal, a few days after she unveiled her platform of policy to gain the upcoming ballot.

In a hurry to recover lost field and supports, Royal announced her "presidential pact" 11 Feb. in a sort of issues as she gives a bunch of progressive proposals very enthusiastic. As a matter of fact, people cheered loudly the raising of the minimum wage and small pensions, and the sharp turning to far-left policy. Though, Mrs Royal's would be disappointed because she lost 47 percent letting 53 percent for the winner Sarko, according to an Ipsos poll on 12 February for Paris-Match magazine. When 9-10 February, the former lead of Sarkozy was 54 to 46.

Patrick Artus, as the chief economist of Ixis CIB, based in Paris, said " There are some good measures like the idea of reserving some government contracts for small and medium sized companies,'' ... "But she (Segolene) also proposes unfeasible or dangerous measures and has many holes in her fiscal plans.'' As a matter of fact, it's a common idea in France, that traditional left-of-the-left policy would be easily generous when it means frankly said more increasing taxes and fees.

About a douzen of candidates run this race across the whole political ground towards the hot-bed of the first round. And, the incumbent Chirac will not stand again. The President of France is leaving this third term after his 40-years political brilliant career. The very outbreaking or breacking through candidate is François Bayrou the centre leader who reaches slowly but surely and point-by-point the upper hand polls. Recently, he overtook the far-right leader Jean-Marie Le Pen.

It's a tough battle for political powerand leadership. As a late result, the famous editorialist of the greatest public and private medias network RTL and France Televison, Alain Duhamel has been banished from eyes of the cameras. Because he declared publicly, after a conference at Science-Po in Paris (the High-School of Politics) four monthes ago, he would vote for "Bayrou". The centrist leader who criticized the great medias and their two-headed policy exclusively devoted to Segolene and Sarkozy.

No margin of error was given to that poll for Paris-Match magazine, but an usually floating marge of 3 points, considering the size of 879 registered voters, said Ifop Agency.

Demian Wes

Friday, February 16, 2007

France's Segolene Royal Manifesto.




In the upcoming French Presidential Elections, Ségolène Royal, the candidate of the Socialist Party announced her 100-point platform policy on Sunday, returning to traditional values and, in the same time, unveiling a strong emphasis to the left economic policy.

Villepinte north of Paris, in a two-hour speech to a cheering crowd of 10,000 socialist supporters and delegates, Mrs Royal pledged to increase pensions, to raise the minimum wage (the SMIC) from €1,250 to €1,500, a month. Every youth within six months of graduating from university will get a job or some special training. And she promised to build 120,000 low-rent homes a year.

Her "presidential pact" woved that delinquents youngsters could be placed in educational and military-style boots camp, which is a very controversed proposal. She promised some free tutoring for students that have great difficulties keeping up, and workshops for parents to train them how to educate their children. By reducing the number of students in class, Segolene, as a former Schools Minister, want to erase social exclusion in the suburbs. "I want for the children in these suburbs what I want for my own children," said Segolene.

One can see Mrs Royal has choosen some tough proposals from the conservative right wing mixed with far-left solutions, to raise is pact between discipline and progressive issues.

Under her presidency all young people could get access to a €10,000 (interest free) loan. Young women would get total free contraception. and she woved to raise up the benefits of the handicapped people. Finally, the participative debate, launched during the campaign, will increase and randomly choosen citizens' juries would survey the National Assembly and government policies. When some in the public said this participative debate is a demagogic debate which transfers the politician responsability to the french people.

When the crowd broke into chants of "Segolene, president !" She replied : "A pact of honour, a presidential pact that I propose to everyone, the most vulnerable and the strong, those who have been our supporters all along and those who have not, because France needs all its people."

A great part of her speech was dedicated to economic and social proposals on a upsetting new hard-left line. "The unfettered rein of financial profit is intolerable for the general interest," said Segolene. "You told me simple truths. You told me you wanted fewer income inequalities. You told me you wanted to tax capital more than labor. We will do that reform." Royal said she would tax companies in relation to what portion is paid to shareholder and to what share of their profits is reinvested in jobs and equipment. She also want to abolish the flexible work contract for small companies and convoke a national meeting in June on how to increase the wages. When, everybody knows in France that a left policy means certainly the increasing of taxes and fees.

And what's about Royal's foreign policy ? She has recently been accused of lacking competence in that matter, because of her so called "gaffes" abroad. Royal said that, as president, she would pledge for the European Central Bank to consider growth of employment and not just inflation. She will support a European Union which "protects its citizens". More : "I don't want a Europe that is just a free-trade area attached to NATO," Royal said. "Even less do I want a Europe where it's everyone against everyone and social and fiscal dumping replaces solidarity."
We have to break with "corrupt regimes" and we have to end ambiguous talks with allied countries, as Russia, whose "war crimes in Chechnya" would be clearly condemned. So Segolene seems to have forgotten that corruption is raising in France too, with the famous "Clearstream affair" which darkened french politicians in some european web of intrigue and occult money.

Now, the Segolene's Manifesto is released after a long time of a "listening phase" gathering citizen's proposals by the means of internet and meeting in real life and the real country. And Segolene is behind Sarkozy who surged ahead in the opinions polls. Finally, one could ask wether Segolene is a shooting star or a meteoritic rising president.

Demian West

5 ans de prison pour un négationniste sur le net




Le journal allemand "Die Welt" titre sur la condamnation à 5 ans d’emprisonnement que le Tribunal de Mannheim vient de décider pour l’extrémiste Ernst Zündel. Car, il avait fait toute publicité pour diffuser ses mensonges négationnistes et révisionnistes de la Shoah, sur le net.


En effet, le Juge a déterminé que Zündel attisait la haine et l’antisémitisme contre les Juifs, au moins 14 fois sur sa "homepage". Aussi, le juriste Richter Meinerzhagen souligne-t-il que l’accusé : "...est un agitateur, un incitateur à la haine qui sait rallumer des feux néfastes par le biais de ses propos."

Des intervenants pro-Zündel ont tenté de réduire la gravité des charges en mettant en question la fixité des faits historiques qui devaient être débattus selon eux. Mais le Tribunal a bien entendu que cet argument était à vocation de servir à entamer la vérité historique sur la Shoah. Et donc, le Tribunal n’a pas cédé sur ce point toujours fermement établi, par ce rappel à l’ordre. En fait, les débats et les argumentations n’ont pas été si éprouvés, en raison de la nature si peu équivoque des attaques de Zündel contre les Juifs, sur le site incriminé. Aussi parce que Zündel fut un des premiers utilisateurs notoires de l’internet à des fins de propagande nazie et antisémite.

Il a été arrêté en février 2003 au Canada et il a été extradé vers l’Allemagne en 2005. Ses soutiens, en Allemagne, ont tout fait pour lui éviter cette issue, quand ils tentèrent d’impliquer dans cette sombre affaire des liens politiques à diverses extrémités de la droite et par des éclats médiatiques scandaleux toujours avortés.

Les services secrets canadiens avaient marqué Zündel comme un danger pour leur sécurité intérieure. Et donc, fut-il d’abord assez inquiété en Justice pour la nature douteuse de ses pages internets, pour qu’il voulut filer aux Etats-Unis. Mais, les Américains n’en voulurent pas et ils le renvoyèrent aussitôt au Canada. Là, il fut finalement pris et livré par les Canadiens eux-mêmes aux derniers qui en voulurent encore : mais pour le juger et pour l’enfermer en Allemagne.

Demian West

Duhamel vote Bayrou : Il est suspendu !




Hier, on entendait de drôles de bruits de porte et de placard parmi le peuple françois. Car, Jean-François Kahn vient de briser le miroir des rédactions dans "Marianne". Et d’un coup qui fracasse l’image des médias qui seraient manifestement soumis à la coupe très réglement, et plus on avancerait vers l’issue des élections.


L’autre jour en novembre à Science-Po, le fameux journaliste et éditorialiste Alain Duhamel, du service public, répondait à des questions des étudiants de la prestigieuse école. Il ne se priva guère de critiquer et d’en dire sur Bayrou, ce qui est son droit. Et, ce qui n’étonna personne en si bon lieu de la politique. Car, il semblait déjà acquis à l’opinion présente, et plus vastement encore en France, que Duhamel était plutôt versé dans le sarkozisme réaliste, et ses effets de tentacules médiatiques.

Or donc, Duhamel venait de défendre les grands médias bousculés par Bayrou. Car, le leader centriste reproche aux grandes machines médiatiques, leurs cadres et leurs conclusions trop massifs qui étoufferaient les petites et moyennes pousses des grandes forêts à venir, qui sont un peu notre oxygène demain. Puis, en conclusion de sa réponse et de ses critiques contre Bayrou, Duhamel lâcha subrepticement, sur le mode du lapsus avoué :" ça ne me gêne d’autant moins de le dire, que malgré tout, je voterai sans doute pour lui".

Quatre mois après à France Télévision, ces grands médias, peu reconnaissants, viennent de suspendre Alain Duhamel du service public pour raison de centrisme trop centré. Alors qu’il est de si bon ton de flirter, et de haut-en-bas dans les médias, avec l’orbe de Sarkozy, ne serait-ce que pour maintenir sa place et son fief. C’est "presque une mise au ban", déplore Jean-François Kahn qui se dit "totalement solidaire d’Alain Duhamel".

Il apparaît, qu’à ce terme de la campagne présidentielle, se manifester pour une troisième voie, qui passerait entre Ségolène et Sarkozy, signifierait qu’on siffle des airs d’une résistance à l’ordre fixe des médias. Certes, Duhamel le sarkoziste aura su libérer son centrisme pour Bayrou, mais au prix d’une sanction libératoire et surtout résolutoire de sens pour les électeurs que nous sommes. Désormais, ces élections, qui tournent aux débats excessifs de la peur et des influences et d’autres jeux d’intrigues, pourraient-elles se jouer à "qui perd gagne".

Demian West

Monday, February 12, 2007

La RAF libérée sous surveillance des Victimes




Le "Fränkischer Tag" annonce qu’à Ettlingen en Allemagne, on va libèrer tantôt l’ancienne terroriste de la R.A.F. la blonde Brigitte Mohnhaupt. Et, forcément, ça passe très mal dans les rangs des enfants des victimes que l’organisation a assassinées pour la cause révolutionnaire.

Ainsi, Sabine Reichel, qui est la fille de Georg Würster qui fut tué à Karlsruhe en 1977, le dit tout-du-long comme elle le pense : "On n’y peut rien, car la Justice allemande est ainsi rendue." Vrai : lundi, le Tribunal du land à Stuttgart a décidé que Mohnhaupt serait libérée à la fin mars, après ses 24 ans passés en prison. C’est-à-dire deux ans avant la durée de la peine minimale prévue pour les crimes terroristes.

Certes, l’affaire est ancienne assez, mais Reichel insiste sur le fait que les complices Mohnhaupt et Klar ont quand même tué plus d’une fois et si régulièrement, pendant toute la période que dura leur mandat révolutionnaire auto-proclamé, soit des années. Une peine perpétuelle serait donc, à tout le moins, équivalente à ce que " nous devons également subir en tant que victimes." souligne Sabine Reichel en des propos si amers envers les terroristes, comme envers une Justice qui effacerait l’ardoise si aisément.

Cette protestataire improvisée de 42 ans écrit des lettres qu’elle introduit dans le vif des débats médiatiques en Allemagne. Non pas pour obtenir deux ans de plus pour les Bonnie and Clyde de la R.A.F., mais pour des principes qui ne relèveraient pas de la haine, ni de la revanche, selon ses propos. En fait, Reichel voudrait que les ex-terroristes admettent, définitivement, que leurs actions furent des errances qui les ont menées tout simplement aux crimes, et sans raison autre que de vouloir contraindre l’Etat par la force et la terreur.

Dans ses conditions de libération, nul ne saurait douter que Reichel sera devant la porte monumentale, pour attendre l’ex-terroriste Mohnhaupt à la sortie de son nouveau virage le 27 mars. Pour bien veiller à ce que la blonde Brigitte ne soit pas tentée de se libérer plus encore sur toutes les scènes médiatiques. Car, Brigitte Mohnhaupt y trouverait aussitôt Sabine Reichel à qui répondre.

Demian West

Mme Faust prend harvard


L’historienne Drew Gilpin Faust vient d’être parachutée en douce à la place de la première femme Présidente de Harvard, la sublime Université américaine des briquettes rouges et des pelouses encore vertes. D’emblée, elle annonce sa couleur féminisante mais pugnace :" Je ne suis pas la femme Présidente de Harvard, mais le Président de Harvard." Sur un ton qui ne l’envoie pas dire aux machos, comme Larry Summers qui la contestait en usant d’arguments si usés comme ses fonds de brègues sur les bancs de cette prestigieuse institution. Quand il disait que les femmes n’étaient pas propices à ces haut-sièges, et par destination génétique. Carrément ! Il a donc perdu naturellement et gêné devant une femme d’un autre temps, le nôtre.


Toutefois, la Présidente n’est pas d’humeur à la revanche. Car, on la sait d’un style de gouvernance "collaboratif et d’esprit ouvert". A tel degré que, victorieuse, elle rendit aussitôt hommage à son concurrent indélicat Mr Summers, en ces termes écrasants de magnanimité :"... son pouvoir intellectuel et son impatience d’obtenir des résultats ont su ouvrir la voie à de nouvelles initiatives." Dit-elle comme une perfide citation d’une Albion mais personnifiée US et taillée dans le roc même du Mont Rochemort.

Elle est originaire d’une famille aisée de Virginie qui lui inculqua les meilleures préventions et le goût des études pour savoir nager dans ce monde d’hommes qui se cognent comme un fracas de banquise à la city. Dans cette société virile, elle a su briller comme une star issue des meilleures écoles-de-filles qui diffusèrent des plus éminentes femmes du pays. Dont elle, qui est un docteur spécialiste de la "Guerre Civile Américaine". Les joutes civiles qu’elle connaît bien et jusque dans la mêlée. Car, elle a su transformer l’"Institut Universitaire de Radcliff" en un centre de recherche de réputation internationale. En un processus douloureux qui scia du bois, tant et si bien qu’elle en reçut le surnom de "la Tronçonneuse". En raison des coupes sombres qu’elle fit, certes dans les budgets, mais surtout dans le staff et les emplois ronflants, dont elle enleva un quart pour la saignée.

Peut-être, Summers craignait-il qu’elle coupât autant de bois dans les travées masculines qui tenaient Harvard depuis le XVIIè siècle. Quand cette femme de 59 ans, survint pour règner et, probablement, pour changer plus d’une habitude dans cette institution et ce pivot de la culture américaine. Et que des observateurs politiques ne manqueront pas de souligner à la craie sur le tableau des élections, que Faust y parvient l’année même que Hillary Clinton a annoncé qu’elle entrait dans la course à la Maison Blanche. Ce qui est une autre première définitive pour les femmes, car cette fois au plus haut-siège de l’Etat.

Demian West

Sunday, February 11, 2007

Harcèlement d'Adolos en Réseaux




David Alexandre du "Herald Sun" donne les chiffrs d'une étude qui vient de dégager que les adolescents en pleine romance font aisément usage de leur portable pour harceler leurs partenaires amoureux. C'est le Teenage Research Unlimited qui a démontré par une enquête et un rapport sur les communications, que 25 % des jeunes ont reçu des messages entre minuit et 5 h du matin, et parfois jusqu'à 10 messages par heure pour des demandes à propos de leur vie affective ou sentimentale.


L' enquête a porté sur 615 adolescents interrogés et âgés de 13 à 18 ans et 414 parents d'adolescent de cet âge. La Vice Présidente de Liz Clairbone Inc. qui a commandé cette étude, Jane Randel insiste sur le dispositif harceleur : "Selon nos experts, contacter quelqu'un si fréquemment et pour de telles questions, signifie simplement une forme de contrôle et d'intimidation. Ce n'est pas une conversation banale."

Cette étude a été mise en oeuvre à l'ouverture du site loveisrespect.org et de la National Dating Abuse Hotline. Un service d'aide aux adolescents pris dans des relations abusives et du harcèlement. Des dispositifs d'aides qui sont sponsorisés par la National Domestic Violence Hotline.

Plus d'un tiers des sujets interrogés ont avoué avoir reçu des messages harceleurs et 25 % des adolescents disent avoir été insultés par le biais de leur portable ou par e-mail sinon par blog ou par chat sur l'internet. Quand, 20 % ont subi des pressions de leur boyfriend ou de leur girlfriend pour les presser à des relations sexuelles, et 10 % ont été menacés violemment. Pire encore : ces victimes n'ont pas osé en parler et moins encore en débattre avec leurs parents. 72 % avouent ne pas avoir révélé à leurs parents des séances de harcèlement qu'ils subissaient, et 82 % ont caché avoir été pressés à des actes sexuels.

Quand on leur demanda pourquoi ils n'avaient pas parlé, 50 % dirent que le problème n'était pas assez sérieux et 25 % pensaient que d'en parler pourrait entraîner la perte de leur accès à ces technologies et au réseau.

Demian West



Le Président Poutin vient de rallumer les quelques braises restées sous les cendres constellées de la guerre froide. En effet, samedi, le président russe a induit que les manoeuvres invasives sinon agressives des Etats-Unis attisaient d'autres pays à ce qu'ils s'arment naturellement et nucléairement pour, justement, parer à de telles invasions étasuniennes qui les menaceraient.

Poutin a déclaré : "Un Etat, les Etats-Unis, a débordé ses proches frontières par toutes voies." Et par ce geste d'un revers de manche, Poutin renvoie les Etats-Unis dans leur pré carré, comme on fit reculer Napoléon à Waterloo. Dans le même temps, Poutin pousse une dénonciation de cette course aux armements. Une remarque d'un sage russe qui ne manque pas de saveur, puisqu'elle vient d'un président couché sur un lit si "hotbed" de toutes ses bombes héritées de la plus médaillée galerie des portraits des héros de l'URSS, toujours chaude et radiante.

Vrai : l'adminsitration de George W. Bush a osément planifié d'étendre un réseau de missiles de défense en Europe de l'est. Ce qui n'a pas échappé à l'oeil de l'ours apparemment endormi. Car, il n'aime pas du tout ce déploiement de missiles, qui est un dispositif de soutien à un plan des Nations Unies qui prévoit la sécession du Kosovo de la Serbie. C'est-à-dire, tout à l'entrée de la caverne du plantigradé fâché.

A l'évidence, nous sommes encore dans les roleplays tous semblables à ceux de la guerre froide, entre puissances de l'est et de l'ouest. Et toujours sur le territoire européen, étendu au terrain proche-oriental. Sur un air de "ça recommence" alors que rien n'avait vraiment cessé. Ce qui est d'usage pour les meilleures braises qui se savent rallumer les plus haut feux d'armes.

Le sénateur John McCain était là, dans l'assistance et dessous Poutin, pour entendre cette gifle claquer sur toute sa cavalerie US. Ce sénateur présidentiable a vite pris le gant par terre et il à répondu au soufflet en ces termes, qu'il s'agissait là "du discours le plus agressif émané d'un leader russe et depuis la fin de la guerre froide." Tout pour dire, qu'il avait bien compris le message et qu'il avait bien senti le vent du boulet russe.

Certes, les échanges rudes sont un peu devenus la norme, depuis des années. Surtout, depuis que Dick Cheney accusait Moscou d'instrumentaliser sa politique énergétique en une sorte de dispositif d'intimidation de corbeau qui vous enverrait des messages et discours vivement discourtois et empoisonnés comme ceux du cobra.

Quand, il ne fait plus trop de doute que l'enjeu véritable, de cette guerre des phrases froides comme la vengeance, est dévoilé par des mots à peine couverts, qui sont d'authentiques mises en garde aux Etats-Unis. Qu'ils ne tentent pas, même un peu, d'envahir l'Iran, ou de provoquer plus encore quelque conflit d'entrée de frontière qui serait un prétexte à une telle invasion qui gratterait les américains autour de leur ceinture à gâchette.

Demian West

Saturday, February 10, 2007

Chronique Agoravocienne : Je trolle moi non-plus.


Après des mois de mise en oeuvre par la modération de AgoraVox des dispositifs voués à réduire le flot des interventions troublantes que l’on nomme des trolls dans la blogosphère, force nous est de constater que le trollage persiste. En effet, les harcèlements barbares prétendent toujours à ruiner les murailles de Chine pour détourner les profits buzziques du surf internétique. Pour autant et depuis, le trollage agoravocien a pris une mesure plus faible sinon plus spécialisée, pareilles aux chevauchées du Far West qui finissaient toujours mal dans un coin du Saloon. Car il ne fallait jamais tricher aux cartes en tournant le dos à l’entrée du Kid soi-même.


En effet, sur la désormais mythique AgoraVox, on n’assiste plus à des batailles rangées entre deux groupes qui savaient reproduire, si savamment cet été, le front oriental de notre civilisation à genoux dans le Bush Land. Car, le conflit israélo-palestinien nous avait rejoints sur les boulevards parisiens, où il trollait l’Agora jusqu’au sang. En une sorte de réplique ou un war-game outrancier entre pro-sionistes et pro-musulmans. Quant aux laïques, ils surent fuir vers tous leurs terriers à l’entour. Pour qu’ils révisèrent, durant quelques mois, le manuel du rétroviseur de survie sur le net ; édition 2006 cartonnée et plastifiée, finalement cuirassée.

Puis à l’automne, Carlo Revelli mit en oeuvre le dispositif de votes des commentaires. Certes, cet abus de modération au scotch fut commis en l’absence du maître ès-troll Demian West, votre humble narrateur. Et, cette votation référendaire fut distribuée comme les munitions aux deux camps remontés dans leurs ressorts les plus chromés pour la bataille ultime. On vit la sainte colère d’un Carlo à la façon de l’Empereur Marc-Aurèle qui distribuait jadis le pain aux patriciens romains, la ville dont est issu notre grand timonier agoravocien. Cette stratégie fut dite comme un des meilleurs chapitres de Sun Tzu, mais assimilé par un maître Jedi de l’internet. Tant et si bien, qu’elle précipita la fin des combats : mais par défaut de combattants qui se virent tous repliés dans leurs commentaires trop lâchés dans la tranchée des articles. Ce fut donc une bonne-mauvaise idée de la modération, puiqu’elle fut trop efficace pour le coup. Telle une sorte d’illumination nucléaire dirait Rimbaud, près de son absinthe prise avec Patrick Adam, quand ils sont en verve de revanche contre le crabe.

En effet, en quelques jours, on ne vit plus ni généraux — tous fusillés par l’interdiction de l’IP et par la subite surpuissance nucléaire si dissuasive que distributive. Non plus, qu’on vit des troupes qui se portèrent pâles du plumitif.Tant elles étaient traumatisées par cette force de frappe, soudainement jetée en nos mains citoyennes, si lourdement pronétaires par les temps qui courent sans tête. Vrai : les commentateurs étaient peu préparés aux arts de la guerre, contrairement aux trolls qui astiquent leur cuirasse tant qu’ils sont en pointe de votes négatifs. Comme en 14-18 : c’est-à-dire en 90 avant J.C. soit avant le Journalisme Citoyen : ça cognait dur sur les claviers en 2006, au plein de la guerre de l’information.

Au fil des forums apaisés l’Agora prit des airs de lazarets, où l’on soigne les gueules cassées, et quelques maladies névrotiques qui suivent les conflits de début de siècle. On dira des massacres idéologiques mais tout ce qu’il y a de plus virtuels aujourd’hui. Mais on vit aussi, et malheureusement, un décès réel suivi d’un enterrement virtuel, avec des articles et des fils de sépulture inscrite dans la blogosphère pour une éternité plus longue qu’auparavant. Et peut-être, fut-ce là une nouvelle cause de fâcherie ?

Car l’éternité est certes un enjeu d’importance. Auparavant, AgoraVox était cette famille qui n’avait pas encore connu d’enterrement et de partage d’héritage à la suite d’un décès. Et, donc avant la mort de Patrick Adam, on y posait nos foudres en ce lieu d’insouciance qui autorisait tous les excès. A l’image du paradis où le lion côtoyait l’agneau. Et donc, dans un jardin espacé depuis Paris jusqu’à Smara. Où le propos raffiné côtoyait l’injure si directement, que tu ne la vois pas passer sans la proofitude de la photo au radar et de son timbre fiscal qui hante tes nuits.

Après ce désenchantement, ce fut comme la chute sur le roc des réalités. Que l’internet n’était qu’un aspect de la vie plus globale : rien de plus que nous-mêmes. C’est pourquoi, les affrontements prirent une tournure plus inattendue. Car, il fallut institutionnaliser les trolls, en tant qu’ils seraient irréductibles ou résiduels : puisque nous étions toujours le troll d’un autre. Puisqu’un troll a peur de son propre effet qu’on lui retourne. Comme Bucéphale, le cheval d’Alexandre, restait indompté tant qu’il avait peur de sa propre ombre. Finalement, il suffit à Alexandre qu’il tournât son cheval vers le soleil son ombre jetée derrière lui, pour qu’il le dressât de ce coup-là. Et qu’il se ferait certainement une réputation dans l’actuelle blogosphère "furia francese".

Ces affrontements ou trollages seraient, d’une certaine façon, une partie de l’économie même du débat participatif. Il n’est que de constater les haussements d’épaules et de tons qui savent craquer tous les débats participatifs de Ségolène Royal avec son fervent trolleur Nick Sarkozy. On en viendrait même à prendre subitement conscience que le journalisme citoyen se ferait avec des individus limités, comme nous le sommes tous sous nos casques à pointes d’esprit. Et donc, que l’espace ne serait pas si extensible dans la sphère virtuelle. En raison même des liens que les échanges internétiques produisent si aisément qu’ils seraient aussi promptes à l’exagération passionnelle que l’après-midi du 14 juillet sur Meetic. Laquelle passion mène à tous les crimes et leur non-lieu, si l’empoisonneuse a bien suivi son cours Florent : "savoir pleurer devant le Juge". Et comme dans toutes les familles de mammifères revanchés : plus les échanges sont tendus sur les forums du net, et plus les mouvements d’humeurs ou d’humours seront interprétés comme des trolls pris au lasso.

Alors qu’ils ne sont que des manifestations de tensions psychiques normales dans tout débat, puisque humains dans leurs coups de nerfs et sang. Et que paradoxalement, ces pressions seraient dues, justement, aux liens qui nous entre-tissent plutôt qu’ils nous séparent. Ainsi, dès le premier conflit et le plus anodin, serions-nous impliqués par l’atmosphère chargée d’électricité nétique, qui installerait l’espace virtuel et donc le journal citoyen. Une électricité qui pourrait alimenter une ville de première catégorie en France si on savait y ficher sa prise. Et donc, sommes-nous pris par le biais de notre connexion ADSL qui nous jette dans la "maison de connexion" des trolls en maraude, chez nous comme à la maison.

Aujourd’hui, une tendance semble se dégager. Que nul, dans la blogosphère, ne pourrait troller pour nuire, sans en subir, par force de liens, des effets en retour de la part des trollés mêmes. Et que par ailleurs, il nous faudrait apprendre tous : la tolérance nécessaire envers un trollage plus courant dans l’économie des forums. Un trollage qu’on appellerait dans la vraie vie : l’humour des échanges moins sérieux voire surréalisants ou artistiques. Ce qui est raison de mon plaidoyer du jour pour le grain-de-troll que je soumets à la bienveillance des lecteurs et lectrices, entre tendres trolls.

Demian West


Dirty Tricks in French Presidential campaign.








According to a poll by Ipsos published in the medias, 32 per cent of respondents would support the Union for a Popular Movement (UMP) candidate in the upcoming French Presidential Elections. So Nicolas Sarkozy remains the top candidate in the ballots. In the meantime, the french Socialist presidential candidate Segolene Royal has called on President Jacques Chirac to restore some peace and order in the dirty tricks media campaign.

She alleged that Nicolas Sarkozy misused his powers of office by ordering the domestic intelligence agency to investigate and to dig dirt on the former head of Greenpeace France, Bruno Rebelle, who now advises Segolene Royal on the environment in her campaign team. More, Ms Royal's brother, Antoine, now declares that French intelligence also investigated him after he acknowledged that his brother, Gerard, was a French secret agent who was involved in the famous and scandalous blow up of the Greenpeace ship Rainbow Warrior in 1985.

Recently, Ms Royal has seen her own campaign damaged by a series of so called "gaffes" in the foreign policy. As when she sparkled Canadians anger after apparently calling for independence for the French-speaking province of Quebec. As the great President Charles de Gaulle used to set some scandalous buzz in the foreign policy of France in the sixties. A French comedian telephoned her claiming to be the prime minsiter of Quebec to get some easy speacking from Ms Royal. The whole has been thrown publicly to mock her, when Ms Royal's team have immediately attempted to laugh it off. During her recent visit to Beijing, Segolene Royal sparkled a huge uproar in the french medias when she dared to praise the Chinese justice system.

Between the two leaders of the campaign, the would-be third man, François Bayrou is now reaching the third place in the opinion polls. The UDF leader unveiled the program of the centre, which is based around the 6 "e"s - employment, ecology, education, economy, exclusion and Europe. Bayrou has now 12% of voting intentions and reach the edge which threaten the leading couple Sarko-Sego. Bayrou begins to appeal to those who have had enough with the ancient bi-partism system and huge media supports. Bayrou promises to eradicate unemployment and to improve the environment by the mean of an ecological policy. He told he will make his government a unifying one from right wing to left wing, leading from the centre and throwing aside the extremists of the far-right and far-left and communism. As one said recently in the media "Le Monde", "Bayrou may have the charisma of a coffee table, but...".

Previously, the position of the "third candidate" was held by the far-right party, the National Front's Jean-Marie Le Pen. But, Le Pen has recently seen his poll numbers shrink from 17 % to 10% and even to 9%. While Bayrou has risen to 16 % digits which is the double as his previous rut at 8%. The fight is so tough that any new surprise candidate (why not Chirac ?) or a new scandal coming on both side of the couple Sarko-Sego, could cast Bayrou in the head running. The cast is very machiavelian. Because, the far-right anti-abortion and anti-homosexual hard line has been moderated. And the strategy of Mr Le Pen is reported to have softened the whole look of the FN in the past weeks, and under the influence of his daughter Marine his probable successor. The image of their campaign now includes a young black woman in some of its controversial advertising.

Le Pen, now aged 78, is preparing to fight actually his last presidential campaign. And the veteran of the Front National made it clear to the front-runner, Nicolas Sarkozy, that he will do everything to down the Sarkozy campaign if he does not get the 500 nominations needed from mayors to enter the election. So, as one can see, the campaign reaches some dirty tricks roleplay and machiavelian strategie behind the scene. At this point of the beginning, the race is open and nobody could tell, who will be the winner.

Demian West





Couche du Crime à la NASA





Un atterrissage incroyable s'est produit pour une astronaute de la navette spatiale aux USA. En effet, le capitaine Lisa Marie Nowak est clouée au sol, après qu'elle a tenté de kidnapper puis d'assassiner une rivale, mais de transports plus sentimentaux que spatiaux.

Nowak avait entrepris une mission illicite de 1500 km depuis Houston vers Orlando, pour rejoindre l'astronaute Colleen Shipman. Et pour la raison qu'elle ne pouvait plus maîtriser sa jalousie, puisque Nowak était éprise du pilote de navette Bill Oefelein, quand l'autre astronaute Colleen Shipman avait la préférence du beau quadra.

Il est vrai, que pour être introduit à la NASA, il faut en préalable passer tous les tests physiques et psychologiques. Et, aux Etats-Unis on voit grand' merveille dans cet écart de raison qui prit subitement Nowak et qui la poussa : à attendre sa rivale sur un parking ; puis à la héler pour lui demander de l'aide afin qu'elle baissât sa vitre de sa voiture ; pour lui balancer du poivre comme de la poussière d'étoile qui t'en fait voir.

Là, elle tenta carrément de la kidnapper, sans y parvenir. Ce qui est raison de son arrestation. La chose tourna court en descente de police. Mais la troupe des sirènes hurlantes trouva dans le sac de Nowak : des gants en latex, un couteau et une arme à air comprimé. En outre, elle portait une perruque et donc l'intention criminelle ne laissa aucun doute, même pour cette belle héroïne descendue de sa navette Discovery.

Elle a été relâchée contre une caution de 32000 $, et ses enfants ont été confiés à son ex-compagnon. On dit un peu qu'elle aurait pété un câble. Lesquels nervis sont gros pour les navettes de cette étoffe des héroïnes trop top gun, pour le coup. On dit sur toutes les chaînes média, que la jalousie ou la passion seraient la seule cause qui sut enfoncer cette légende des incorruptibles américaines de l'espace.

Il reste qu'on s'interroge sur la nature vraiment pulsionnelle de ce road-movie un peu space. Car la belle Nowak, prise dans ce shuttle-triangle of love, a tout de même préparé son décollage en mettant les mêmes couches culottes que portent les astronautes pour qu'ils prennent leurs aises au décollage. Et donc, afin que Nowak puisse éviter d'aller aux toilettes et que nul ne la reconnaisse sur la trajectoire routière vers sa cible.

Quand c'est la couche de l'ingénieuse, ou le détail du crime parfait qui sait dénoncer, à la fin, la préméditation de la tentative de crime assez nase.

Demian West

Il faut sauver le soldat Watada



C’est d’une certaine façon le jugement premier qui vient de se mettre en branle des studios on line, dans l’Amérique remontée de tous ses ressorts de guerre. Le Lieutenant Ehren K. Watada est actuellement jugé, et depuis lundi, par une Cour Martiale. Parce qu’il a refusé de rejoindre son unité de combat en Irak, en juillet dernier. Il risque donc 4 ans de prison et, pire encore : la déchéance civile et morale du citoyen qui serait convaincu d’être le pire traître en temps urgent de guerre. Bien que des foules, qui se sont pressées autour des murs de Fort Lewis (Wash.), le considèrent comme l’image même du héros américain qui se sait résister contre le despotisme jusqu’au plus haut pouvoir.

En effet, Watada a non seulement refusé d’aller au front, car il conçoit cette guerre comme une faute, mais il a donné toutes conférences à des médias et en des débats participatifs, pendant la période même de sa désertion. Il dit : que les Etats-Unis d’Amérique se sont enlisés d’eux-mêmes dans une guerre injuste et non légitimée. Que Bush et son administration ont menti au sujet de la réalité des armes non-conventionnelles et de destructions massives. Lesquels mensonges ont servi à abuser l’opinion pour engager cette guerre pour d’autres intérêts que ceux de la Nation. Pire encore : il affirme que les Américains ont maltraité les Irakiens sur le terrain du conflit.

Pour toutes ces raisons, et dans un sentiment proche d’autres militaires hostiles au conflit, il a jugé utile de décliner son rôle dans cette guerre, quand il pensait que la Constitution lui accorderait cette possibilité d’argument d’opposition. Ce que la Cour Martiale et son Juge, le Lieutenant Colonel John Head, lui dénient en droit, avant même les débats. Car, Watada est un cas exemplaire, puisqu’il est le premier officier à refuser ce front irakien. Quand il souligne qu’il se battra jusqu’aux plus hautes instances du pays. Certes, il a demandé à ce qu’on le déplace en Afghanistan ou qu’on le mette aussitôt à la retraite des armées. Mais, la Cour et l’Etat veulent manifestement faire un exemple qui serait une leçon explicitée aux troupes hésitantes.

Dans les médias, les faucons de salon sont jetés à la foule des spectateurs. Et ils accusent aisément Watada de toutes les boues verbales du lynch. Et donc selon le vieux procès déjà transposé dans les médias pour s’assurer avant l’heure tout son déshonneur au traître désigné. En revanche, des supporters de la cause Watada manifestent et manifesteront devant le lieu du procès et dans de nombreuses villes partout dans le pays, sans relâche pendant toute la durée des débats. Car c’est une bataille sur le terrain américain même et médiatique, sans précédent, qui se met en oeuvre de ses caméras : sur les blogs et sur toutes les places des débats participatifs et des journaux de la Presse traditionnelle ou Citoyenne.

Et pour tenter de mettre enfin la politique étrangère de Bush en défaut de légitimité et de droit, et par une Cour Martiale. Puisque de cette issue et de la décision du Juge dépendront des pans entiers de la politique américaine étrangère et donc mondiale.

Demian West




La Bombe de Chirac




Dans la sphère du Buzz, un vent nucléaire, à tout le moins verbal, vient de ruiner les diplomaties en recherche de désarmement par l’humour. Le Président Jacques Chirac a reconnu avoir fauté dans ses déclarations "off" à des médias américains, à propos d’une prospective de guerre nucléaire entre l’Iran et Israël. Chirac se serait exprimé comme un jeune faucon épris des niveaux supérieurs du war-game on line entre l’Iran et les forces occidentales. Si l’on considère qu’il aurait poussé ce war-game jusqu’au point de non-retour du déclenchement d’un conflit nucléaire. Mazette !


Ainsi, Chirac a-t-il confirmé au "New York Times" et au "Herald Tribune" que si l’Iran jetait sa bombe par aventure et par-dessus ses frontières : oui ! Téhéran serait vitrifiée avant même que l’ombre de ce missile se serait étendue plus avant sur deux cents mètres, à tout le moins, sous le soleil israélien. Ce qui est bien ! On le constate à ce tir-là : désormais, le dialogue diplomatique explose, de nos jours, en des compétences qui osent tous les allers-retours entre le présent et le futur, comme entre les mots et leur retrait. Car, le lendemain de ses mots lancés, le Président français a rappelé les journalistes pour qu’il puisse reprendre ses mots, tous pleins de détonateurs cachés. Et pour les démentir aussi vite qu’on exercerait la plus habile parade contre-nucléaire et contre soi-même. A tel point d’effusion, que Chirac ne conteste pas s’être trop avancé et s’être trompé dans cette science de la prospective, si inconnaissable quand elle serait lancée, mais assise par-dessus tous les bon-effets pacifiques de la dissuasion.

Dans le camp socialiste français : on jubile et on plaide la brusque baisse de régime, qui vacillerait entre folie et incompétence liées aux derniers temps de la Présidence d’une droite à bout de souffle nuké, à 74 ans. Aussi, la gauche (qui a démontré qu’elle savait faire gaffe) crie au "deux poids et deux mesures" faits entre Ségolène et la droite. Certes, la droite aurait dû se méfier de ces retours de manivelle comme de missile. Mais, elle y voit grand’ merveille dans cette illumination de mille news sur cet atome d’intelligence si bien-dominé, que la sagesse Chiraquienne soi-même ne craindrait plus les usages d’un tir nucléaire.

A la vérité, Chirac a dit qu’il faudrait quand même se bouger à la vue d’un scénario qui serait plus prolifique que proliférant de bombes soit des attaques carrément. Plutôt qu’on devrait paniquer au seul premier jet ou même au second envoi du missile disputeux. Lesquels obus seraient naturellement échangés comme une coutume entre vieux ennemis au Proche-Orient, qui restent aussi nos bons amis. Et ces propos étrangers si fantasiés, dans une interview donnée par un chef d’Etat français à des journaux américains, ne manqueront certainement pas leur cible. Car cette déclaration renforcera le potentiel verbalement dissuasif du Président iranien. Et, les sorties de Chirac gèlent déjà les forces alliées si vitrifiées par la bourde diplomatique.


Ce serait donc un peu comme une gaffe au ton ségolénien qui irait fracasser le but d’une droite atomisée pour le coup par son propre camp. Mais, Chirac reste rassurant : puisque toute cette affaire de micro-bombe serait assez abracadabrantesque pour qu’on dût y comprendre et seuls : que c’était vraisemblablement pour rire !

Demian West

Don Giovanni de Mozart par la Robotique de Haneke



Le Don Giovanni de Mozart, mis en scène par le cinéaste autrichien Haneke, a été hué il y a un an à l'Opéra Garnier, pour s'envoler en un triomphe mérité, quand il fut présenté ces derniers jours à l'Opéra Bastille. Comme s'il fallait à cette version brutale du retour à l'origine de l'oeuvre, quelque temps pour que le public goûtât toutes les subtilités de la mise en scène.

Vrai : que l'action se prolonge dans un temps démesuré si tranché de silences mozartiens qu'on sait riches assez, et dans une pénombre qui s'agite de mille détails comme on en voit dans les obscurs d'un Rembrandt. Tout amène à cette lecture qui coupera aux illusions baroques toutes leurs fioritures étrangères à l'âme allemande d'un George Grosz. C'est donc un peu de la "nouvelle objectivité" qui fut jetée sur la scène de Bastille et au début du XXIè siècle, dans un rappel salutaire des premières années du XXè siècle.

On connaît l'histoire et le mythe de Don Juan : un homme qui brave la nature, la société et jusqu'à provoquer la surnature, soit le monde entier, pour qu'il puisse étendre et espacer sa liberté individuelle. On y parle donc de la transgression sexuelle qui est, ici, un moyen de se dépasser toutes ses inhibitions sociales, et pour laisser parler entièrement ses pulsions libidinales. Mais, Haneke a su retrouver l'origine du mythe, qui évoque plus précisément un homme surtout violent et agressif plutôt qu'il serait un simple séducteur. Et dans cette mise en scène : Peter Mattei pose un Don Giovanni en sorte de golden boy trashy, et tout ce qu'il y a de plus réaliste, dans une City qui est le cadre de ses raptus de millions et de coups bas, voire de viols sans aucune retenue. Comme si la fortune permettait toutes les transgressions.

Dans cette scénographie de la City dévoreuse, Zerline est un gibier de chasseur, vêtue en technicienne de surface qui vient de la caisse du supermarché avec ses pauvres amis smicards qui portent leurs sacs en plastique à 3 centimes, et remplis de fêtes de canettes de bière et de salades sous plastique du vide. Il y a, à-côté, une cafétéria avec un frigo où l'on se sert aisément entre les moments dramatiques. Par ainsi, et lorsqu'on voit Don Giovanni et Leperello dans leurs costards busy qui sont les nôtres et ceux des spectateurs, on comprend l'étoffe même de notre épos. A la façon d'un Baudelaire, qui voyait le caractère épique des costumes noirs de son époque, qu'il disait semblables aux couleurs et plumes emparadées de l'héroïsme très-antique des Amérindiens peints par Catlin.





Le cinéaste Kenneth Branagh s'est probablement trompé en plaçant sa "Flûte Enchantée" de Mozart dans les lointaines tranchées de la guerre 14-18. Mais Haneke a tout vu, et il fait mouche en nous donnant à voir notre universalité dans notre temps. Ainsi, les masques vénitiens deviennent-ils des masques de Mickey Mouse. Et non-pas pour dénigrer allusivement la culture étatsunienne, mais pour nous dire que nous nous sommes vraisemblablement approprié Mickey et Mac Do, comme nos propres masques de notre multitude informe et automatisée. Le décor sublime de Christophe Kanter, c'est la City de la finance dématérialisée et universelle du loft total. Car on voit sur scène ce que l'artiste ou le marginal perçoit lorsqu'il regarde notre monde contemporain qui lui semble si étranger, quand bien même ce serait aussi son monde quotidien, dans une société contre laquelle il se cogne le front pour quémander son moyen de subsistance...et tous bientôt s'y cogneront.

Luca Pisaroni est plus qu'un serviteur complice, il est quasiment l'amant Leporello de ce duetto de traqueurs qui le lie jusqu'à la mort de Don Giovanni. Mais plus encore : l'homosexualité y est enfin manifestée par Haneke, en tant qu'un rappel urgent de l'origine du mythe. Car, dans le prime récit de la légende, Don Juan ne va pas au festin de pierre, mais il allume son cigare à celui du diable et par-dessus le fleuve Guadalquivir. Aussi, la connotation phallique du cigare renvoie clairement à cette interprétation étendue et si peu cachée. Mieux encore : Don Juan serait plus qu'un Casanova bon-vivant qui ferait feu de tous genres et fibres de bois de lit, mais un avide métaphysicien ou un ontologue des mâchoires d'or de la libido. Il serait donc, cet homme pressé vers sa liberté absolue, qui devint un des mythes précurseurs de la Révolution Française.

A la fin, le spectre du Commandeur apparaît en une citation polysémique : soit de la leçon de l'ordinateur Karl de "2001 a Space Odissey" de Kubrick, aussi du Docteur Folamour du même cinéaste. Et, de la figure du plus puissant esprit de notre temps, Stephen Hawkins dans sa chaise roulante et si paralysé qu'il est devenu cet esprit libéré du corps, qui sait nous informer des périphéries de l'univers soi-même. C'est un dispositif visuel que Lewis Furey avait déjà mis en scène dans son "Antoine & Cléopâtre" très polémique. Par quoi, on entend bien que l'ordinateur, ou le robot immatériel tel Google, serait le nouveau mythe fondateur de la techno-religion des temps modernes.

Don Giovanni de Hanecke c'est donc la persistance du mythe, sur le lieu de travail le plus brutaliste et réel qui est la scène de notre époque. A tel degré de bonne violence du cinoche Haneke, que lorsque Don Giovanni arracha sa cravate et sa chemise, après qu'il se fut aspergé d'une rouge vinasse, ma voisine ne put retenir des "A poil ! A poil !" comme un appel donjuanique au féminin pour le festin de chair...après le spectacle. Car, cette mise en scène nous jette dans la réalité. Point de virtuel dans ce GesamtKunstWerk ou "oeuvre d'art totale", mais cette réalité ou constat le plus contemporain : que le robot immatériel aurait déjà pris possession de nos psychés et de nos corps qui fuient de toutes parts. Et que l'individu libre entreprend, d'ores et déjà, sa longue chute sublime dans la "Metropolis" des siècles : le vingt-et-unième.

Demian West

Ryan O'Neal en Légitime Défense




Nous prévenons le lecteur sensible que l’histoire que nous allons narrer l’extraira de toute fantaisie de "Love Story" comme on en vit dans les années 1970. Car, nous devons vous faire part que l’acteur Ryan O’Neal vient d’être arrêté, et parce qu’il a tiré avec une arme à feu, sur son propre fils Griffin.


La soirée avait bien commencé comme un sûr naufrage du Titanic. Tous, et des amis, étaient à fêter l’issue favorable du cancer de la canonique Farah Fawcett qui avait été soignée durant des mois. Agée de 65 ans, la mémorable drôle de dame est depuis longtemps la petite et grande amie de Ryan le serial lover, et sans qu’ils aient jamais pris date pour se marier ensemble.

Pour une raison que nul ne parvient à dégager d’après les témoignages assez gênés des intervenants de la rixe : la troupe des noceurs était à sa joyeuse affaire dans la maison, quand le fils Griffin lança un harpon au bout d’un filin qu’il fit tourner dans la pièce. Il heurta sa petite amie à la tête, ce qui casse l’ambiance de la love story. Puis il provoqua son père Ryan, à tel degré de menaces que celui-ci dut se défendre, selon ce qu’il déclara au sheriff californien.

En si bon train de cascades : le père dut reculer jusque dans les escaliers le long desquels le fils le suivit tout armé de son crochet qu’il faisait tourner par-dessus tête. "J’étais un peu nerveux..." c’est ce qu’avoua Ryan quand il dut expliquer à la police qu’il s’était souvenu qu’il avait une arme appostée dans sa chambre, et qu’il avait naturellement tiré "...dans la rampe de l’escalier...". Mais tout ce qu’il y a de plus bon genre "légitime défense" contre son propre fils, quoi !

Hassman de l’Associated Press dit qu’après les faits, la famille réunie se demande encore comment une telle escalade a pu se produire quatre à quatre et en six coups pour le coup, en quelque sorte. Aussi, on comprendra que plus aucun des membres du clan n’est joignable même par téléphone. Hormis que, relâché sous caution de 50000 $, Ryan s’est tout de même rendu invalide de son bras en légitime bandoulière, à son TV Show intitulé pour l’humour noir : "Bones" (os-ossements).

Vrai : on savait déjà Griffin en forte odeur de drôle de paroissien. Car c’est un dur qui insiste, puisqu’ il a quand même fait 18 jours de prison pour abandon nonchalant de son poste de travail d’intérêt général. Certes, 400 heures pour la communauté, c’est long pour un fils de star, et surtout au début. Mais, il avait été mêlé à la mort du fils de Francis Ford Coppola, dans un accident de la route embrumée par l’alcool de sa bouteille.

On raconte aujourd’hui tous les pires exploits de ce harponneur de baleines baignant à Hollywood. En 1992, il a carrément tiré sur la voiture de sa copine étrangère, heureusement vide de la sus-dite rescapée. Comme il avait plaidé coupable, il (son avocat) a su éviter les 3 ans de prison, mais en gage donné pour cinq années de probation et, bien sûr, pour un suivi d’un programme de sevrage de sa dépendance à la drogue.

Où l’on constate que la vie des stars est parfois plus aventureuse et qu’elle sait cumuler la "Love Story" aux plus furieux Westerns sinon à des polars les plus glauques qui savent autant puiser au tréfonds des psychologies familiales : des peoples si harcelés qu’ils doivent recourir à la légitime défense contre la famille.

Demian West

Manipulation de Climat à la Maison Blanche




Une accusation de manipulation, par la Maison Blanche des informations liées au changement climatique global, vient d’être sévèrement portée au flan de Bush au Congrès. En effet, selon William Neikirk du Chicago Tribune, le républicain Henry Waxman a annoncé, mardi au Congrès, qu’il y aurait des preuves que l’administration Bush a sciemment "désinformé le public en injectant du doute dans les approches scientifiques du réchauffement climatique".

On savait la Maison Blanche plutôt favorable au développement d’énergies renouvelables. Et, Bush vient de faire une allusion à cette nouvelle politique dans son récent discours aux Etats de l’Union. Quand, selon Reuters, un rapport des Nations Unies va bientôt annoncer que l’activité humaine est responsable à 90 % de l’effet de serre. Et dans ce flot charrié d’annonces catastrophées, des scientifiques auprès de la Maison Blanche viennent de reconnaître avoir contourné le sens de leurs conclusions pour reculer la problématique du "global warming". Waxman a promis au Congrès des investigations plus approfondies sur ces fraudes.

Tout a commencé lorsqu’un aide de Bush et lobbyiste de l’industrie pétrolière, Phil Cooney " a imposé ses vues sur les rapports que les scientifiques ont soumis à la White House", quand il était Conseiller à la Qualité de l’Environnement. Désormais, tout démontre que "la politique de la science devient une science politique" selon le républicain Tom Davis qui appuie Waxman.

D’ores et déjà, plusieurs groupes d’investigations oeuvrent séparément à la constitution d’un rapport. Un questionnaire à été mailé à plus de 1600 climatologues, et sur les premières 279 réponses, 43 % avouent avoir modifié leurs rapports, et 46 % font état de pressions personnelles qui auraient imposé ces changements. Pire encore : une organisation de scientifiques ( dont le nom a été tu par les enquêteurs ) avait dégagé un lien entre les ouragans et l’effet de serre pour être aussitôt interdite d’interviews médias. Et pour achever cette débâcle des glaces, Drew Shindell, du NASA’s Goddard Institute for Space Studies, ne se retient plus et lâche qu’en 2004, une équipe de recherche avait prévenu des fontes de la banquise dans une étude qui a fondu elle-même dans les salles d’attente de la Maison Blanche comme une catastrophe non-annoncée.

Demian West




100000 Contestent Bush à Washington


La dépouille du tyran de Bagdad n’est pas encore tièdie que la révolte gronde et monte jusqu’aux marches mêmes du Capitol à Washington D.C., et pour exiger le retour des troupes américaines, hors d’Irak. Samedi le 27 janvier, une foule, de près de 100000 personnes, a manifesté et protesté contre la politique étrangère du Président Bush. Quand il voudrait renforcer le contingent US en Irak ; et quand il limoge chacune des colombes qui voudraient nuancer son discours du faucon.

On y vit, dans cette fête protestataire, des personnes qui mettaient leurs vertus citoyennes en application à la rue publique et pour la première fois ; comme on y vit tout le gratin du "Hollywood D.C.". "On the road again" des Etats US, plus de 300 bus ont versé des vétérans réfractaires, des parents de soldats morts "in action", des unijambistes devenus "colombophiles" par le fait, ainsi que tous leurs pacifistes un peu fâchés pour le coup contre la guerre. Plus people encore : Jane Fonda, que les conservateurs appelaient "Hanoï Jane" pendant la guerre du Vietnam, a repris du service après plus de 30 ans de retraite tranchée de quelques spots publicitaires pour des cosmétiques qui conservent bien les cuirs des plus rebelles.

L’événement s’est espacé en divers lieux depuis le National Mall jusqu’au Congrès, et des confrontations eurent lieu sans pour autant que des arrestations survinrent. Moriah Arnold, une enfant de 12 ans qui avait organisé une pétition contre la guerre et dans son école, fut invitée pour dire au micro son refus de la guerre, par-devant ce remake de Woodstock. Et il y faut du courage pour parler à la foule, et en si jeune âge. A tel degré que son intervention fut emblématique de cette Amérique qui, désormais, ose se montrer et dire le changement profond qui parvient à laisser douter de la politique étrangère de G.W.Bush et des conservateurs. Avec les conséquences qui s’étendent déjà sur le territoire national : au Congrès notamment.

En effet, les manifestants n’hésitent plus à relever ce qu’ils nomment une forme de lâcheté d’un Congrès qui voudrait la fin de la guerre sans qu’il décidât clairement de la mise en oeuvre de cette politique. C’est-à-dire, que les contestataires demandent que le Congrès coupe enfin les budgets qui alimentent cette escalade du conflit en Irak. Quand des congressmen sont d’accord, alors que des politiques s’y opposent par peur d’être accusés d’abandonner les troupes sur le terrain, et donc qu’il risqueraient de ne plus être reconduits dans leurs fiefs au prochain scrutin. Finalement, on comprend que les manifestants demandent au Congrès qu’il sache prendre le contrôle de ce gouvernement.



Depuis des mois et des ans, la blogosphère était largement agitée par des manifestations individuelles et collectives contre cette guerre, vaguement justifiée par un sophisme de Bush. Si l’on considère qu’il a mené cette guerre qui a su installer un terrain propice à une guerre civile en Irak, et pour que Bush prenne cette menace de guerre civile comme sa raison même de la poursuite du maintien des troupes US en Irak. On le constate, il s’agit d’un cercle serpentin dont on ne voit plus le bout de la queue qui mord sa langue, si l’on peut ainsi dire.

Il reste que c’est une guerre qui a fait 3000 morts américains : ce qui est le plus vif moteur d’une protestation active sur le territoire américain. Et par ailleurs, il est du plus haut intérêt de constater, que l’internet parviendrait à changer la politique, mais à la condition que la protestation sache enfler et donc déborder le réseau pour finalement gagner la rue. C’est donc une leçon pour les deux sphères, réelle et virtuelle, qui décident aujourd’hui de l’avenir du monde entier. Par quoi, une mère qui refuse que son fils meurt en Irak, pourrait donc agir à l’autre bout du monde inter-relié, en témoignant sur le net, puis en manifestant à la rue. Et c’est notre monde de demain qui ne serait donc pas devenu si fou qu’on pût le craindre !

Demian West

Big Brother is Hearing You !




Le maillet de la Justice est tombé comme la masse sur le média anglais "News Of The World" de la nébuleuse Murdoch. En effet, le journaliste Clive Goodman et son expert en sécurité Glen Mulcaire viennent d’être condamnés à 4 mois et 6 mois de prison ferme, parce qu’ils ont piraté des messages sur les portables de trois secrétaires privées auprès des Princes William et Harry de la Couronne d’Angleterre. C’est un scandale emblématique, tout à la fois, de notre société de l’information, de la richesse générée par les informations autour des peoples, aussi un scandale emblématique des pires dérives qui nous attendent par toutes les portes ouvertes depuis les réseaux prétendument verrouillés, vers toutes nos vies intimes.

Il est vrai que Clive Goodman et Glen Mulcaire étaient très pressés par les exigences de la course aux scoops. Dans laquelle ils étaient déjà bien placés, et pour qu’ils s’assurent leurs jobs et donc leur plus haut niveau de vie. Et c’est pour cette seule raison — qu’ils donnèrent au Juge en guise d’acte de contrition — qu’ils avaient prémédité un véritable coup de fil qui tourna au film d’espionnage people. Puisqu’ils surent mettre en oeuvre toute la chaîne depuis les opérateurs de réseaux jusqu’à nos portables, pour hacker la vie intime des Princes.

Leur plan : il a suffi à Mulcaire qu’il se présentât en tant qu’agent de l’opérateur de réseau pour qu’il put interroger ses victimes qui lui donnèrent tous leurs numéros et codes privés les plus secrets. Ce qui lui permit d’accéder à leurs boîtes de messages sur les répondeurs de leurs portables. Ainsi, les deux complices purent-il prélever 609 messages personnels, pour connaître tout des vies intimes des Princes William et Harry, par le biais des portables de Helen Asprey, Jamie Lowther-Pinkerton et Paddy Harverson leurs secrétaires privées. Dont une ancienne SAS, ce qui n’est pas néant !

Vrai, ces deux Majestés William et Harry savent habilement mêler vie active et vie privée, ce qui reste heureusement un privilège de gentlemen. Toutefois, quand le scoop d’une urgence médicale au genou si précieux du prince fit la Une du "News Of The World" si populaire au Royaume-Uni, et surtout dès lors que le Prince savait que seul son premier cercle le plus fidèle était au courant de son bobo au genou...on vit subitement la queue du renard que l’on tira comme un fil à la patte du pirate. Les personnes hackées furent vite informées sur le doute quant aux verrous posés autour des secrets de famille. Mieux encore : elles entendirent sur leur portable une voix, suave comme le péché, leur dire que des messages, qu’elles n’avaient jamais écoutés, figuraient dans les anciens messages déjà lus. Et là, toutes ces abonnées aux Télécom de sa Majesté comprirent aussitôt que quelque chose était pourri dans le Royaume des câbles et News, où les murs ont des oreilles, et qu’il y régnait comme un soupçon de vilenie ou de mauvais coup de fil dans la demeure Windsor.

Dès lors, il fut aisé de remonter la filière par le biais d’une enquête et par les informations obtenues gracieusement auprès de sa Majesté l’opérateur de réseau. Les coupables avouèrent sans difficulté. Aussitôt, la hiérarchie de "News Of The World" en prit un coup sur le cadran. Car, Mr Coulson, le directeur de la rédaction, démissionna comme s’il était parvenu à bout de fil. Puisque le Juge avait bien exprimé : qu’il ne s’agissait pas d’un cas de liberté de la Presse, mais plutôt d’une entreprise de la plus basse atteinte à la sphère de la vie privée. Et pire encore : il s’agissait d’une fraude qui voulait infecter toute la fabrique de la vie publique.

D’autres peoples ont été épiées par ces compères du pseudo-journalisme : Sky Andrews, qui est l’agent de la star du football Sol Campbell, le libéral-démocrate Simon Hugues, et la tête de l’Association des Footballeurs Professionnels Gordon Taylor, enfin le mannequin Elle Macpherson...

Et peut-être vous ? C’est pourquoi nous vous demandons que vous vérifiez, immédiatement et sans plus attendre, tous vos messages déjà lus...

— "Coz Big Broza is hearin’ Ye !"

Demian West

Wednesday, February 07, 2007

Les roses de Fantin-Latour à l’Hermitage à Lausanne

La fondation de l’Hermitage à Lausanne, en Suisse, présente le parcours singulier du plus séduisant des peintres de la seconde moitié du XIXe siècle. En effet, jusqu’au 28 octobre, on pourra passer "De la réalité au rêve" avec Henri Fantin-Latour, aux périphéries de la nébuleuse impressionniste.

On le sait, le XIXe siècle vit naître les groupes d’artistes d’avant- garde. Le modèle fut la constitution du goupe des impressionnistes, après la constitution de l’école de Barbizon soit l’École de 1830. Ces structures furent bâties selon des modes hiérarchiques assez traditionnels. Quelques hautes figures dépassaient naturellement de l’ensemble. Et principalement, les fondateurs y prenaient la part des lions, à l’instar de Monet et de Renoir ou Manet. La structure y était quasiment militaire, comme le terme "avant-garde" le présuppose amplement.

À la périphérie de ces courants, on trouvait des individualités touchantes et discrètes, dont Fantin-Latour. Le plus paradoxal fut qu’il peignit les grands portraits de groupes de ces avant-gardes nouvelles. Aussi, il s’installa seul dans ses collections d’œuvres délicates, et vouées à l’exploration picturale des fleurs et des natures mortes immarcescibles. Ses œuvres nous disent qu’il peignait comme s’il avait l’éternité devant lui. Un peu à la manière d’un peintre flamand qui serait perdu dans un monde impressionniste. Tout comme Chardin, son maître, fut un Flamand perdu au sein de l’Académie si admirative de ses morceaux de vie silencieuse.

Par ailleurs, la peinture de Fantin-Latour annonce les grandes recherches plastiques de l’art en soi, ou l’art abstrait. C’est-à-dire, qu’on sent, d’ores et déjà dans ses natures mortes, une volonté de construction abstraite de la forme pour la forme, vers l’harmonie des masses colorées. Tellement on voit qu’il étudiait le rapport des proportions entre les masses pour qu’une harmonie imparable monte par le biais de la composition. Bien sûr, on connaissait les œuvres de Lubin Baugin, qui donnaient à voir des natures mortes assez rationnelles au XVIIe siècle français. Mais, les pétales des roses de Fantin-Latour ont cette délicatesse qui exprime plus le sentiment de l’harmonie des Grecs, ou de la symmetria qui devait suggérer le Beau, par le doux équilibre apaisant du rapport des proportions élégantes des formes et des couleurs.

Par d’autres voies, assez proches de Gustave Moreau, Fantin-Latour inventa de nouvelles mythologies. Il imagina une nouvelle rhétorique de la restitution ou de la représentation des mythes, assez fébrile ou vibrante. Tant et si bien qu’on y sent son toucher sensible, à la pointe de son crayon lithographique ou de son pinceau. Et sans que jamais, il cherchât à faire de l’imitation de Manet, ou de tout autre goût qui serait immanquablement à la traîne des phares alexandrins des groupes impressionistes ou réalistes. Certes, il s’opposa à Courbet, mais pour savoir tracer une voie bien singulière, au travers des fleuves immenses qui allaient bientôt tout emporter.

C’est une excellente raison d’aller à la Fondation de l’Hermitage, qui est, dans le même temps, un lieu admirable pour jeter un regard nostalgique sur les étendues turquoises du Léman et sur la marine suisse. Et par-dessus l’épaule des œuvres de Fantin-Latour, qui ne sortent pas souvent des cartons et des salles obscures des musées assez ingrats pour l’individu isolé, comme celles d’un génie encore négligé pour peu de temps. Nous vous invitons donc à rester plus longtemps près des roses "intellectuelles" de Fantin-Latour, qui sont inoubliables dès lors qu’on a inspiré leurs fragrances picturales avec nos yeux neufs.

Demian West